L’Arche, mise en scène de Suzanne Legrand, Victor Lockwood et Olivier Denizet

L’Arche, texte d’Olivier Denizet et Suzanne Legrand, musique d’Arthur Gueyffier et Suzanne Legrand, mise en scène de Suzanne Legrand, Victor Lockwood et Olivier Denizet

 C’est une “comédie musicale déjantée” (sic). Cela se passe, si on a bien compris, pendant les pluies torrentielles dues au réchauffement climatique. Sur une scène vue des coulisses, avec éléments de décor entassés en vrac à cour, porte de secours au milieu du plateau  et synthé, à jardin.  Il y a là (caricaturaux mais drôles), Arnaud, un jeune metteur en scène sans le sou, un producteur de spectacles douteux qui veut relancer la carrière de Léa Crystal, une ancienne petite star pas très douée mais qui est sa copine… 
Le jeune metteur en scène veut monter une comédie musicale des années 70 L’Arche de Noé.  Avec de jeunes acteurs-chanteurs recrutés vite fait, à qui bien entendu, on fait comprendre que les répétitions ne seront pas payées et que cela tiendra du miracle s’ils  reçoivent un cachet pour  de possibles représentations à venir. « À travers cette expérience humaine unique qu’est la création d’un spectacle et ce microcosme qu’est une troupe de théâtre, chacun va peu à peu comprendre les causes sociologiques et profondément humaines de la catastrophe naturelle qui est en train d’engloutir leur monde.”   On veut bien mais comment faire passer cela sur un plateau de théâtre…

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L’ensemble est très correctement dirigé, et ces jeunes acteurs, tous crédibles qui chantent et dansent bien (solide chorégraphie de Judith Chancel) ont une juste maîtrise du plateau. Et ils arrivent à jouer et à chanter faux, quand c’est nécessaire, ce qui est toujours casse-gueule… Chapeau! Mais quant à “l’humour loufoque et toujours sur le fil, au bord du pathétique et qui fait la force de la pièce”… il faudra repasser! Il est toujours imprudent de se jeter des fleurs dans une note d’intention assez prétentieuse, car le dit « humour » est rarement au rendez-vous, même si on sourit parfois.  Et on se demande bien pourquoi les metteurs en scène imposent par moments aux acteurs, un jeu et des courses dans la salle! Cela, une fois de plus, semble être l’image- plus qu’usée- de marque du Théâtre 13/Jardin.

Théâtre dans le théâtre, répétitions sur un plateau comme dans la vraie vie : on a déjà beaucoup donné, et c’est le fond de commerce depuis longtemps exploité de nombreuses comédies musicales américaines. L’ensemble se laisse regarder mais n’a rien de très passionnant et une légère brume d’ennui flotte dans la salle. Le public, pas très jeune et vraiment pas difficile, applaudit souvent à cette mise en abyme du théâtre. Le texte a sans doute été trop vite et mal écrit, et au lieu de s’en tenir à un livret de comédie musicale, les auteurs accumulent banalités et lieux communs sur le thème du dérèglement climatique: « Notre planète, disent les auteurs, peut paraître forte mais elle est aussi terriblement fragile.” Tous aux abris…

Par ailleurs, on signale à madame la directrice du Théâtre 13 que le dossier de presse est imprimé au recto seulement, soit une perte de six pages blanches qui ne serviront à rien. Quand on veut parler dérèglement climatique, mieux vaut balayer devant sa porte, non?  Reste une jeune équipe sympathique et méritante qu’on aimerait revoir dans une bonne comédie… Il suffit de chercher un peu (long mais gratuit à la B.N.F ! ) et de traverser la rue de Richelieu si on est de l’autre côté, comme dit un Président des riches. Et là, c’est vrai.

 Philippe du Vignal

 Théâtre 13/Jardin, 103 A, boulevard Auguste Blanqui, Paris XIII ème, jusqu’au 16 décembre.

 


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