La Légende de Bornéo de et avec Simon Bakouche, Mélanie Bestel, Judith Davis, Claire Dumas, Nadir Legrand

La Légende de Bornéo, de et avec Simon Bakouche, Mélanie Bestel, Judith Davis, Claire Dumas, Nadir Legrand

©Pierre_Grosbois.

©Pierre_Grosbois.

« Il y a une légende à Bornéo qui dit que les orangs-outans savent parler mais qu’ils ne le disent pas pour ne pas avoir à travailler ». Le travail, un sujet d’actualité dont s’empare le collectif L’Avantage du doute. Depuis le plateau nu, la bande des cinq nous accueille chaleureusement et se présente: « Nous jouons et écrivons ensemble. C’est un travail d’acteurs-auteurs sans metteur en scène, libres, responsables et une conception du jeu dans un rapport direct avec le public. Chacune de nos créations répond au même impératif: partir du monde d’aujourd’hui pour en faire du théâtre 

Leur premier spectacle, Tout ce qu’il nous reste de la révolution, c’est Simon, (voir Le Théâtre du Blog) est devenu un film* primé au festival d’Angoulême 2018 ; il traitait avec talent de l’engagement, à la lumière de mai 1968. La Légende de Bornéo s’inscrit comme une suite, réalisée dans le même esprit.  Un thème sérieux et déprimant, annonce Judith. Donc, contre la mélancolie, elle nous propose de lire des extraits de son livre de chevet, Feuilles d’herbe du poète américain Walt Whitman, traduit par Eric Athenot. On s’en régale pendant les intermèdes entre les différentes saynètes.

Sur un mode parodique et décontracté, un couple fait le bilan de son fonctionnement  -y compris sexuel-  en  jargon de management d’entreprise… Puis une conseillère de Pôle Emploi clownesque, débordée par les S.M.P. (suivis mensuels personnalisés) et ne pouvant joindre le G.D.D (gestionnaire de droits) finit par péter les plombs. Enfin, un D.R.H. (directeur des relations humaines) explique comment faire pour éviter les états d’âme  de façon à optimiser ses performances dans la vie comme dans l’entreprise…

 Livrées en pièces détachées, ces séquences sont cousues ensemble par l’aîné de la troupe, resté un peu en marge des autres,  Simon. Comédien à la retraite, pour joindre les deux bouts, il essaye de vendre des gaufrettes au public et s’entraîne avec une comédienne, avant de travailler dans un institut de beauté, ou encore évoque avec nostalgie sa carrière internationale … bien sûr imaginaire !

La Légende de Bornéo, créé au Théâtre de la Bastille en 2012, nous embarque dans une délicieuse suite de situations où le rire détourne le sérieux du propos, parfois glaçant. Sans démagogie et avec une juste distance, ce sympathique Collectif allie rigueur de jeu et liberté de ton. Les nombreuses adresses au public sont bien dosées et ne tombent pas à plat, comme souvent dans ce type de spectacle.

 Marc Lesage, directeur du Théâtre de l’Atelier avait programmé Le Bruit court que nous ne sommes plus en direct, le troisième spectacle du collectif, au Théâtre des Célestins qu’il codirigeait, à Lyon. Avec La Légende de Bornéo, il donne un coup de jeune  à son lieu,  et cela peut renouveler son public.

 

Mireille Davidovici

 

Jusqu’au 2 mai, Théâtre de l’Atelier, Place Charles Dullin, Paris XVIII ème T. : 01 46 06 49 29

*Tout ce qu’il me reste de la révolution de Judith Davis, est  sorti en salles le 6 février.

 


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