Les grands Prix de littérature dramatique 2018

Jean-Cagnard-et-Fabrice-Melquiot

Jean-Cagnard-et-Fabrice-Melquiot

 

Les grands Prix de littérature dramatique 2018

 

Créé en 2005 par Aneth (Aux Nouvelles Ecritures Théâtrales) à la demande du Ministère de la Culture, et portée par cette association jusqu’en 2010 (date de sa fermeture), le Grand Prix de littérature dramatique remet au sein de la littérature le texte théâtral et les éditeurs qui la transmettent. Il s’est étoffé, depuis sa reprise par Artcena, d’un Prix de Littérature Jeunesse consacrant ainsi l’émergence d’une dramaturgie de qualité pour les jeunes lecteurs et spectateurs. En mettant en lumière le texte, ce Grand Prix  peut contribuer à une meilleure visibilité et diffusion des auteurs à l’heure où fleurissent les adaptations scéniques en tout genre, et les écritures collectives, dites « de plateau ».

 Le prix a déjà récompensé des auteurs connus : Christophe Pellet (2009), Michel Deutsch et David Lescot (2008) ou encore Michel Vinaver (2015) et Koffi Kwahulé,  l’an passé. Le jury des Grands Prix de Littérature dramatique et de Littérature dramatique Jeunesse 2018 a choisi de récompenser Quand toute la ville est sur le trottoir d’en face de Jean Cagnard, Éditions Espaces 34 (Grand Prix) et Les Séparables de Fabrice Melquiot, L’Arche Éditeur (Grand Prix Jeunesse). Six autres textes étaient en lice. Pour le Grand Prix de Littérature dramatique, Aphrodisia de Christophe Pellet, Berlin Sequenz de Manuel Antonio Pereira, récemment créé à Brive (voir Le Théâtre du Blog), Poings de Pauline Peyrade, Mayday de Dorothée Zumstein. Et pour le Grand Prix de Littérature dramatique Jeunesse, Trois petites sœurs de Suzanne Lebeau, Michelle doit-on t’en vouloir d’avoir fait un selfie à Auschwitz ? de Sylvain Levey.

 Jean Cagnard, auteur d’une vingtaine de pièces pour la jeunesse et tout public, et pour le théâtre d’objets et de marionnettes, se distingue surtout par une langue poétique et une imagerie insolite où, malgré la souffrance, la vie se réinvente, parfois de façon drôle et cocasse: « C’est, dit-il, de l’interprétation libre et inquiétante de la condition terrestre. Et puis, comme souvent derrière les apparences, c’est la machine humaine qui est en action tout simplement. » La plus connue, Les Gens légers (2006)  a été inscrite au répertoire de la Comédie-Française mais la plupart de ses pièces sont  crées par la compagnie 1057 Roses qu’il a fondée avec la comédienne et metteuse en scène Catherine Vasseur.

 Le Grand Prix de Littérature Dramatique Jeunesse revient cette année —après Les Discours de Rosemarie de Dominique Richard en 2017—, à Fabrice Melquiot pour Les Séparables, récemment mis en scène par Emmanuel Demarcy-Mota (voir Le Théâtre du Blog). L’auteur a déjà publié une quarantaine de pièces pour enfants comme pour adultes, chez le même éditeur dont : Faire l’amour est une maladie mentale qui gaspille du temps et de l’énergie,  Bouli Miro, 33 Derniers Soupirs . En 2019, on pourra apprécier de nouveau sa plume bien trempée, avec J’ai pris mon père  sur mes épaules, mise en scène par Arnaud Meunier .

 Avant la remise des prix, les élèves du Conservatoire National d’Art Dramatique sous la houlette de Robin Renucci ont lu des extraits des pièces.  Et Artcena  avait organisé C.O.N.E.C.T., une Conférence Nationale sur les Ecritures Contemporaines  pour le Théâtre.  Les professionnels présents, se sont interrogés sur le statut et la diffusion des écritures dramatiques. Première édition d’un rendez-vous annuel, ce forum Du geste d’écriture à la rencontre avec les publics a réuni avant-hier après-midi auteurs, traducteurs, metteurs en scène, comédiens, éditeurs, pédagogues, bibliothécaires, journalistes, etc. qui ont témoigné des modes innovants de création et de rencontre entre auteurs et publics, pour imaginer de nouvelles solidarités et renforcer la présence des dramaturges. Mais constat : malgré tous les dispositifs et incitations financières mis en place, la bataille n’est pas encore gagnée pour que les écrivains trouvent plus facilement le chemin des scènes…

 Mireille Davidovici

 Conservatoire Dramatique National de Paris, le 15 octobre.  

 

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