Hope Show par le Good Chance Theatre

 

Hope Show par le Good Chance Theatre

the_hope_show_at_good_chance_paris._photo_by_raphael_hilarion_0Cette compagnie anglaise venue de Calais, s’est installée à Paris pour travailler avec des réfugiés dans la cour d’un immeuble. Ils sont une vingtaine, en majorité des hommes soudanais et afghans, et quelques femmes. Nous sommes dans la cour d’un immeuble avec de grandes affiches, avec un beau chapiteau au centre. On nous accueille avec un cocktail de fruits sans alcool.

Rodrigo Ramis ouvre la séance à l’extérieur, en clamant : I divise my fears, et nous nous installons en rond dans le chapiteau autour des acteurs dont certains disent : «La poésie sur tes aubes dorées, pose-toi, tel l’oiseau sur les terres ». Rodrigo fait ensuite chanter le groupe qui tape dans ses mains : « Je suis un homme, une âme, juste comme toi. »

Quatre acteurs entrent en riant, puis font semblant de se battre, un cuisinier dit : «Oiseau, toi qui voles si librement, vole dire mon amour à mes proches. »  Il y a ensuite un duel avec des bâtons qu’ils s’échangent, un chant choral. Puis tout le groupe sort et revient, et on fait monter un homme sur une chaise qui braille en se tenant le dos. Et vite remplacé par une fille qui dit : I love my father et  une autre avoue détester son père. Au son d’un orchestre de trois  tambours qui accompagne un chanteur, tout le monde se dandine.

 Les séquences se succèdent mais bien difficile de trouver un fil conducteur dans ces improvisations hasardeuses. Nous quittons la compagnie, en laissant un billet pour leur peine et le cocktail de fruits. Il y aura d’autres séances de travail au cours de la semaine… A suivre

Edith Rappoport

Etape de travail du spectacle vue le 11 août, au Centre Jean Quarré CHU, 12 rue Henri Ribière Paris XIX ème. Présentation le 18 août,  et sur une péniche canal de l’Ourcq, le 19 août. Et ensuite au musée de l’Immigration.


Archive pour 14 août, 2018

Musée de Lodève: Faune, fais moi peur ! Images du faune de l’Antiquité à Picasso

Musée de Lodève: Faune, fais moi peur ! Images du faune de l’Antiquité à Picasso

 

Lalique

Lalique

Pour sa réouverture, après quatre ans de travaux, ce Musée d’art moderne, d’archéologie, de paléontologie et de sciences naturelles,  situé dans l’ancien hôtel particulier du Cardinal Hercule de Fleury depuis 1987, propose d’explorer les représentions du Faune à travers les siècles depuis sa naissance dans l’Antiquité gréco-latine. En complicité avec le Musée Picasso, cette exposition rassemble des œuvres d’art figurant faunes, satyres et autres créatures hybrides, à l’instar du dieu Pan, mi-hommes, mi-animaux équidés ou caprins… Ce parcours convoque des artistes de toutes disciplines, y compris la littérature, la musique et la danse. Il s’est construit en regard des nombreuses peintures et sculptures consacrées par Pablo Picasso à ces êtres bondissants, à la fois facétieux et inquiétants.

Accueilli par le grand Faune de Paul Dardé (1888-1963), une statue monumentale taillée dans la pierre brute, propriété du Musée, le public entame une promenade illustrée. Le Faune, viril par excellence, se trouve souvent en présence de nymphes, prêt à les dénuder et à les séduire dans des jeux érotiques ambigus, comme en témoignent des vases grecs, et des sculptures (Le Faune à l’Arc d’Auguste Rodin) ou la célèbre estampe de Pablo Picasso, Faune dévoilant une dormeuse. Parmi ces vierges des sources des bois et des arbres, Syrinx, la nymphe, qui, selon Ovide, se métamorphosa en roseau, quand Pan, le lubrique aux cornes et pattes de bouc, voulut l’étreindre. D’où la flûte (ou syrinx), l’attribut de Pan… Les faunes, assimilés par les Anciens à ce dieu, apparaissent souvent en musiciens chez Pablo Picasso !

 Claude Debussy a rendu hommage à ces créatures avec Prélude à l’après-midi d’un faune, composé en 1895 pour accompagner une lecture de l’églogue de Stéphane Mallarmé, L’Après-midi d’un faune. On découvre avec émotion la matrice de ce poème grâce à un manuscrit autographe de 1873, intitulé Monologue d’un faune, et à un exemplaire d’une édition illustrée par Henri Matisse en 1930. Vaslav Nijinski fut aussi séduit par ce personnage, qu’il rencontra grâce à la musique de Claude Debussy. Le danseur cherchait dans l’art grec – particulièrement les vases à figures rouges sur fond noir du musée du Louvre – un style nouveau quand Serge Diaghilev lui confia sa première chorégraphie, en lui imposant la partition de Prélude à l’après-midi d’un faune. Il tenta alors de faire coïncider la gestuelle géométrique inspirée des figures hélleniques du satyre poursuivant des nymphes, avec la musique ondoyante de l’orchestre. Ce qui introduit une disruption entre les mouvements saccadés des danseurs et la fluidité des instruments à vent et à cordes.  De cette pièce, créée au Théâtre du Châtelet par les Ballets russes en 1912, on découvre une reconstitution filmée en 1982 et interprétée par Serge Noureev (dans le rôle de Vaslav Nijinski) dans les décors et les costumes originels de Léon Bakst. Pour dessiner une fresque linéaire sans profondeur, les danseurs évoluent de cour à jardin, têtes et jambes de profil, par rapport au public, bustes et bras de face. Les mouvements s’inscrivent dans une esthétique angulaire et un rythme saccadé d’une grande modernité. Des photos de Vaslav Nijinsky en faune, réalisées en studio par Adolphe Meyer en 1909 restituent l’esprit de cette création.

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Chagall

Le musée de Lodéve  vaut le détour d’abord pour cette exposition,  mais aussi pour ses collections présentées dans une muséographie qui met la complexe histoire de la Terre et de l’Homme à la portée de tous. Avec trois collections permanentes, dont la remarquable section Traces du vivant, qui s’articule autour des vestiges découverts dans la région de Lodève. Les territoires environnants offrent en effet une illustration condensée des quatre ères géologiques : de -540 millions à -deux millions d’années, et l’on observe, à partir de cette ville située au pied des Causses du Larzac, les allées et venues de la mer, la formation des continents, la surrection et l’érosion des montagnes, les changements climatiques, l’apparition et la disparition des espèces… Une traversée du temps qui met l’histoire humaine en perspective…

 Mireille Davidovici

 Faune, fais-moi peur, jusqu’au 7 octobre, tous les jours, sauf le lundi.

Musée de Lodève, square Georges Auric, Lodève (Hérault). T. : 04 67 88 86 10 www.museedelodeve.fr

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