Après la fin de Dennis Kelly, mise en scène de Baptiste Guiton

© Michel Cavalca

© Michel Cavalca

 

Après la fin de Dennis Kelly, traduction de Pearl Manifold et Olivier Werner, mise en scène de Baptiste Guiton

Un homme et une femme enfermés dans un abri souterrain : « un récit de naufrage  dit le metteur en scène. La pièce de Dennis Kelly, dont on a pu apprécier les textes ancrés sur des questions sociétales comme L’Abattage rituel de Gorge Mastromas (voir Le Théâtre du blog ) offre ici un formidable huis-clos pour deux acteurs. Mark a sauvé Louise d’une prétendue explosion nucléaire par des terroristes et l’a transportée, inconsciente, dans un abri souterrain attenant à son appartement. Le chaos règne au dehors et ils ont seulement quelques jours de vivres. Leur amitié de longue date s’avère insuffisante pour empêcher Mark d’exercer un chantage sur Louise qui refuse d’entrer dans son jeu et de partager ses fantasmes complotistes. La violence se fait jour entre les pulsions amoureuses et les idées d’extrême-droite de Mark, et l’éthique inflexible de Louise. 

Cette  pièce en trois mouvements titrés: Début  Milieu, Fin,  suivis d’un épilogue : Après la fin,  analyse au microscope les réactions de ce garçon et de cette jeune femme pris au piège : Mark, immature, veut dicter sa loi mais Louise résiste tant qu’elle peut mais, volontairement affamée par lui, passe à l’offensive.  Plus rusée, elle avait le dessus mais les rapports de force s’inverseront car elle est incapable de cruauté…

La scénographie -l’ossature d’un souterrain- ne donne pas l’impression oppressive d’un enfermement mais la création sonore de Sébastien Quencez accompagne avec justesse la montée progressive de la tension entre les protagonistes. Le metteur en scène a demandé aux comédiens un jeu très physique, à couteaux tirés. Tiphaine Rabaud-Fournier incarne une Louise inflexible qui sait se faire animale et reptile, et se révèle aussi, émouvante et fragile, dans le très bel épilogue, une scène déchirante et apaisée que nous réserve l’auteur britannique. Thomas Rortais colle à son rôle de jeune homme immature avec parfois un rien de forcé dans son  jeu.

Cette mise en scène, à l’arrache, laisse peu de place à l’humour noir du texte, mais ce spectacle d’une heure vingt de Baptiste Guiton, en résidence de création au T.N.P. dans le cadre du cycle Formation et de transmission est soigné,  et saisit le public par son rythme haletant. 

 Mireille Davidovici

Jusqu’au 21 février, Théâtre National Populaire, 8 place Lazare Goujon, Villeurbanne (Rhône). T. : 04 78 03 30 00.

La pièce est publiée à L’Arche éditeur.

 

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