L’Ecole des Maris de Molière, mise en scène de Luc Cerutti

 

L’Ecole des Maris de Molière, mise en scène de Luc Cerutti

 

© Photo extraite de la série Le Baiser de Thibault Stipal

© Photo extraite de la série Le Baiser de Thibault Stipal

Sans doute peu jouée, la pièce dispose pourtant d’un ressort comique solide et d’une dramaturgie efficace. Représentée pour la première fois en 1661,  première véritable comédie de Molière, elle s’inspire des Adelphes de l’auteur latin Térence. Sganarelle et Ariste, deux frères, sont les tuteurs des jeunes Léonore et Isabelle qu’ils envisagent d’épouser. Sganarelle tient Isabelle enfermée dans sa maison et lui refuse les plaisirs les plus innocents. Mais Ariste, lui, laisse Léonore jouir d’une pleine liberté: elle va au bal, au théâtre, s’habille à la dernière mode, reçoit qui bon lui semble Et  Isabelle, s’ennuie et n’a d’autre compagnie que son vieux tuteur…

Bien entendu, la vie en ira autrement. Léonore, sera heureuse d’épouser son tuteur qui lui a fait confiance. Mais Isabelle ne supporte plus Sganarelle et invente des ruses pour communiquer avec son amoureux le jeune et beau Valère malgré l’interdiction formelle de le voir. Elle s’enfuira chez lui et l’épousera. Avec beaucoup de connaissance de la psychologie masculine, elle lui a écrit un billet doux, en faisant croire à Sganarelle que Valère est l’auteur de cet affront. Et elle lui demande d’aller le remettre à Valère, sans le décacheter. Sganarelle obéit et devient à son insu le messager des amours des jeunes gens!

Luc Cerutti, place l’action dans un hall d’immeuble actuel, autour de trois portes d’entrée avec une minuterie de l’éclairage qui s’éteint régulièrement, extincteurs,  poubelles et plan d’évacuation. Il cherche, dit-il, à faire du classique une question contemporaine. «Elle est extrêmement importante et ce que nous en faisons est tout aussi révélateur de notre rapport au monde, que n’importe quel autre projet contemporain. On ne doit pas lui réserver un traitement spécial, comme dans l’expression: dépoussiérer un classique. S’ils avaient tant de poussière que ça, on ne les lirait pas ! Les pièces de Molière sont bien plus que de simples farces et, parce qu’il aimait tant la tragédie, ses comédies sont magistrales. »

Les thèmes du mariage, de l’épanouissement et de la liberté accordées aux femmes et aux épouses restent actuelles  plus de trois cent cinquante ans après la création de la pièce..  Mais côté mise en scène, on navigue entre un profond respect de la langue et un désir de renverser la table en matière de jeu, sans vraiment choisir. Les touches d’humour sont un peu répétitives et ne vont pas assez loin dans le burlesque… Le jeu manque aussi de fluidité mais passées les premières  représentations, cela devrait sans doute s’arranger. Le texte est resté délicieux, finement écrit et dialogué, et l’intrigue est démoniaque! Molière a l’avantage de réunir jeunes d’aujourd’hui et moins  jeunes dans une même salle et chacun passe un bon moment, comme au Théâtre de Chelles où le public, conquis,  a généreusement applaudi le spectacle.

Julien Barsan

Spectacle vu au Théâtre de Chelles, (Seine et Marne), le 12 mars.

 

 


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