Le bon Grain, texte et mise en scène de François Dumont

Le bon Grain, texte et mise en scène de François Dumont

Image_LeBonGrain_Set18François Dumont avec cette sorte de fable farcesque proche d’un théâtre d’agit-prop, peint ici la vie d’un royaume pris dans  un ouragan politique. Dirigé par un roi qui laisse prendre les décisions par son épouse, une reine assez hystérique qui voue une véritable passion à son potager mais indifférente à la vie de son peuple. Et le royaume n’est plus guère dirigé. Un ministre vient annoncer une très mauvaise nouvelle : une île vient de disparaître sous la montée des eaux à cause du réchauffement climatique. Seule solution radicale envisagée par la reine : mettre fin à toute activité industrielle… Le peuple va se révolter et exiger la redistribution des ressources. Mais la reine jupitérienne va éliminer les chômeurs du Royaume. Heureusement, le bon roi arrivera à remettre les choses d’équerre.  

C’est on l’aura compris, un théâtre où se confrontent impératifs écologiques et société sans boussole où les hommes ont bien du mal à vivre. « Cette farce du Bon grain,  je l’espère, amusera, tout en donnant à réfléchir, dit François Dumont, à quoi mène une écologie sans partage? »  On veut bien mais voilà: rien de plus difficile que de mettre en scène une farce avec efficacité ! Cela se passe dans la médiocre salle de la Comédie-Nation : petite scène sans dégagements, plafond bas, visibilité très moyenne pour le public: bref, un  rêve de théâtre! Sur le plateau, une autre petite scène de  deux mètres sur deux, un perroquet pour accrocher les costumes et  de chaque côté, quelques chaises où s’assoient les acteurs quand ils ne jouent pas. Donc l’essentiel pour  un théâtre de tréteaux en plein air avec un public très proche disposé tout autour.

 
Ici, une mauvaise vision frontale ne favorise évidemment pas les choses. Et comme les ennuis arrivent en rafale, disait Jacques Chirac, le texte est bien bavard, dramaturgie aux abonnés absents, mise en scène et direction d’acteurs inexistantes. François Dumont, Pierre Clarard et Hadrien Peters font le boulot, ont une bonne diction mais peinent à être convaincants. Mélody Doxin, elle presque constamment en scène, criaille en permanence et c’est vite pénible. On est parfois à la limite de l’amateurisme et le jeu par moments dans la salle éclairée, n’arrange rien. Et on oubliera les« costumes» blancs ou aux couleurs vulgaires, qui n’en sont pas vraiment. 

Que sauver de cette entreprise mal barrée : le thème intéressant et hélas, très actuel! Et une habileté technique indéniable des acteurs à changer de personnage. Mais même s’il y a un potentiel existant, il faudrait reprendre le texte, le resserrer en une demi-heure maximum, mettre la petite scène en quadri-frontalité, foncer le vert cru nauséeux de sa pelouse synthétique, confier la mise en scène… à un metteur en scène et pousser les feux du côté de l’agit-prop, et donc revoir de toute urgence, la direction d’acteurs et imaginer de vrais costumes. Puis aller jouer dehors ou à la limite en salle, mais on insiste: en quadri-frontalité. Bref, il y a encore du pain sur la planche… Un conseil d’ami aux quatre artistes: aller tous en voiture à Audincourt (Doubs) assister à un kapouchnik, ce cabaret très populaire et mensuel du Théâtre de l’Unité: il y a là du bon grain à rapporter et cela peut vous donner de formidables idées…

Philippe du Vignal

Comédie-Nation, 77 rue de Montreuil, Paris XIIème.

 


Archive pour 14 novembre, 2018

Le Roman de Renart par la compagnie Hubert Jappelle

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Le Roman de Renart par la compagnie Hubert Jappelle

C’est un livre géant que Bérangère Gilberton et Sylvie Weissenbacher, avec la complicité d’Hubert Jappelle, ouvrent et commentent, avec des paysages en papier découpé sur lequel elles manipulent des marionnettes à vue. Renart, affamé, part à la chasse, il a les mains plâtrées  et guigne les jambons qu’Ysengrin a suspendu devant chez lui. On rabat la page et on voit qu’il les a attrapés. Ysengrin se lamente, les jambons une fois mangés par sa famille. Renart, à nouveau affamé, sent  la délicieuse odeur du poisson qu’un paysan va vendre à la foire. Renard fait le mort, le paysan le charge au-dessus du poisson qu’il va pouvoir dévorer à son aise. Le paysan furieux découvre le vol et veut aller vendre la peau de Renart : «Ce soir, je t’écorcherai, et je jetterai tes restes aux chiens!» Mais, peine perdue, il s’enfuiera.

