Les 4 Saisons par Délices Dada

 

Festival d’Aurillac

Les 4 Saisons par Délices Dada

Photos Patrice Terraz

Photos Patrice Terraz

Cette compagnie historique du théâtre de rue a mis au point depuis les années 1970, un imaginaire décalé dans les grands espaces, son terrain de jeu favori. Quand un serpent lumineux nous conduit sur le terrain de sport du lycée Emile Duclaux, on se réjouit. Un grand cercle permettant une vision panoptique nous accueille. Cette  nouvelle création ne semble pas suivre la devise: «La parole dans tous ses états » mais laisse la place aux grands airs du célèbre compositeur italien. Avec une revue musicale d’une simplicité déconcertante, agrémentée de petits cartons naïfs comme dans le cinéma muet. Des questions un peu bêtasses scandent ainsi les saisons : Le printemps donne-t-il des ailes ? ou Vivaldi rend-il fou 

Quelle idée bizarre de réinterpréter ces douze mouvements des Quatre Saisons que les cabines d’ascenseurs et les standards téléphoniques encombrés ont usé jusqu’à la corde… On attendait du neuf et du pétillant. Las! La musique enregistrée des  saxophones a des sonorités de canards. Et aucun musicien jouant en direct pour nous distraire !

La scénographie circulaire censée évoquer une pizza quatre saisons -vraiment? – propose quatre dispositifs frontaux décevants. Quel peut bien en effet être l’intérêt de faire pivoter d’un quart de tour le public placé au centre, s’il se retrouve devant un podium noir toujours identique ? Même micro, mêmes lumières, alors que le cadre nocturne aurait pourtant permis de jolis effets. Même cantatrice candide, fausse bourgeoise à fourrure et diadème, avec des jeux vocaux certes amusants à la Cathy Berberian,  et flanquée du même bruiteur, Jeff Thiébaut…

Autour d’eux, les comédiens manipulent des marionnettes en carton évoquant la saison traitée : abeilles, champignons, Père Noël… Les costumes noirs agrémentés de gants blancs, de bandes sportives ou de tutus,  jouent sur la discrétion.  On veut bien concéder une naïveté charmante, une poésie un peu absurde. Mais ça ne prend pas. Il y a bien quelques moments piquants : le passage surréaliste d’un skieur, la chorégraphie surprenante de l’été indien interprétée par Richard Brun et une chasse à courre avec grappes de raisins-grelots et chiens-fusils.

Pour le reste, on s’ennuie ferme. Propositions illustratives et rythmes trop répétitifs arrachent de rares sourires. Mais on ne voit pas très bien où l’on veut nous emmener, sinon dans une farandole enfantine. «Quoi faire ?» s’interroge un carton. Réponse, côté verso : «Tout et rien. »

 Stéphanie Ruffier

 Lycée Emile Duclaux, jusqu’au 25 août.

Temps Fort de Quelques p’Arts, CNAREP, à Annonay (07)  le 21 octobre, à 20h et 22h.

 

 


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