L’Amour vainqueur, texte mise en scène et musique d’Olivier Py

 

L’Amour vainqueur, texte, mise en scène et musique d’Olivier Py, (tout public à partir de neuf ans)

 

Crédit photo : Christophe Raynaud de Lage

Crédit photo : Christophe Raynaud de Lage

Dans un monde en guerre, une jeune fille se prépare inconsciemment à vivre le grand amour, à l’écoute de désirs qu’elle ne soupçonne pas. Languissante, elle attend le Prince charmant. A partir d’un conte des frères Grimm, le directeur du festival d’Avignon entraîne le jeune public dans une opérette pétillante. Il a l’art de plaire à tous quand il s adapte et met en scène un livre pour enfants…

 Cinq personnages dessinés avec un bel humour et une solide conviction morale: une princesse à la fois douce, charmante et déterminée, un prétendant énergique à la triste figure, un Roi et Général, amer, envieux et diabolique, un jardinier écolo attentif, et ce qu’on appelle, non sans méchanceté mais avec le sourire, une fille de vaisselle:  une souillon émancipée qui rêve de hauts faits militaires virils.

 L’épopée s’accomplit ici à travers une parole en alexandrins blancs avec monologues, dialogues et récits. Olivier Py nous conte des aventures inouïes tissées de rêves d’amour, de travestissement et de lutte existentielle. Ce beau théâtre musical s’avère fort efficace: ici danser et chanter devient chose naturelle. Prouesse artistique des interprètes à la voix  puissante et très proches des personnages, postures caricaturales et bon enfant, mouvements enjoués et tourbillonnants, chansons en solo: l’opérette requiert des acteurs enthousiastes, chanteurs et musiciens de talent, accompagnés au piano. Ils jouent dans l’écrin vite identifiable du scénographe, costumier et maquilleur Pierre-André Weitz, un décor populaire de cabaret et de plaisirs.

 Comme posé sur un plateau surélevé, le cadre scénique est cerné d’une double guirlande de loupiotes, avec, sur le mur du fond  des images projetées de ville détruite. La jeune fille et le jeune homme n’en combattent pas moins pour la vie et l’amour, la beauté du monde et des existences qui se construisent et se choisissent peu à peu.

 En bas de la scène,  le piano d’un Monsieur Loyal, un Militaire gradé  à la figure de démon. Et si morale de conte il y a -ce que récuse Olivier Py qui parle plutôt de chemin initiatique, d’accompagnement dans la formation de jeunes esprits- c’est la vérité de soi qui est à poursuivre, la vérité d’un désir à respecter. Les enfants méprisent l’autoritarisme des adultes, leurs disputes haineuses quand il font cette rencontre incontournable avec la violence et la brutalité du monde. Leur reste -et c’est un trésor absolu- une grande vitalité pour en découdre avec détermination et s’opposer aux horreurs des jours qui passent.

 L’amour et  la foi en ses valeurs restent toujours vainqueurs, mêlé à l’envie de vivre,  découvrir, chercher à comprendre l’autre et à l’accompagner. Les interprètes  représentent une jeunesse prometteuse : le Prince, animal royal, mature avant l’âge,  ne cesse de se battre et de persuader les autres et le public avec lui, de ses projets humanistes argumentés,  la charmante Demoiselle fidèle à son amour et à ses valeurs. Et chez les adultes, le jardinier facétieux et lucide, la jeune fille de vaisselle sûre d’elle et le Général et Roi infernal. Clémentine Bourgoin, Pierre Lebon, Flannan Obé et Antoni Sykopoulos émerveillent leur public: ils donnent beaucoup d’eux-mêmes  pour réaliser ce rêve…

Véronique Hotte

 Gymnase du lycée Mistral, Avignon, les 10, 11 et  13 juillet  à 15 h et 20 h;  le 12 juillet à 20 h.

Le texte est publié chez Actes Sud-Papiers

 

 


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