Le plus Objet des Objets performance de Katyia Ev

Le plus Objet des Objets  performance de Katyia  Ev, dans le cadre de l’exposition Ossip Zadkine. L’instinct de la matière, commissaires : Azad Asifovich et Noëlle Chabert

À l’occasion du cent-trentième anniversaire de la naissance d’Ossip Zadkine et grâce à des prêts exceptionnels, le musée qui fut autrefois sa maison, lui rend hommage, et une fois par mois, a lieu une performance. Pour Katya Ev, artiste née à Moscou et travaillant à Bruxelles: «La question du geste se place dans un champ politique, alors que les structures du pouvoir et des hiérarchies deviennent matière, subverties afin de créer une intensité symbolique. »  Ou comment transformer un petit musée avec des œuvres magnifiques le temps d’une visite/vernissage donc un rite social dans les grandes villes, en un lieu différent.

 «Katya Ev, écrit Fabrizio Donini Ferretti, développe une œuvre  faite de « performances discrètes » à la charge politique au sens le plus élevé, mais qui ne se laisse aucunement enfermer dans les simples catégories de la dissidence ou de la protestation, moins encore du slogan. Le fil conducteur en est sans doute la question éminemment actuelle du rapport à la norme, un rapport que l’épuisement des grands méta-récits de légitimation a rendu plus mouvant, plus évanescent que jamais. » Bon à suivre… 

Cela se passe au fond d’une cour d’un immeuble de la rue d’Assas, donc tout près du merveilleux et grand jardin du Luxembourg à Paris (VI ème). Et cela donne quoi ? Dans une série de petites salles aux murs blancs, on peut admirer les belles sculptures d’Ossip Zadkine, mais une dizaine de gardiens assez sinistres, imperturbables et habillés tout de noir surveillent de très près chaque œuvre et chaque visiteur avec un déluge d’interdictions: «N’approchez pas trop près.», « Ne restez pas longtemps devant cette  sculpture», «Avancez, vous gênez.», «Ne posez pas vos mains sur le bord de ce socle.», «Ne tournez pas à gauche mais à droite de cette œuvre et ne revenez pas en arrière.» « La sortie est droit. » , « Ne restez pas là plus longtemps, «Mettez votre sac bien devant vous.» «Lisez tout de suite ce cartel, madame.»

Les gens restent bizarrement soumis comme devant les contrôleurs rarement aimables de la SNCF et n’osent trop rien dire: l’arrogance des ces gardiens est patente et ils sont à peine polis. Une visiteuse n’était visiblement pas très heureuse d’être ainsi reçue… Plus c’est gros, mieux cela fonctionne avec ce théâtre dans le théâtre, ou plutôt avec ce musée dans le musée. Mais bon, on reste quand même sur sa faim devant cette petite performance théâtro-muséale et pour « la charge politique » annoncée plus haut, il faudra repasser… On s’attendait à plus d’audace et plus de provocation: cela aurait été plus convaincant! Pour se consoler, il y a les magnifiques bronzes, plâtres mais aussi dessins de Zadkine que l’on peut revoir, ou, pour certains, découvrir.

Philippe du Vignal

Performance vue le 26 janvier,  au musée Zadkine, 100 bis rue d’Assas, Paris VI ème.

 

 

 

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