Roméo et Juliette de William Shakespare, adaptation et mise en scène de Manon Montel

Roméo et Juliette de William Shakespare, adaptation et mise en scène de Manon Montel.

 Roméo et Juliette de William Shakespare, adaptation et mise en scène de Manon Montel.Une action recentrée sur les tristes amours de ces très jeunes amants. Le mythe est devenu universel mais la pièce a des côtés d’affreux mélo. Comment la mettre en scène actuellement? On vous épargnera le scénario bien connu dont Manon Montel a gardé la seule trame. Pourquoi pas? Aucun décor: juste des rideaux et un banc en bois noirs, quelques poignards, un flacon de poison et un peu de fumigène. Et avec ses cinq acteurs et elle qui s’est attribuée le rôle de Juliette, l’action est menée au galop: en une heure quinze, l’affaire est dans le sac. C’est déjà cela de gagné…

En effet, la dramaturgie est faiblarde et le texte allègrement tripoté avec quelques mots crus pour faire plus élisabéthain. Manon Montel a ajouté de temps en temps, des airs de guitare, accordéon et violoncelle, quelques chants a capella, et de la musique enregistrée. Et deux  courtes danses avec Roméo et Juliette… Avec des noirs et des éclairages changeant toutes les cinq minutes. Et mieux vaut oublier des costumes plus qu’approximatifs… “ La mise en scène, dit Manon Montel, s’axe sur la problématique de la fatalité » (…) « Le déterminisme est inscrit dans le ciel, et il y a un parallèle constant entre la passion de Roméo et Juliette, et le cosmos” (…) “ Le linceul, métaphore de la vie” (sic). Bon…

Ce petit cocktail finalement assez prétentieux, rapide mais sans beaucoup de rythme ce qui n’est pas la même chose, arriverait quand même à fonctionner?  Que nenni!  Les petites séquences ont du mal à s’enchaîner et la direction d’acteurs -ils criaillent sans cesse- est aux abonnés absents. Et aucun personnage n’est vraiment crédible, sauf le prêtre : Manon Montel n’a plus l’âge de Juliette et il faut se pincer pour croire à ces jeunes Roméo, Tybalt et Mercutio pleins d’énergie, mais qui jouent souvent en force et n’ont pas le temps d’installer leur personnage. Et le jeu de la Nourrice (Claire Faurot)  qui en fait des tonnes et n’arrête pas de donner des noms d’animaux à Juliette,  a quelque chose de caricatural. Que sauver de cette mise en scène? Une ou deux scènes avec le prêtre et les seules courtes parties chorégraphiées par Claire Faurot. Là, il se passe enfin quelque chose d’un peu émouvant…

On aurait ici affaire à une “version épurée” de la pièce et à un “spectacle intime” comme l’écrit Benoît Lavigne,  le directeur du Lucernaire… Bref, nous n’avons rien compris, et un copain des acteurs va sans doute nous écrire pour nous dire que nous n’avons pas été sensibles au merveilleux traitement infligé par Manon Montel à cette tragique histoire d’amour, revue et corrigée par elle. Violer les classique théâtraux et littéraires, pourquoi pas et tout le monde a pratique ce genre de sport! Mais… à condition de leur faire de beaux enfants, comme disait Sacha Guitry. Mais ici, la pièce, comme souvent, ne s’est pas laissée faire, et le résultat est bien médiocre! Bref, une soirée perdue… Comparaison n’est pas raison: Shakespeare n’est pas Homère mais quand on voit l’intelligence et de la direction et de la mise en scène,  et l’intelligence dramaturgique avec lesquelles Pauline Bayle s’est emparée de L’Iliade et de L’Odyssée*  et qui a aussi dirigé quelques jeunes acteurs… Désolé, mais c’est d’une toute autre force théâtrale!

 Philippe du Vignal

Le Lucernaire, 53 rue Notre-Dame-des-Champs, Paris (VI ème). T. : 01 45 44 57 34.

* En mai à La Scalla, Paris

 


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