Morgane Poulette de Thibault Fayner, mise en scène d’Anne Monfort

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Festival d’Avignon :

Morgane Poulette de Thibault Fayner, mise en scène d’Anne Monfort

 Deux monologues : Le Camp des Malheureux et La  Londonienne.  Nous y voyons souffrir, aimer et finalement grandir Morgane Poulette, une rockeuse cabossée, haute comme son prénom de fée et fragile comme son nom de petite chose. Elle se parle, à la deuxième personne,  se regarde vivre et dériver, et refaire un parcours chaotique. Thibault Fayner nous emmène dans une ville fantasmée, Londres de bas-fonds et de clinquant, capitale des musiques mélancoliques…

Dans la première pièce, Morgane Poulette vit une histoire d’amour compliquée par la drogue et l’alcool, avec l’acteur Thomas Bernet dont la mort achèvera de la déjanter. Va-t-elle mourir elle aussi ? La voix off d’un “guérisseur“ nous fait entendre comme le songe de son passage par les enfers et  sa résurrection. Nous la retrouvons mûrie, plus ouverte au monde dans la seconde partie, où passe le fantôme très concret de Margaret Thatcher. Ce qui éclaire rétroactivement Le Camp des Malheureux d’un jour froid et en fait entendre l’aspect social implicite.

Anne Monfort a confié le texte à Pearl Manifold avec qui elle travaille souvent. L’actrice est faite pour la pièce, glissant du français à l’anglais si nécessaire, conteuse d’abord, puis livrant de plus en plus son corps au personnage. En même temps, la scénographie change. L’îlot cerné d’ombre d’un praticable s’efface en un espace aquatique indéterminé, onirique comme un terrain vague. La poésie du spectacle est dans cette convergence entre un texte qui s’ouvre d’une subjectivité, à un regard sur le monde et un espace, avec des lumières à la fois simples et polysémiques. Et puis cela fait du bien de s’extraire un court moment d’Avignon… Morgane Poulette se joue au Château de Saint-Chamand, un beau bâtiment municipal au milieu d’un parc où jouent les enfants et où les jeunes se rassemblent dans l’un des quartiers les plus pauvres de la ville. Respirer et mettre un pied, ne serait-ce qu’un seul, dans le monde réel…  Ce qui donne son prix au théâtre, et en particulier à celui-là.

Christine Friedel

La Manufacture, 2 rue des Écoles, Avignon, jusqu’au 24 juillet (relâche le 18). Rendez-vous pour la navette à 21 h 05.  T. : 04 90 85 12 71.

Le texte est publié aux édition Espace 34.

 


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