Belle-Fille, texte et mise en scène de Tatiana Vialle


Belle-Fille,  texte et mise en scène de Tatiana Vialle

©Caroline Bottaro

©Caroline Bottaro

Seule en scène, Maud Wyler incarne cette jeune femme qui grandit dans l’ombre de son beau-père, comédien célèbre dont on révélera l’identité au cours du spectacle. Jean Carmet partagea  la vie d’Olga, sa mère: « Tu es entré dans ma vie par effraction. J’avais quatre ans, peut-être cinq et je t’ai immédiatement détesté … »

Mais l’ennemi deviendra petit à petit un allié, un refuge, mais restera un étranger : « Ma fille dis-tu, avec une certaine fierté, en me poussant devant toi, entourant mes épaules, de tes bras. Ça ne me déplait pas. Pourtant, quand nous croisons des gens que j’ai déjà rencontrés avec mon père, j’ai envie de disparaître, de devenir invisible. »

Son existence sera intimement mêlée à la sienne: l’acteur avait pris la place d’un homme défaillant, trop marqué par la guerre d’Algérie pour assurer son rôle de mari et de père.
Adressé à ce beau-père, le récit évoque avec pudeur mais force détails, tous les moments- clés de l’existence de la fillette, de l’adolescente puis de la femme. «Avec l’écriture, dit Tatiana Vialle,  est venu le désir impérieux de faire entendre ma voix et d’en trouver la forme théâtrale. »

Il fallait quelqu’un du talent de Maud Wyler pour porter à la scène ce récit délicat,  en rendre l’émotion à fleur de peau, et restituer la complexité d’une relation que beaucoup rencontrent dans les familles recomposées. L’effet “people“ et la curiosité malsaine que pourrait susciter le texte sont vite gommés: Tatiana Vialle ne cherche en effet ni  le sensationnel, ni le spectaculaire.  

Tatiana Vialle, l’auteure et metteuse en scène, avait apprécié la comédienne quand elle a joué  Roxane dans Cyrano de Bergerac, monté par Dominique Pitoiset et la met en scène de manière très sobre. Sur le plateau, Maud Wyler exhume d’une grande armoire des objets hétéroclites: photos, vieilles lettres, affiches, chaussures, vêtements… autant de reliques du passé.  Et l’on vit avec elle la pudeur et les émotions intenses que le texte lui inspire.
Cette  jolie proposition ne peut laisser indifférent.

Mireille Davidovici

Petit Louvre, 23 rue Saint-Agricol Avignon T. 04 32 76 02 79, jusqu’au 26 juillet.

 


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