Roi et Reine, texte et mise en scène de Christophe Casamance

Roi et Reine, texte et mise en scène de Christophe Casamance

 

62F6D274-B83E-4632-A5E3-5ADDEFD4162BAprès Marguerite et moi, autour de Marguerite Duras, en 2015, le Théâtre de Belleville programme un nouveau duo de Christophe Casamance. Daniel et Nora, un couple tombé dans la déchéance : elle était psychologue d’entreprise, «pas la moitié d’une conne », comme elle dit. Lui, technicien de surface, un peu colérique, prompt à passer son chef de service par la baie vitrée. Ils se sont rencontrés, ont vécu ensemble, et dans l’insouciance de l’amour, n’ont pas vu arriver le danger. Et les voici à la rue, errant de place en place, haranguant les passants pour se faire un peu de pognon et se payer à boire. Nora, enveloppée d’une couverture, s’essaye au chant avec un micro qui leur a couté « un bras »,  et qu’il faut installer avant chaque prestation.

 Le spectacle retrace ces vies, dans un désordre poétique, sur un rythme un peu suspendu : on plane au-dessus de cette histoire qu’il nous faut reconstituer par bribes, comme un puzzle. Nos clochards célestes réussissent à nous amener vers eux avec délicatesse, élégance et sans misérabilisme. Et quelques touches d’humour : l’écriture de Christophe Casamance est à la fois belle et drôle. Nora et Daniel ne sont jamais tout à fait désespérés et combattent les coups du sort grâce à leur amour : «Il n’y a pas encore de catastrophe. On pourrait avoir perdu une jambe. On pourrait avoir perdu un bras. Alors, hein ? Quelle catastrophe ? Honnêtement, c’est très exagéré. »

 Fatima Soualhia Manet et Bruno Coulon interprètent avec tact ce texte non linéaire, absurde et poétique. En évitant tous les pièges : pas de tremblote excessive, voix chevrotante et fausse ivresse. Les costumes, sobres, paraissent authentiques. Ici, la misère s’habille d’un voile d’élégance et de tendresse, loin d’un théâtre documentaire ou social. Cette courte série parisienne devrait quand même permettre à ce beau spectacle d’être repéré.

 Julien Barsan

 Théâtre de Belleville, Paris XX ème jusqu’au 13 janvier.

 

 

 


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