Littoral de Wajdi Mouawad, mise en scène de Simon Delétang

Littoral de Wajdi Mouawad, mise en scène de Simon Delétang

©Jean-Louis Fernandez

©Jean-Louis Fernandez

Simon Delétang vient de prendre la direction du Théâtre du Peuple de Bussang, un lieu magnifique entre Franche-Comté et Alsace, fondé à la fin du XIXe siècle par Maurice Pottecher qui y faisait jouer les ouvriers de son entreprise. Après six années de direction de Vincent Goethals (Voir Noces de sang dans Le Théâtre du Blog)  qui croyait être dans un Centre Dramatique National, c’est une heureuse succession.

En exergue du programme de l’été, une belle phrase du metteur en scène :  » Tel un arbre qu’on élague, afin de lui permettre de prendre de la hauteur, je souhaite que ce premier été se concentre sur l’essentiel, la rencontre entre des publics et des œuvres majeures dans ce site exceptionnel, avec du temps libre pour réfléchir et échanger (…) La perspective de créer un spectacle avec une troupe importante, composée d’artistes professionnels et amateurs, ici à Bussang,, m’a intuitivement ramené à Littoral. Une pièce devenue entre temps, un classique du théâtre contemporain. Mon souhait  est d’offrir les plus grandes pièces du répertoire , qu’il soit classique ou d’aujourd’hui, et Littoral s’est imposé comme geste inaugural. (…) Enfin, j’ai lié la quête d’identité de Wilfrid, le personnage principal, à ma propre biographie en proposant à mon père, acteur amateur avec qui j’ai fait mes premiers pas sur scène, il y a vingt-cinq ans, d’endosser le rôle du père pour lui faire vivre cette aventure exceptionnelle de Bussang dans l’esprit familial des premières créations de Maurice Pottecher. Les amateurs, très présents dans ce spectacle, ont des rôles importants. La plupart d’entre eux ont suivi le programme de formation proposé ici toute l’année, afin de créer une vraie troupe en adéquation avec l’esprit et l’exigence de ce nouveau projet ».

En exergue sur l’écran, une phrase tirée d’Hyperion d’Hölderlin ( voir Le Théâtre du Blog)  : » Nous ne sommes rien, c’est ce que nous cherchons qui est tout.» Wilfrid est au lit avec une femme, mais au moment suprême, le téléphone sonne: on l’informe de la mort d’un père qu’il n’a jamais connu. Et sa mère était morte en lui donnant la vie… Il va voir le corps de cet homme et cherche un lieu pour célébrer ses funérailles. Mais il est rejeté de partout, et les cimetières sont pleins.

Wilfrid fait alors appel au chevalier de Guiromelan qui ne parvient pas à l’aider. Une reproduction du  Christ mort couché dans son linceul l’imposant tableau de Philippe de Champaigne, est projetée sur le mur du fond qui s’ouvre à quatre reprises sur la forêt de Bussang.
Wilfrid dialogue avec son père mort revenu à la vie mais dont il porte le corps sur son dos, suivi par toute une troupe qui tourne en rond sur le plateau. Il erre de cimetière en cimetière, tous pleins,  et finit par arriver au bord de la mer, où il pourra enfin enterrer ce père qu’il n’ a jamais connu.

Le spectacle, interprété avec beaucoup d’humour par une troupe solide,  nous offre une vision exaltante de cette pièce dont Wajdi Mouawad avait lui-même réalisé une belle mise en scène au Théâtre 71 de Malakoff.


Edith Rappoport

Tous les mercredis jeudi vendredi et dimanche à 15h au Théâtre du Peuple de Bussang (Vosges)  jusqu’au 25 août à 15 h. T. : 03 29 61 50 48

 

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