Fùria chorégraphie de Lia Rodrigues

Fùria chorégraphie de Lia Rodrigues

©Sammi Landweer

©Sammi Landweer

« N’avez-vous  pas été gênés de voir ce ramassis, cette horde de pauvres biquets et de minettes, mystifiés, aliénés, s’escrimer laborieusement sur scène (…)  et s’exhiber en prenant un plaisir misérable à se foutre à poil ?», s’exclamait Gilles Sandier en 1969, au Masque et la Plume sur France-Inter, quand Hair arriva au Théâtre de la Porte Saint-Martin à Paris. Depuis le Faust d’Antoine Vitez sur ce même plateau, aux chorégraphies de Jan Fabre, en passant par Bêtes de scène d’Emma Dante (voir Le Théâtre du Blog), la nudité sur un plateau est devenue chose courante, comme ici avec Fùria. Programmée dans le cadre du Festival d’Automne à Paris,  cette pièce ouvre le cycle Tous Humains.

Des corps gisent dans la pénombre, puis s’animent peu à peu sur un sol jonché de vêtements semblant exhumés d’une décharge. Des femmes et des hommes  d’une grande beauté, parfois recouverts de poudre dorée, argentée ou bleue, se livrent à une étrange parade, alternant habillage et déshabillage.  Comme dans un happening fait pour stimuler l’imaginaire du bourgeois, ils parcourent de long en large, le plateau  vide sans que l’on comprenne le sens de leurs déambulations.  Face public, ils grimacent et expriment une  révolte potentielle, ou prennent parfois des poses style statuaire du réalisme soviétique.

Deux hommes tiennent par les jambes une femme nue, la tête en bas, le sexe ouvert vers le ciel, un homme aussi nu simule une masturbation, en se tirant sur le sexe et en se traînant par terre. On se demande quel est le sens  de  ces images … Lia Rodrigues veut-elle signifier ici la simple liberté de créer,  et  «réveiller la furie» en chacun de nous ? Quelle est la dramaturgie de cette pièce à la lisibilité peu évidente… Accompagnés par des chants traditionnels kanak de Nouvelle-Calédonie qui induisent un état de transe, les dix danseurs sont très impliqués dans ce carnaval des ténèbres  qui reste peu convaincant.

Lia Rodrigues, artiste associée du Théâtre National de la danse de Chaillot, réalise depuis plusieurs années un travail d’action artistico-pédagogique dans une favela brésilienne. Elle essaye ici de transcrire la violence des rapports humains dans ces lieux de pauvreté. A la fin, les artistes saluent avec une réelle émotion et brandissent des panneaux évoquant la réalité brûlante du Brésil aujourd’hui : «Un Brésil pour tous, la favela est vivante, Qui a tué Marielle,  Huit mois sans réponse». Un geste vrai, beaucoup plus parlant que ce spectacle plein de longueurs  de seulement soixante-dix minutes ! 

Jean Couturier

Théâtre National de la Danse de Chaillot,  1 place du Trocadéro, Paris XVI ème, jusqu’au 7 décembre.

 


Archive pour 4 décembre, 2018

Fùria chorégraphie de Lia Rodrigues

Fùria chorégraphie de Lia Rodrigues

©Sammi Landweer

©Sammi Landweer

« N’avez-vous  pas été gênés de voir ce ramassis, cette horde de pauvres biquets et de minettes, mystifiés, aliénés, s’escrimer laborieusement sur scène (…)  et s’exhiber en prenant un plaisir misérable à se foutre à poil ?», s’exclamait Gilles Sandier en 1969, au Masque et la Plume sur France-Inter, quand Hair arriva au Théâtre de la Porte Saint-Martin à Paris. Depuis le Faust d’Antoine Vitez sur ce même plateau, aux chorégraphies de Jan Fabre, en passant par Bêtes de scène d’Emma Dante (voir Le Théâtre du Blog), la nudité sur un plateau est devenue chose courante, comme ici avec Fùria. Programmée dans le cadre du Festival d’Automne à Paris,  cette pièce ouvre le cycle Tous Humains.

Des corps gisent dans la pénombre, puis s’animent peu à peu sur un sol jonché de vêtements semblant exhumés d’une décharge. Des femmes et des hommes  d’une grande beauté, parfois recouverts de poudre dorée, argentée ou bleue, se livrent à une étrange parade, alternant habillage et déshabillage.  Comme dans un happening fait pour stimuler l’imaginaire du bourgeois, ils parcourent de long en large, le plateau  vide sans que l’on comprenne le sens de leurs déambulations.  Face public, ils grimacent et expriment une  révolte potentielle, ou prennent parfois des poses style statuaire du réalisme soviétique.

Deux hommes tiennent par les jambes une femme nue, la tête en bas, le sexe ouvert vers le ciel, un homme aussi nu simule une masturbation, en se tirant sur le sexe et en se traînant par terre. On se demande quel est le sens  de  ces images … Lia Rodrigues veut-elle signifier ici la simple liberté de créer,  et  «réveiller la furie» en chacun de nous ? Quelle est la dramaturgie de cette pièce à la lisibilité peu évidente… Accompagnés par des chants traditionnels kanak de Nouvelle-Calédonie qui induisent un état de transe, les dix danseurs sont très impliqués dans ce carnaval des ténèbres  qui reste peu convaincant.

Lia Rodrigues, artiste associée du Théâtre National de la danse de Chaillot, réalise depuis plusieurs années un travail d’action artistico-pédagogique dans une favela brésilienne. Elle essaye ici de transcrire la violence des rapports humains dans ces lieux de pauvreté. A la fin, les artistes saluent avec une réelle émotion et brandissent des panneaux évoquant la réalité brûlante du Brésil aujourd’hui : «Un Brésil pour tous, la favela est vivante, Qui a tué Marielle,  Huit mois sans réponse». Un geste vrai, beaucoup plus parlant que ce spectacle plein de longueurs  de seulement soixante-dix minutes ! 

Jean Couturier

Théâtre National de la Danse de Chaillot,  1 place du Trocadéro, Paris XVI ème, jusqu’au 7 décembre.

 

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