Le Postillon de Lonjumeau d’Adolphe Adam, mise en scène de Michel Fau

DR Stefan Brion

DR Stefan Brion

 

Le Postillon de Lonjumeau d’Adolphe Adam, mise en scène de Michel Fau

Cet opéra-comique parlé et chanté  (1836) a connu un immense succès au XIX ème siècle mais ne sera  plus joué après 1894, quand le chemin de fer aura fait disparaître peu à peu le métier de celui qui conduisait une diligence, d’un relais de poste à l’autre à travers toute la France.

Sous le règne de Louis XV,  Chapelou, un postillon vénal et libertin, se marie à Madeleine, mais repéré par le directeur de l’Opéra de Paris qui l’engage comme soliste pour 10. 000 livres par an, il la quitte. Au deuxième acte, dix ans se sont écoulés et Chapelou, (Michael Spyres) est devenu célèbre sous le nom de Saint-Phar. Madeleine (Florie Valiquette) s’appelle maintenant Madame de Latour, suite à un riche héritage et elle  va piéger son époux avec une nouvelle demande en mariage. Appâté par le gain,  Saint-Phar accepte. Au troisième acte, condamné à la pendaison pour bigamie, il sera sauvé in extremis par Madeleine. Tout finit donc par s‘arranger et l’amour triomphera.

Avec cette pièce de presque trois heures, l’Opéra-Comique renoue avec les riches heures de son passé. Le public, ravi, applaudit l’excellente performance vocale de Michael Spyres et de Florie Valiquette.  Les choristes d’Accentus et de l’Opéra de Rouen imposent leurs belles voix, rythmées par l’orchestre de ce même Opéra, sous la direction de Sébastien Rouland.

Les interprètes jouent le plus souvent à l’avant-scène, un bonheur pour la salle pleine jusqu’au dernier strapontin. Michel Fau, le metteur en scène, se permet toutes les audaces et met une robe à panier pour interpréter Rose, la servante de Madame de Latour. Emmanuel Charles évoque les lieux de l’action avec des toiles peintes et des frises colorées, ce qui donne une tonalité très B.D. à cet opéra comique. Les costumes colorés aux nombreux rubans de Christian Lacroix renvoient à l’opulente extravagance des grands bourgeois de l’époque et les perruques poudrées de cinquante centimètres contribuent à rendre ce spectacle joyeux et léger. Une  légèreté qui va bien à ce théâtre parisien  où, au XIX ème siècle, étaient prévues de nombreuses rencontres en vue de mariages, ce qui précédait les réseaux sociaux d’aujourd’hui…
 Courez donc voir ce Postillon de Longjumeau!

Jean Couturier

Jusqu’au 9 avril, Opéra-Comique, 1 place Boieldieu, Paris II ème. T. : 01 70 23 01 31.            

 

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