Fêtes nocturnes au château de Grignan

Fêtes nocturnes au château de Grignan

 DCAAF780-3549-4306-B37C-6D7D8EDB0470Un festival pas comme les autres avec une seule pièce, choisie pour sa force de classique populaire, sous la conduite d’un metteur en scène reconnu,  et créée dans la cour du château, pour quarante-trois représentations, en juillet et août. Denis Marleau, Brigitte Jaques-Wajeman, Claudia Staviski, David Bobée, Jean-Claude Berutti, François Rancillac, Didier Bezace, Marie-Claude Pietragalla, Jérémie Le Loüet et l’an prochain, Yves Beaunesne : un choix  de qualité. C’est surtout une affaire de rencontres et de confiance, très en amont, pour un projet commun, entre Florent Turello, le directeur artistique du château de Grignan et des Fêtes nocturnes, et les metteurs en scène …

Il faut savoir plus que s’adapter à la splendide façade Renaissance du château restaurée au début du XXème siècle), et  faire le pari de sa nécessité en fonction de l’œuvre. Pilastres, niches et balustres doivent jouer avec la scénographie,  et la grande porte centrale de la façade doit trouver sa fonction, comparable à celle des apparitions divines dans le théâtre antique. Pas évident avec les pièces intimistes de Georges Feydeau réunies sous le titre Du Mariage au divorce : Didier Bezace a dû inviter le Diable en personne (Quand le Diable s’en mêle) pour jouer de toute sa dimension mythique.

Pour Les Noces de sang  cet été (voir Le Théâtre du  blog), la grande porte  est tout simplement celle de l’Eglise, celle de l’Espagne très catholique de Lorca. Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée : ici, elle se refermera sur la destinée d’une jeune femme, tout en restant entrouverte sur l’effraction d’une passion qu’aucun choix raisonnable ne peut refréner.

L’autre atout et défi du château : sa belle scène semi-circulaire, qui “entre“ bien dans les gradins et permet une grand proximité avec le public. A Grignan, bonne visibilité  à  toutes les places même si les légers coussins ne suffisent pas tout à fait à les rendre confortables, mais la question est à l’étude… Florent Turello le reconnaît : conservation du patrimoine et spectacle en un même lieu sont un peu contradictoires, et pourtant cela fonctionne… Un public local et fidèle d’environ 32.000 spectateurs chaque année, sans compter les visiteurs du château, et des touristes : les Fêtes nocturnes, dans cette forme qui roule bien, évoluent discrètement.
Le château va bénéficier d’importantes restaurations, y compris dans sa partie  restée inachevée. Vincent Goethals, venu du Théâtre du Peuple de Bussang,  en a ramené  la tradition de travailler avec des amateurs (ici Les Invités de la noce), renouant avec une ancienne pratique dont certains avaient la nostalgie à Grignan.  Et cette année, les gradins du château se sont aussi ouverts au Festival de la correspondance (vingt-troisième édition, déjà), avec, entre autres, des lectures dirigées par Yves Beaunesne,  metteur en scène invité à mettre en scène en 2019, Ruy Blas de Victor Hugo.

Pour les équipes artistiques, sans parler de la douceur de vivre dans la Drôme, c’est aussi la « vie de château » : un spectacle créé à Grignan a le temps de prendre toute son ampleur, de “jouer“ et de “travailler“ comme un bon bois. À mi-parcours, il a mûri.  Pour ces Noces de sang : musique, théâtre, danse ont trouvé leur équilibre, entre moments familiers et montées de lyrisme, et la tragédie a elle aussi trouvé le temps de son  silence. Et ces Noces de sang valent, malgré des réserves, la peine d’une montée (pas trop dure) jusqu’au château.

Christine Friedel

Château de Grignan (Drôme), jusqu’au 25 août T. : 04 75 91 83 65

 

 


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