Mein Kampf, de George Tabori, mise en scène de Luca Ruffini et Magali de Leeuw

Festival d’Avignon:

Mein Kampf, une farce de George Tabori, mise en scène de Luca Ruffini et Magali de Leeuw

spectacle_23844Écrite en anglais, ensuite traduite en allemand par Ursula Griitzmacher Tabori, la pièce a été créée en 1987 au Burgtheater à Vienne. Hitler, paysan autrichien mégalo, hypocondriaque et antisémite, arrive à Vienne avec sa valise et un carton à dessins sous le bras. Il ne trouve rien d’autre pour dormir qu’un asile de nuit…  Il y est accueilli par deux clowns, caricatures de juifs tremblotants et voûtés;  l’un d’eux, le vieux Schlomo Hertzl, colporteur de Bibles et de kamasutras, va le protéger et  lui  annoncera une bonne nouvelle: «J’ai réduit les Dix Commandements à trois!  La foi ne se commande pas.».

Hitler veut devenir peintre, et doit se rendre à l’Académie des Beaux-Arts le lendemain. On lui coupe sa grosse moustache, il hurle, on le bâillonne Mais il ratera son concours d’entrée et se réorientera vers une carrière politique avec le succès que l’on sait. Schlomo, qui écrit un livre, Mein Kampf, lui fait cadeau du titre pour l’aider dans sa future carrière.

Malheureusement,  on se perd vite dans cette  histoire et ce huis-clos grotesque à, l’humour plus que grinçant, reste peu compréhensible, si l’on excepte la carrière de peintre raté d’Hitler, et ne fonctionne pas.

Edith Rappoport

Théâtre du Verbe Fou, 95 rue des Infirmières, Avignon, à 22 h. jusqu’au 29 juillet. T. : 04 90 85 29 90.

 


Archive pour 27 juillet, 2018

Heures Séculaires, conception et interprétation de Laura de Lagillardaie et Olivier Brandicourt

 Festival d’Avignon:

Heures Séculaires, conception et interprétation de Laura de Lagillardaie et Olivier Brandicourt

 

©Jean Couturier

©Jean Couturier

Sans aucun doute, un des plus beaux moments de ce festival, le matin à 8 h 30 dans le jardin du Musée Vouland. La façade de cet hôtel particulier du XVIII ème siècle sert d’écrin aux artistes. «Vous êtes assis confortablement sur des banquettes de velours rouge , vous êtes à l’Opéra et vous allez sortir votre smartphone, prendre des photos et permettre à vos voisins derrière vous, de voir à quel point vous êtes un bon photographe …» dit Olivier Brandicourt avec humour, tout en sécurisant le portique devant cette belle façade.

Les cloches sonnent, le soleil levant génère les premières ombres, et le public assis sur des gradins en bois peut entrer doucement dans ce rêve matinal. Sur une musique d’Erik Satie – qui donne le titre à cette pièce-  et avec des textes du compositeur lui-même, de Francis Picabia, de Marcel Duchamp et de bien d’autres dits par les artistes, Olivier Brandicourt va aussi accueillir sur son portique aérien donc entre ciel et terre, Laura de Lagillardaie.

 Chaque geste nous apparaît d’une délicatesse incroyable, quand ils se lancent dans un corps-à-corps aérien d’une beauté renversante. Pas de performance dangereuse ici, mais une poésie de figures réalisées qui fait naître une réelle émotion. «Je suis né très jeune, dans un monde très vieux» : le fantôme d’Erik Satie accompagne avec bonheur ce moment unique que l’on peut  peut aussi apprécier au coucher du soleil, dans une autre perspective visuelle. La compagnie les Sélène a participé à l’aventure tzigane du cirque Alexandre Romanès, (voir Le Théâtre du blog). Et dans le même esprit, elle nous fait vivre un moment rare de quarante-cinq minutes qui restera longtemps imprimé dans nos mémoires.

Jean Couturier

 Jardin du Musée Vouland, 17 rue Victor Hugo, Avignon, le matin à 8h30 et à 20h 30 ,jusqu’au 29 juillet.

Un jour j’ai rêvé d’être toi de et avec Anaïs Muller et Bertand Poncet

Festival d’Avignon:

Un jour, j’ai rêvé d’être toi, de et avec Anaïs Muller et Bertand Poncet

 

243BB8CC-319F-494E-98A1-981F98A32C05Il y a d’abord un petit film en noir et blanc, à la Jean-Luc Godard  où on se trouve en haut des arènes d’Arles. Puis entrent une jeune femme en robe élégante et un jeune homme en costume neutre blanc, boucles d’oreille, bagues aux doigts, et ongles vernis. Bert et Ange  jouent à jouer, ou jouent à être, on ne sait pas exactement. Ils ont quelque chose d’intemporel, et on ne parvient pas à savoir dans quel espace-temps, ils évoluent. Bert aimerait être une femme, Ange joue l’homme. Aucun n’est à l’aise dans sa personnalité. Et on sent chez eux une certaine tristesse et un sentiment d’échec.

Devant nous, ils rejouent des scènes, s’interpellent et nous perdent, on ne sait plus si ils sont eux-mêmes ou leur personnage. Mais eux non plus, ne le savent peut-être plus très bien. Il y a entre eux une grande complicité, une belle affection que les coups de colère de l’un ou de l’autre n’entame pas. Cette comédie est porteuse de belles références Anaïs Muller se compare physiquement à Bernadette Lafont dans La Maman et la Putain, et on croise aussi le film Femmes Femmes de Paul Vecchiali.

Pour ces créateurs et interprètes, « Bert et Ange se complètent et s’assemblent, et se renvoient tel un miroir, l’image fantasmée d’eux-mêmes. C’est l’idée du double qui s’exprime selon nous, par l’angoisse de savoir qu’on est incapable d’établir son existence par soi-même, l’angoisse de ne pas faire partie du réel. Mais les personnages découvrent qu’il est vain de rêver à être un autre, qu’il faut arriver à s’accepter soi-même, tel que l’on est. Notre pièce, c’est l’enterrement des fantasmes qu’on aurait de soi et des autres. »

 Quel plaisir d’être baladés et perdus par ces acteurs qui jouent une partition bien plus précise et intelligente qu’elle n’y paraît d’abord. Anaïs Muller et Bertrand Poncet arrivent à « bien mal jouer» ce qui est très difficile au théâtre. Au-delà du rire, ils installent une jolie mélancolie et un rapport avec le temps qui passe, très finement pensé. Voilà un ovni qui fait du bien dans la paysage traditionnel du festival !

 Julien Barsan

 Théâtre du Train Bleu, 40 rue Paul Saïn, Avignon, jusqu’au 29 juillet à 17 h 30 T. : 04 90 82 39 06.

 

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