Renart et Thiercelin le corbeau qui voit des fromages sans aucune surveillance « Mauvaise garde nourrit le loup!  » et Renart s’en empare. Renard et Chantecler le coq : une poule caquète, Renart s’approche et emporte la poule. Tous  se plaignent de lui et il est chassé du royaume. Un délicieux spectacle  très applaudi aussi par les enfants.

Edith Rappoport

Spectacle vu au Théâtre de l’Atalante, le 10 novembre.
Festival Pyka Puppet Estival, du 6 au 24 novembre.

MADAM #1, de Marine Bachelot N’Guyen, conception et mise en scène d’Hélène Soulié

dde06de624c269049019968888516c50MADAM #1 Est-ce que tu crois que je doive m’excuser quand il y a des attentats de Marine Bachelot N’Guyen, conception et mise en scène d’Hélène Soulié

Cela s’appelle MADAM (Manuel d’Auto Défense À Méditer)  et c’est « une aventure au long cours, en six chapitres, à la croisée des sciences sociales et du théâtre. ! (sic)Pour chaque chapitre, sont rassemblées une autrice, une actrice, une vidéaste, une metteuse en scène et une chercheuse pour témoigner théâtralement comment des femmes inventent en France leur propre manière d’être, de vivre, de (se) manifester, de parler, en dehors de tous les stéréotypes qu’on leur inflige d’ordinaire. » (resic)

Marine Bachelot N’Guyen et Hélène Soulié sont donc allées à Rennes à la rencontre des féministes musulmanes qui militent au sein de l’association Al Houda, et ont recueilli leurs témoignages. Hélène Soulié nous avait infligé l’an passé à Montpellier Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s’annonce, un très long happening -musique insupportable, fumigènes à gogo…- d’un redoutable ennui: (voir Le Théâtre du blog). Cette fois, elle présente une sorte de performance avec un texte de revendication musulmano-féministe où l’autrice revendique le droit de porter le voile (ou pas) en toute indépendance personnelle. Pourquoi non… mais à condition de se soumettre et sans aucune mauvais foi, aux lois du pays concerné, en l’occurrence celui des citoyennes et citoyens français…Oui, il y a aussi des citoyens français tolérants!

Sur le grand plateau du Théâtre de l’Aquarium et sous le regard attentif d’un public chaleureux, malgré une absence de chauffage à cause d’une panne, a eu lieu cette unique représentation. Une jeune femme en pantalon noir, voilée de rouge (Lenka Luptakova à la belle présence) parle au micro debout et défend le port du voile dans la société française. Arguments?  Du genre: les chercheuses et scientifiques très expérimentées sont parties pour les États-Unis ou le Canada où elle gagnent très bien leur vie. Sous-entendu: tant pis pour la France et ses crétins de mâles qui les ont laissées bêtement partir pour une histoire de port de voile…Tous aux abris! Et ce texte fondé sur un ramassis de lieux communs n’est pas du bois dont on fait les flûtes. « Éclairage scientifique », « aventure hors-norme, hors cadre qui nous sort des projections des stéréotypes » (sic). Vous avez dit prétentieux?  Cette revendication du port du voile comme argument féministe et de la tolérance n’a rien de très convaincant… Et on aurait préféré, et de loin, un texte solide où on nous montrerait clairement la position des musulmans et du Coran sur ce malheureux port du voile. Mais là, silence radio pendant une heure…

