Abeilles de Gilles Granouillet, mise en scène de Magali Léris


Abeilles de Gilles Granouillet, mise en scène de Magali Léris

© Xavier Cantat

© Xavier Cantat

Cela se passe au bord de la mer, près d’une falaise où un père immigré partage avec  son jeune fils un sandwich qu’il a apporté. Il lui raconte que jeune, il allait voler le miel des abeilles dans les ruches de cette falaise pour le vendre et ainsi pouvoir mieux nourrir sa famille. Prétexte pour Gilles Granouillet, à parler aussi  de la famille, du fossé entre les grands-parents et leurs petits-enfants, de la place de chacun dans cette tribu instable, des engins dits de communication qu’emploient maintenant tous les ados installés devant leur écran dans leur chambre. Mais leurs jeunes parents depuis la cuisine, leur envoient aussi un texto pour dire qu’il est l’heure de dîner…

 La fille, une ado de quinze ans, de cet émigré que l’on sent usé et assez amer, attend son frère qui a promise de lui offrir le portable dont elle rêve. Le père n’est absolument pas d’accord avec ce cadeau très cher et qu’il ne peut lui offrir. Furieux, il en arrivera à le piétiner.  Mais ce frère ne vient pas et semble avoir disparu…

Une scénographie minimale avec la falaise suggérée par de grands morceaux de tapis usés et l’appartement avec juste une table de cuisine, quatre chaises en stratifié et quelques assiettes. “ Dans Abeilles, je pense tout le temps, dit Magali Léris, au déséquilibre. Au déséquilibre intime, quand nos certitudes vacillent, quand on bascule, qu’on trébuche à cause d’un événement personnel qui bouleverse le cours de notre vie et qui déclenche en nous une remise en question profonde.”

Dialogues incisifs, personnages très crédibles, qu’il soient adultes ou pas encore. Avec une direction exemplaire d’acteurs  que l’on connaît depuis longtemps : Nanou Garcia (la mère), Didier Petitjean  (le père) tout à fait exceptionnels, et Carole Maurice ( la fille), et Paul-Frédéric Manolis, (le fils). Il y a quelques moments plus faibles dans cet échange entre les quatre personnages, mais comment ne pas être sensible à ce parler vrai, à cette percée quasi-ethnologique dans un monde rural, étranger à nombre de gens, en particulier à Macron qui fait la leçon à ces pauvres, voire très pauvres qui consacrent souvent le quart de leurs revenus à l’essence indispensable pour aller bosser au SMIC,  ou à peine. Une bonne pièce qui mériterait un plus large public…

Philippe du Vignal

Théâtre de Belleville,  94 rue du Faubourg du temple, Paris XI ème, jusqu’au 27 novembre. T. : 01 43 73 08 88.

Scène Watteau, Nogent-sur-Marne, (Val-de-Marne), le 29 novembre.
Théâtre de la Norville (Essonne), le 7 décembre.
Théâtre de Chevilly-Larue, le 10 mai. Théâtre de l’Atrium, Fort-de-France (Martinique), les 14 et 15 mai.

 


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