Akoreacro dans ton cœur, écriture et mise en scène de Pierre Guillois

Akoreacro dans ton cœur, écriture et mise en scène de Pierre Guillois
©Simon Gosselin

©Simon Gosselin

Ce sont des épisodes de la vie quotidienne qui, tout d’un coup, deviennent surprenants: une dispute de couple se passe en musique et en pirouettes, et des situations  banales dérapent. Avec un formidable sens du burlesque, huit acrobates et quatre musiciens détournent avec malice desobjets familiers. On aperçoit d’abord les sept acrobates derrière des tentures qui s’éclairent et deviennent transparentes par moments: ils sont suivis  dans leur course  par une femme avec un parapluie (Claire Aldana) qui saute sur leurs épaules et sort de la piste.

On transporte des baignoires, des machines à laver et on dresse une paroi noire qui servira de castelet pour curieuses marionnettes. Un homme joue du violon avec une machine à laver sur la tête. Les musiciens sont perchés sur de petits plateaux en haut de trois piliers, et il faut lever la tête pour les voir. Il y a des bagarres acrobatiques derrière le castelet. Un homme a la tête dans une cuvette de w.c. et la fille, assommée par une table à repasser, entre dans une des machines à laver.

Pierre Guillois a imaginé des chassés-croisés éblouissants, et tous ses interprètes ont une énergie et une virtuosité étonnantes;  la seule femme au milieu de ces hommes rayonne comme une pierre précieuse…

Edith Rappoport

Espace-Cirque d’Antony jusqu’au 10 février, Antony (Hauts-de-Seine). T. :  01 41 87 20 84.


Archive pour 30 janvier, 2019

Karl Marx Le Retour, conception avec Christian Fresnay, et interprétation d’Emile Salvador

Karl Marx Le Retour, conception de Christian Fresnay et Emile Salvador

Ce spectacle créé en 1999 a été notamment présenté au Théâtre Essaion en 2010, puis au Festival d’Avignon 2012, dans des lycées et en appartements. Ici, dans la cave de ce café accueillant, 165 ème représentation de ce solo sur Marx. Emile Salvador, comédien à la barbe blanche ressemble étrangement à son personnage. Il entre en se tenant la tête : «Je suis, et je ne suis pas Marx ! Je voulais retourner à Londres, mais avec un cafouillage bureaucratique, j’ai demandé le droit de revenir et me voilà. » (… ) « Socrate, Gandhi, Boudha et Rosa Luxembourg, tu as environ une heure pour dire ce que tu as à dire ! Marx est de retour, mais je ne suis pas marxiste ! »

Il mange dans sa gamelle : « Nous vivons  à Londres car j’avais été expulsé de Rhénanie. Je suis d’abord parti pour Paris, ce fut notre lune de miel avec Jenny. Il semble que la police développe une politique internationaliste. Je ne suis pas marxiste, y a-t-il quelque chose de plus ennuyeux que de lire, ou écrire de l’économie politique? Moins de cinq cent personnes possèdent deux mille milliards de dollars. Chez nous, tout passait au Mont-de-piété, c’est le capitalisme qui nous a sauvés. Engels est arrivé avec un arbre de Noël. Le cœur de ce monde sans cœur, c’est l’opium du peuple. » (…) « Si vous voulez violer la loi, faite-le avec 20.00 personnes. » (…)  « Je ne pouvais pas dormir à cause des furoncles. » (…) « Jenny fut toujours critique : «ça va endormir le lecteur!  » (…) « Lorsque j’ai été expulsé d’Allemagne, je suis parti avec Jenny à Paris. 1% des Américains possèdent plus de 40 % de ce que gagne le pays.»Jenny réplique : »Engels et toi, vous écrivez sur l’égalité des sexes mais vous ne la pratiquez guère ! »

« En Amérique, les prisons sont pleines de pauvres, Bakounine et ses révolutions échouaient partout. Pourquoi tout groupe révolutionnaire dépassant six membres, ne pouvait-il pas se réunir ? La Commune de Paris, une éducation pour les femmes: quelque chose de sans précédent ! 30. 000 victimes noyées dans le sang ! Oui, le capitalisme l’a emporté, mais sur qui ? Je connais Jésus, il n’est pas près de revenir! Le capitalisme transforme les humains en marchandise. La vraie vie n’est possible qu’en rêve, qu’en fantasme. » Puis il remet son sac à dos : « Dites-vous que le Christ ne pouvait pas revenir, alors c’est Marx qui est venu ! »

De chaleureux applaudissements saluent cette performance mélancolique mais pleine de vie.

Edith Rappoport

Spectacle vu au Café Les Marquises, 145 rue Oberkampf, Paris XIème

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