Marine Bachelot N’Guyen et Hélène Soulié font presque semblant de croire que cette histoire de port de voile est nouvelle en France. Alors qu’elle a fait, il y a déjà quelques années, l’objet de multiples débats et qu’une loi a été votée le 11 octobre 2010, ensuite précisée par une circulaire d’application… Depuis le 11 avril 2011, il est en effet interdit de porter dans les lieux publics, une tenue destinée à dissimuler le visage. quel que soit l’âge, le sexe, la religion, la nationalité. En ce qui concerne le voile « traditionnel », plus limité et qui laisse apparaître le visage, un régime particulier existe. Clair et précis: port autorisé dans les lieux publics ou les universités, mais interdit dans les écoles, collèges et lycées non privés. Y compris pour les agents de services en application du principe de laïcité  dans les institutions, juridictions, administrations et organismes chargés d’une mission de service public, collectivités territoriales et établissements publics, mairies, tribunaux, préfectures, hôpitaux, bureaux de poste, caisses d’allocations familiales et d’assurance maladie, Pôle-emploi, musées et bibliothèques. Normal: il s’agit bien ici de proclamer une identité religieuse au mépris de la laïcité, chèrement acquise, quand l’Eglise catholique au XIX ème et encore au XX ème siècles, entendait unilatéralement faire valoir ses lois et le plus souvent en pénalisant les femmes. Les temps ne sont pas si loin- on l’a oublié- où les évèques de France vitupéraient contre la pilule.

Quant aux espaces de travail privé, la liberté d’expression religieuse ne doit pas y entraîner de troubles et dans une entreprise, c’est au règlement intérieur de fixer le droit applicable. En 2017, la Cour de cassation a affirmé qu’un employeur pouvait interdire, via une clause de neutralité prévue dans le règlement intérieur ou dans une note de service, le port visible de tout signe politique, philosophique ou religieux sur le lieu de travail, selon des conditions précises.

Alors, aller envoyer ici aux orties le principe de laïcité, là, on dit stop! et ce pseudo-spectacle/leçon de morale s’enfonce souvent et péniblement dans un bavardage pseudo-scientifique. Avec une direction d’actrice approximative: pourquoi imposer à Lenka Luptakova un ton haché, pourquoi ce recours permanent au micro, ce qui crée une uniformité de voix dont n’avait pas besoin un texte déjà faiblard. Il y a une seconde partie où une jeune chercheuse cette fois assise (Hanane Karimi) reprend en gros les mêmes arguments, et au même micro. Le tout dure un peu plus d’une heure et distille un ennui de tout premier ordre…
L’amie et très ancienne militante féministe que nous avions imprudemment emmenée, ne voyait pas du tout l’intérêt de cette heure de catéchisme obligatoire. Ce spectacle a-t-elle dit, ne lui apportait rien et elle n’avait aucune envie de participer à un débat idéologique sur le port du voile. Elle préférait en tout cas, disait-elle, être née dans un pays européen, malgré toutes les lacunes en matière de droit des femmes, que dans un pays appliquant la charia… Clair et net

Hélène Soulié, au moment des saluts, a annoncé que cette unique représentation serait suivie d’un débat: nous avons donc fui très vite! On nous annonce cinq autres chapitres de ce Madam, soit cinq autres heures de spectacle! Et eux aussi, si on a bien compris, fondés sur  cette «aventure hors norme» ! Pas de procès d’intention mais, si les autres textes sont du même tonneau, ce sera sans nous…

Philippe du Vignal

Spectacle vu le 10 novembre, Théâtre de l’Aquarium, Cartoucherie de Vincennes, route du Champ de manœuvre. T. : 01 43 74 99 61.

 

Une Histoire intime d’Elephant Man, texte et conception de Fantazio

Une Histoire intime d’Elephant Man, texte et conception de Fantazio

 

©Giovanni CITTADINI CESI

©Giovanni CITTADINI CESI

Performeur, contrebassiste, chanteur et comédien français, cet auteur-compositeur de quarante-six ans, il a réalisé des disques, spectacles et performances depuis 1990. En 2016, il  a été invité à la villa Médicis. Fascinant le style musical de cet improvisateur-né est fondé  sur le jazz contemporain, le rock’n’roll et le punk avec chants, cris et textes philosophiques.  Il y a cinq ans, il avait créé ce spectacle au Théâtre de la Cité Universitaire à Paris, et il parlait de l’envahissement du monde dans le corps, du chaos intérieur…

