Pelléas et Mélisande de Maurice Maeterlinck, mise en scène de Julie Duclos

©Christophe Raynaud de Lage

©Christophe Raynaud de Lage

Festival d’Avignon

Pelléas et Mélisande de Maurice Maeterlinck, mise en scène de Julie Duclos

 Au lointain, les images d’un film avec un vaste paysage touffu et verdoyant, une forêt magnifique aux couleurs estivales de grands arbres feuillus, tandis que chantent les oiseaux. Mélisande, une jeune femme apeurée aux longs cheveux bruns ondulés (Alix Riemer, comédienne fidèle de Julie Duclos), est porteuse d’un mystère non élucidé et s’est enfuie… Le Prince Golaud, calme et tendu, (Vincent Dissez) l’informe de son ascendance royale mais, en pleurs, elle consentira juste à lui dire qu’elle vient d’ailleurs.

 L’énigmatique et fragile Mélisande séduit Golaud, veuf et père d’un jeune enfant ; il l’épouse et l’emmène dans le château moyenâgeux de son grand-père, près d’une forêt giboyeuse. Mélisande y rencontrera Pelléas, demi-frère de Golaud et ils se sentent d’emblée attirés l’un vers l’autre. La prose poétique de Maurice Maeterlinck dit toute l’intensité de l’implicite et du non-dit, du sous-entendu et de l’interdit. Avec la force sous-jacente des silences…

 Hélène Jourdan  a imaginé un château sur deux étages, avec un rez-de-chaussée proche des clairières du bois, là où passe le chasseur Golaud : un des lieux privilégiés des amants.Au premier étage, la chambre invisible du père malade, le salon du grand-père et de la mère, le corridor  par où arrivent Golaud, son fils et Pelléas.

La metteuse en scène a été attirée, dans cette pièce par le fait que l’on passe, en un instant comme au cinéma, de la chambre d’un château, à une fontaine dans la forêt, à une grotte, à des souterrains. Belle présence de la Nature – un monde vidé de ses habitants,à l’abandon et en ruines, au bord de l’effondrement et d’une disparition programmée mais porteur avant tout de souvenirs d’aventures et sentiments …

Nous n’en saurons pas davantage sur ces amants, à la fois maudits et innocents, qui vivent un amour absolu et libre, hors de la faute ou de la culpabilité. La mise en scène est construite avec raffinement, et Julie Duclos sait diffuser l’inquiétude  qui règne aux abords du château, envahi peu à peu par la vérité d’un amour. La part du rêve sous-tend avec force l’œuvre de Maurice Maeterlinck, entre sincérité et lucidité sur les atermoiements de la passion d’aimer.

 Subjugué, le public suit l’histoire éternelle du plaisir du sentiment amoureux, une histoire bousculée par les règles et codes de la famille et de la société, avec la dimension ultime du tragique et de la mort. Les interprètes sont tous excellents, ceux déjà cités comme Philippe Duclos, Stéphanie Marc, Matthieu Samper et Emilien Tessier.

 Véronique Hotte

 La FabricA, Avignon jusqu’au 10 juillet, à 18 h.

 

 

 

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