“Je suis vous tous qui m’écoutez.” Jeanne Moreau, une vie de théâtre

Festival d’Avignon:

Exposition à la Maison Jean Vilar: “Je suis vous tous qui m’écoutez.” Jeanne Moreau, une vie de théâtre

©DR

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C’est en quelques salles, une sorte de condensé en images visuelles et sonores, de plus de cinquante ans d’une vie théâtrale. L’actrice, né en 1926 et disparue il y a un an aura traversé le vingtième siècle  au cinéma avec quelque cent trente films! Dont plusieurs films-culte,  comme Ascenseur pour l’échafaud, et Les Amants de Louis Malle, Le Journal d’une femme de chambre de Luis Bunuel,  Jules et Jim de François Truffault ( 1962), Moderato Cantabile de Peter Brook, etc.  C’est sans doute l’aspect de sa carrière le plus connu aujourd’hui du grand public.

Mais elle fut aussi, fait moins connu des jeunes générations, une comédienne exemplaire de théâtre, ce qui est plus rare. Elle commença à jouer très jeune, après avoir quitté sa famille sur les plateaux des grands théâtres parisiens. Après avoir été reçue en 1947 au Conservatoire National, elle entra à la Comédie-Française, où elle joua notamment dans Les Caves du Vatican d’André Gide. Puis elle s’engagea pour dans l’aventure du T.N.P. où elle joua en 1951 dans la Cour d’honneur, Le Prince de Hombourg avec Gérard Philipe. Puis elle sera aussi La Chatte sur un toit brûlant de Tennesse Williams, dans la mise en scène de Peter Brook.
Elle joua aussi Le Récit de la servante Zerline d’Hermann Broch, mis en scène par Klaus Michael Gruber,  qui lui valut un Molière. Et encore La Chevauchée sur le Lac de  Constance de Peter Handke (1973) avec Gérérd Depardieu et Samy Frey, mise en scène de Claude Régy.
En 1989, elle interprète dans la Cour d’Honneur, mise en scène par Antoine Vitez, La Célestine de Fernando de Rojas. De grands textes et de grands metteurs en scène : aucun doute, Jeanne Moreau savait bien s’entourer…

© Christophe Raynaud de Lage

© Christophe Raynaud de Lage

Ce retour en arrière, avec celle que nous avons si souvent vue au théâtre, a quelque chose de tout à fait émouvant. D’autant plus qu’on entend aussi sa voix inimitable, à la fois  dans de grands textes théâtraux mais aussi quand elle interprète la fameuse chanson: J’ai la mémoire qui flanche. De jeunes étudiantes n’en revenaient pas: “Qu’est-ce qu’elle chante bien!

Conçue par Laure Adler, cette exposition intelligemment scénographiée par Nathalie Crinière, est un peu à l’étroit dans de petites salles mais mérite qu’on s’y attarde au moins une heure: riche de nombreux documents: archives sonores, lettres, films  et aussi costumes et objets, ce n’est pas seulement la vie artistique de Jeanne Moreau mais tout un pan de l’histoire du théâtre du XX ème siècle que vous découvrirez… L’entrée est payante mais cela vaut le coup.

Philippe du Vignal

Maison Jean Vilar, 8 rue de Mons, Avignon, jusqu’au 24 juillet, du lundi au dimanche de 11h à 20h. L’exposition se poursuit jusqu’en avril 2019. T.: 04 90 86 59 64.


Archive pour 21 juillet, 2018

Festival d’Avignon : Sujet à vif, programme C

Festival d’Avignon :

Sujet à vif, programme C

Le bruit de l’herbe qui pousse, conception et interprétation de Thierry Balasse et Pierre Mifsud

Nous avions déjà apprécié le talent de conteur de Pierre Mifsud dans la Conférence des choses vu dans le passé à Avignon et à Limoges (voir Le Théâtre du blog). Nous le redécouvrons aujourd’hui avec le compositeur de musique électroacoustique Thierry Balasse dans une histoire surréaliste qui nous questionne avec humour sur le temps et l’espace.
Sur scène, deux hommes: l’un s’accompagne de ses machines pour manipuler le son et le ralentir, jusqu’à le perdre, et l’autre raconte par bribes des instantanés de vie. Avec des  images d’enfance qui ressurgissent, au gré du temps qui a passé. Quand les sons ralentissent, dit Thierry Balasse, l’imaginaire s’ouvre sur des horizons immenses, un simple claquement de doigts devient tremblement de terre, et l’infiniment petit de nos existences côtoie l’infiniment grand. »

Georges  conception et interprétation de  Mylène Benoit et Julika Mayer. `

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©Jean Couturier

Et le ventriloque se lève. Il se sent vieux. Il téléphone aux petites annonces avec «une voix de canard».  Pour concevoir ce spectacle  autour du lien entre les vivants et les morts inspiré du livre Au bonheur des morts de Vinciane Despret,  la marionnettiste Julika Mayer et la chorégraphe Mylène Benoit ont travaillé dans un rituel de «réanimation» avec ces marionnettes en retraitte, comme oubliées.

Georges est un autel dressé pour célébrer la fête des morts. En attendant le réveil  de ces pantins sagement endormis dans des boîtes en plastique, un  texte de Patricia Mitton évoque l’univers des fossoyeurs : «Le caveau fait un mètre de large, les os sont noirs, les cheveux sont nattés, les mains sont croisées sur le ventre, la mâchoire est tombée».
Cinq marionnettes prêtées par leurs créateurs revivent grâce à la délicate manipulation des deux artistes. D’une qualité esthétique impressionnante, elles sont de nouveau habitées.

Un très beau voyage éphémère qui renvoie au titre de la pièce d’Henrik Ibsen, Quand nous nous réveillerons d’entre les mort. Il faut remercier Mylène Benoit et Julika Mayer d’avoir eu cette belle idée, il y a tant de marionnettes dans le monde qui vivent une retraite douloureuse  en étant mises en vente, comme le disait Pierre Desproges…

Jean Couturier

Jardin de la Vierge, Lycée Saint-Joseph , 62 rue des Lices Avignon, les 22, 23, et 24 juillet,  à 11h.

    

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