aSH conception, mise en scène d’Aurélien Bory, chorégraphie de Shantala Shivalingappa

 

aSH conception, mise en scène d’Aurélien Bory, chorégraphie de Shantala Shivalingappa

©Aglae Bory

©Aglae Bory

Le metteur en scène revient à La Scala dont il a inauguré la saison avec cette création de Montpellier-Danse 2018. Comme à son habitude, il a conçu aSH, au sein d’un dispositif scénique simple et impressionnant. L’immense châssis de papier kraft, enduit de laque noire appliqué sur un bâti sonorisé et électrifié, s’anime bruyamment et oppose à la danseuse sa masse sombre et menaçante, dragon mugissant qu’elle dompte par la puissance de ses gestes. Une heure durant, à la fois nerveuse et souple, elle mène un combat pugnace, soutenue par les percussions.  «J’ai imaginé, dit Aurélien Bory, que Shantala Shivalingappa allait danser sur de la cendre pour aSH dont le titre est composé des initiales et de la finale de ses prénom et nom (…). Dans Shantala Shivalingappa, il y a Shiva, dieu de la danse, dieu créateur et destructeur. Seigneur des lieux de crémation, il se couvre le corps de cendres qui s’inscrivent dans un cycle de mort et de naissance, entre Shiva et Dionysos.»

Solidement campée sur ses jambes, elle a des mouvements de bras d’une incomparable vélocité. Quand, dans l’intervalle d’un silence laissé par les percussions, le grand rideau de papier gagne du terrain dans un vacarme assourdissant et envahit le plateau, elle revient à l’assaut pour maîtriser le monstre. Sur les genoux ou sur les pieds, puis bondissante, elle est Shiva aux mille figures.

Energie du corps dansant, opposant à la verticalité et à l’horizontalité rigide de l’espace des symétries, cercles et spirales. Comme ce grand kolam (dessin traditionnel tracé au sol par les femmes en Inde). Ici, la cendre se transmue en poudre blanche, dispersée au tamis sur le sol humidifié, pour devenir, sous les pas tournoyants de la danseuse, rosaces concentriques, motifs en pointillés.Des images éphémères d’une grande beauté.

La danse de Shantala Shivalingappa participe d’une  symbiose parfaite entre un art ancestral et l’expression contemporaine. Face à la technologie savante du dispositif scénique, sous l’obscure clarté des lumières d’Arno Veyrat, elle traverse le noir pour mieux briller. Une étoile ! Ne la laissez pas filer.

Mireille Davidovici

Jusqu’au 1er mars, La Scala, 13 boulevard de Strasbourg, Paris Xème T. : 01 40 03 44 30.Le 24 mai, Agora Boulazac-Nouvelle-Aquitaine; le 24 mai, Théâtre de l’Olivier, Istres (Bouches-du-Rhône); les 28 et 29 mai, Théâtre de Caen (Calvados).

 

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