£Y€S, de et par la Compagnie Ontroerend Goed

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£Y€S, de et par la compagnie Ontroerend Goed

Dans cette performance théâtrale, nous découvrons la banque, ses mécanismes financiers  tels qu’ils fonctionnent ici et maintenant, dans le capitalisme libéral.  Un monde de l’argent, proche de celui du jeu. Et là réside l’idée géniale excitante pour le spectateur:  transformer l’espace de la représentation, non en salle de marché classique mais en casino, « ou plutôt à une salle de poker illégale d’arrière-boutique. 

En franchissant la porte de cette magnifique salle de la Chartreuse, aussitôt le jeu commence pour le public. Nous devons tous prendre part au spectacle :  l’univers artificiel des banques, avec des échanges financiers avides de gains. Chacun est invité à prendre place à une des douze tables de jeu.  Avec six autres spectateurs-acteurs, devenus, comme nous, banquiers, et un comédien : le croupier-banquier. Les autres traders s’agitent au rythme des transactions. Une bande-son: musique de variété, jazz, diffusée en continu, nous attire inconsciemment dans ce monde  d’une réalité opaque.   Une lumière chaude et sombre éclaire tout l’espace. Un scénographie  étonnante de véracité. Nous ne sommes plus au théâtre mais dans un lieu de tentation et de séduction. On se sent littéralement intégré, et sans scrupule, à ce monde secret de l’argent qui frise l’illicite. Acteurs et public confondus se prennent à ce jeu étourdissant, un peu trop sans doute… Intéressant d’un point de vue psychanalytique ! Mais, on aurait souhaité, une parole plus politique et une analyse critique plus engagée. Il y a dans dans le thème de cette performance théâtrale, une dimension tragique profonde.

Pourquoi ne pas avoir soulevé, légèrement, le couvercle du chaudron des trois sorcières à l’œuvre dans la complexité des montages financiers. Sans doute est-ce pour rester fidèle à la ligne esthétique et dramatique, décidée par la compagnie pour ce spectacle : donner au spectateur un parcours émotionnel plutôt qu’une explication rationnelle à ce monde de la finance, où l’inhumain est parfois à son paroxysme.   Quelle est notre part de responsabilité face a l’autorité souterraine des banques ? N’a-t-elle pas un pouvoir qui va jusqu’à nous déposséder de notre point de vue moral et de notre responsabilité comme citoyen? Des questions, laissées volontairement ouvertes  dans la mise en scène.

En sortant, le public, ému, balance entre:  « C’est l’argent qui mène le monde » et/ou: « « Le fric, c’est chic »,  le titre d’un tube disco des années 80 !   

Elisabeth Naud

Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon, Villeneuve-les-Avignon (Gard). Jusqu’au 14 juillet à 18 h et 21h.    

 

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