Nous l’avions vu aussi comme contrebassiste surprenant et déchaîné, dans La Nuit unique et Le Parlement du Théâtre de l’Unité. Ici, acteur inventif, il arrive avec un léger retard, s’assied, très sérieux, à sa table, bégaye et s’arrête : «J’en fais une carte à jouer, de la personne, je la replie et la ressors après un an ou deux ! ». Il se lève et fait des allers et retours : «Par des petites phrases, on rend le réel un peu plus plat». Il rugit au micro : « Quelle joie de savoir qu’en grec ancien, obélisque veut dire cure-dent ! (…) C’est vers le sol qu’on trouve le soleil (…) Le Cantal, c’est des vieilles montagnes, ce que j’essaie de faire chaque matin, c’est de recoller les morceaux…» Il parle néerlandais : « Je serre les dents pour ne pas perdre le fil !» Puis traverse le plateau en hurlant, se cogne à une chaise, à un seau et une échelle. « C’est peut-être pour ça que, dans le TGV, on entend les parents qui interrompent le silence. »

Il mime un instituteur de campagne du Moyen-Age à la Renaissance, marche de long en large, décrit un tableau, fait des moulinets avec ses bras. «Je ne suis plus qu’une montagne de tranches d’expériences, impossible pour les étrangers.» Il imite les accents : «En quechua des une Twingo, il ne peut rien vous arriver !» Il hurle dans son micro, s’assied sur les genoux d’un spectateur, prend un ton pontifiant pour évoquer des villes comme Paris, Limoges ou Tokyo, fait un numéro de claquettes assis à sa table en lisant un texte.

On est fasciné par cet étrange et très sérieux monstre de foire que nous n’avions jamais vu que comme extraordinaire improvisateur musical. Fantazio, depuis 2010, a participé à cinq spectacles musicaux,sept de théâtre, trois films, produit plusieurs disques, une émission de radio et écrit cette Histoire intime d’Elephant Man

Edith Rappoport

Théâtre du Rond-Point, 2 bis avenue Franklin D. Roosevelt, Paris VIIIème, jusqu’au 2 décembre. T. : 01 44 95 98 00.

L’Ecole des Femmes de Molière, mise en scène de Stéphane Braunschweig

©Simon Gosselin

©Simon Gosselin

L’École des Femmes de Molière, mise en scène de Stéphane Braunschweig

«La peur des femmes, remarque le metteur en scène, transpire de l’œuvre de Molière. Jalousie maladive, possessivité, hantise d’être trompé, désir de domination définitive: les personnages masculins, particulièrement ceux que leur auteur interprétait lui-même (Alceste, Orgon, Arnolphe…) sont des malades habités par cette peur, et qui oscillent entre le ridicule et la terreur qu’ils inspirent. Et précisément L’École des femmes est la comédie de Molière qui parle le plus du désir et du besoin de le garder sous contrôle. »
On connaît cette pièce fabuleuse où le protagoniste croit avoir trouvé la solution-miracle pour épouser et s’attacher à jamais la très jeune Agnès. Arnolphe a voulu l’élever hors du monde pour qu’elle garde son innocence, et surtout loin de toute tentation sexuelle. Mais, bien entendu, elle sera très vite attirée par le premier beau jeune homme qui passera. Et malgré la leçon de morale intégriste qu’Arnolphe lui donne: «Votre sexe n’est là que pour la dépendance :/Du côté de la barbe est la toute-puissance./Bien qu’on soit deux moitiés de la société,/Ces deux moitiés pourtant n’ont point d’égalité».

« Molière hyperbolise dans la folie totalitaire d’Arnolphe, dit aussi Stéphane Braunschweig, les soubassements ordinaires de la domination masculine et les angoisses qui la constituent. Et comme souvent chez lui, l’effroi se conjugue au rire. L’École des femmes distille un fort malaise et un trouble certain. L’amour d’Arnolphe pour Agnès et ses relents d’inceste évoquent la Lolita de  Nabokov, tandis que le viol rôde comme dans la Viridiana de Buñuel. La situation d’enfermement, à la fois physique et dogmatique, et la cruauté qui en découle et qui va peu à peu se retourner contre Arnolphe ont l’intensité des cauchemars.»
 
