Révolte – Revolt, she said, revolt again, de Alice Birch, mise en scène et scénographie de Sophie Langevin.

 

Révolte – Revolt, she said, revolt again, d’Alice Birch, traduction de Sarah Vermande, mise en scène de Sophie Langevin.

Crédit photo : Boshua.

Crédit photo : Boshua.

 Ce manifeste féministe de désobéissance civile, fait écho aussi au texte de Valérie Solanas SCUM, Manifesto : même révolte furieuse, sarcastique et drôle, contre l’oppression symbolique et réelle du genre féminin – corps et statut.

 Une incitation à réévaluer nos rapports privés, professionnels et politiques entre hommes et femmes, dans une société exactement contemporaine du XXI ème siècle.

 La jeune dramaturge britannique explore sans relâche les façons dont le langage, l’attitude et les comportements ont défini radicalement et réduit les rôles des sexes à des confinements obligés, prétendument naturels, mais en fait commandés.Les signes extérieurs qu’on croyait implicites mais qui restent manifestes et faussement intuitifs, sont d’autant plus révélateurs du pouvoir arrogant -et forcément illicite- des hommes sur les femmes dans une société organisée. Ici, sont des données qu’on croyait acquises à tort : rôles, sexualité, corps et modes de fonctionnement.

 Manifeste de rébellion et d’opposition assumées, ce texte ne doit pas être  sage selon l’adjectif qualificatif consacré, qui caractérise le comportement féminin global et auquel on pourrait tout autant substituer celui d’opprimée.Dans le monde professionnel, qui pourrait concerner de même la vie de couple, l’employée dit à l’employeur : «Je ne veux plus faire ça. Je ne veux plus cuisiner pendant des heures. Je ne veux plus inviter des gens à dîner parce que je veux dormir plus et je veux promener plus souvent mes chiens dans les bois. »

 L’homme lui répond, étonné, qu’on a installé des distributeurs dans les couloirs, et qu’on est en train de construire une salle de sports au sous-sol. La femme lui répond que ces beaux aménagements ne correspondent pas à ce qu’elle désire réellement.Et le patron, généreux, insiste, tentant de mieux cerner ses requêtes. Attend-elle un enfant ? Veut-elle accéder à une formation ou bien encore aller plus loin dans ses études ? Pense-t-elle à sa carrière avant tout ? Est-elle enceinte ? « Les femmes veulent ça, tu as le droit », ajoute l’homme, adepte des distinguos.

 Autre situation : un couple sort d’un dîner entre amis et l’homme avoue à sa femme qu’il n’a cessé de la désirer tout le long de la soirée. Elle, choquée, ne comprend pas : «  Comment as-tu pu ainsi jouer double jeu, alors que nous étions tous pendus à tes propos sincères sur la situation désastreuse des réfugiés ?Vêtus de blanc -tenue anti-amiante, panoplie de cosmonaute ou uniforme infirmier – les comédiens évoluent sur la scène comme s’ils étaient sur une table de dissection, placés, tels des insectes accrochés sur un plan de laboratoire.

Agnès Guignard, Denis Jousselin, Francesco Mormino et Leila Schaus jouent l’homme et la femme: soit autant de probabilités de couples qui alternent régulièrement, selon les tableaux. Quand l’un est sur le plateau, l’autre observe assis, à vue en coulisses. Les comédiens sont investis d’une mission à la fois morale et artistique – celle de donner à voir les comportements caricaturaux et grotesques des uns et des autres -, sont engagés sur la scène, comme le feraient des militants organisés, sûrs du matériau de leur démonstration et des témoignages accordés.

 Un spectacle dynamique, enlevé et rafraîchissant.

 Véronique Hotte

 La Caserne, 116 rue de la Carreterie à Avignon. T. : 04 90 39 57 63, jusqu’au 22 juillet à 13 h 15.

 


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