En compagnie de Nijinski, chorégraphie de Jean-Christophe Maillot

En compagnie de Nijinski, chorégraphie de Jean-Christophe Maillot

L’histoire de la danse à Monte-Carlo est intimement liée à la vie du très célèbre danseur Vaslav Nijinski d’origne polonaise (1885-1950) et aux Ballets Russes de Serge Diaghilev. Les premières représentations eurent lieu en 1909  à Paris, au Théâtre du Châtelet, au Théâtre des Champs-Elysées et à l’Opéra. Cette aventure révolutionnera la danse et le prince et mécène Albert 1er  créera alors une  compagnie permanente des Ballets Russes à Monaco qui survivra quelques années après la mort de Serge Diaghilev en 1929.
En 1985, renait dans la Principauté cette compagnie dont Jean-Christophe Maillot deviendra en 1993, le chorégraphe et directeur: «Ces quatre pièces, dit-il, abordent la question du désir et du regard sur l’autre; j’ai été aussi motivé par ma rencontre avec Kazuki Yamada, chef du Philarmonique de  Monaco.

Le chorégraphe reprend ici Daphnis et Chloé créé en 2010, musique de Maurice Ravel et scénographie d’Ernest Pignon-Ernest. Des dessins projetés en constante évolution accompagnent ces jeux d’enfants dansés et leur forte connotation érotique contraste avec la sagesse des mouvements. La deuxième pièce:  Aimais-je un rêve ?  surprend par son audace. Chorégraphiée par le Belge Jeroen Verbruggen, elle s’inspire du Prélude à l’Après-Midi d’un faune, musique de Claude Debussy. Le Faune (Alexis Oliveira) emporte un homme (Benjamin Stone) dans un duo animal d’une grande sensualité au milieu d’un nuage de fumée. Le Spectre de la rose, sur la musique de Carl Maria von Weber (1911) est bien connu par l’envol  mythique de Nijinski. La chorégraphie de Marco Goecke, en décalage par rapport à la partition musicale déconcerte par le burlesque de certains tableaux. Petrouchka avait été marqué à sa création en 1911 par la première collaboration d’Igor Stravinsky avec les Ballets Russes. Ici, la version du Suédois Johan Inger nous transporte dans l’univers de la haute couture : Petrouchka, un mannequin de vitrine, revient à la vie et tombe amoureux d’une ballerine, elle-même amoureuse d’un Maure qui finira par éliminer son concurrent. Cette fête tragique parmi les personnages caricaturaux d’un défilé de mode est très lisible, presque trop… Les costumes de Salvador Mateu Andujar sont d’une grande beauté et la musique du Philarmonique de Monte-Carlo a une belle dynamique. En 1911, dans la revue Comœdia, Michel Dimitri Calvocoressi (1877-1944), critique musical, écrivait: « Très raffinée et hardie jusqu’en ses moindres détails, la musique est en même temps très « musculeuse », d’une sûreté de lignes remarquable, d’une intensité de couleurs sans seconde. Rien de tatillon, rien de forcé dans l’humour ni dans l’émotion : en un mot, une œuvre maîtresse et une œuvre de joie.»  

Ce surprenant programme de danse a réveillé dans le public le mythe des Ballets russes. 

Jean Couturier

Spectacle présenté du 8 au 10 février, dans le cadre de TranscenDanse, au Théâtre des Champs-Elysées, 18 avenue Montaigne, Paris VII ème. T. : 01 49 52 50 50.

 

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