Stéphane Braunshweig parle très bien de cette situation où, par aveuglement et désir de garder quelqu’un sous contrôle, et en particulier une très jeune femme, peut conduire aux pires catastrophes: voir la rubrique hélas bien fournie des faits-divers des quotidiens! Différence d’âge trop évidente et donc contradiction absolue: l’homme autoritaire qu’elle voit comme une sorte de père  mais non comme un futur mari, ne possède pas le langage adapté pour la séduire. Cette vérité, Arnolphe ne la comprend pas et a donc tout faux : trop âgé pour être son amant ou son mari, trop jeune pour accepter d’être son père, il ne s’est pas vu vieillir et s’est ainsi placé lui-même dans une voie sans issue! Et Agnès le lui fera vertement comprendre… La belle et jeune fille, déjà amoureuse sans le savoir, est en phase avec elle-même, mais pas lui: en proie, on le devine, à une grande misère sexuelle. Mais il ne veut pas se l’avouer et ne trouvera d’autre solution que de se traîner à ses pieds… Pathétique Arnolphe! Pathétiques amoureux contemporains qui, trois siècles après, vivent la même chose que lui, et commettent les mêmes erreurs, tous milieux confondus: de l’ouvrier, au prof de fac…

 On comprend que le metteur en scène ait été séduit par cette pièce formidable qui a encore des échos, en ces temps de féminisme irréductible et de dénonciation de harcèlements sexuels. Et sur le plateau, cela donne quoi? Quelque chose d’assez approximatif! D’abord une scénographie imposante mais mal adaptée. Imaginez sur la grande scène de l’Odéon, la représentation d’un club de sports absolument vide, fermé au fond par de grands châssis vitrés. Il y a seulement deux vélos d’appartement noirs sans roues sur lesquels pédalent Arnolphe (Claude Duparfait) et Chrysalde (Assane Timbo) tout en discutant. Côté cour et jardin, deux grands et larges bancs en bois avec  des sacs et des vêtements de ville qu’ils remettront avant de partir.

Ensuite, grâce aux châssis vitrés, nous sommes en principe dans la maison d’Arnolphe où on voit Agnès étendue érotiquement sur un grand lit. Belle image…  Oui, mais voilà la direction d’acteurs reste faible. Claude Duparfait, pourtant acteur expérimenté, semble avoir bien du mal avec les alexandrins qui ont rarement les six pieds requis et a une diction souvent médiocre. Glen Marausse  est un Horace peu crédible et n’arrive pas à rire correctement; seule consolation, Suzanne Aubert (Agnès) qu’on avait déjà beaucoup aimé dans Le Canard sauvage monté il y a quelques années par Stéphane Braunschweig puis dans Alice d’après Lewis Carroll monté par Emmanuel Demarcy-Motta, réussit à faire d’Agnès, une jeune fille d’aujourd’hui à la fois espiègle et légèrement perverse.

Pour le reste, que dire de cette mise en scène qui ne donne même pas à entendre correctement un texte souvent étonnant…. Enfin, il y a quelques moments à la fin entre Arnolphe et Agnès que l’on peut sauver mais encore une fois quelle déception! Et Stéphane Braunschweig se croit obligé de faire contemporain avec de grandes images vidéo d’Agnès surplombant le plateau, et il aurait pu nous épargner ces descentes d’Arnolphe, Alain et Georgette dans la salle!  Tout se passe comme si le metteur en scène, fasciné par la pièce- et il y a de quoi- n’avait pas finalement réussi à trouver un angle d’attaque juste et efficace. Et les pauvres acteurs semblent perdus dans ce grand espace mal conçu qui n’a rien d’un extérieur, ni de l’intimité d’un intérieur. On ne dira jamais assez l’importance de la scénographie dans un spectacle et c’est un domaine, où faire joujou ne pardonne guère. Et cela se voit même dans les costumes actuels d’une rare banalité, sans aucune distance ni poésie qui n’apportent rien. Bref, on ne vous conseille pas le déplacement. Molière mérite mieux.

Philippe du Vignal

Odéon-Théâtre de l’Europe, Place de l’Odéon, Paris VI ème. T. : 01 44 85 40 40, jusqu’au 29 décembre. Représentations sur-titrées en anglais : les samedis 24 novembre et 29 décembre.

Les 8 et 9 janvier, La Coursive-Scène Nationale de La Rochelle. Du 15 au 19 janvier, Comédie de Clermont-Ferrand/Scène nationale. Les 29 et 30 janvier/Bonlieu-Scène nationale Annecy.

Du 5 au 8 février, Théâtre de Liège.

Du 6 au 9 mars, Comédie de Saint-Étienne-Centre Dramatique National. Du 20 au 22 mars, Les Théâtres, Marseille. Les 28 et 29 mars, Besançon-Centre Dramatique National.

Du 23 au 26 mai, Théâtre Dijon-Bourgogne-Centre Dramatique National.

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