Pour Bobby, mise en scène et scénographie Alain Timar avec Charlotte Adrien.

Pour Bobby, de Serge Valetti, mise en scène et scénographie d’Alain Timar

©-Louise Maignan

©-Louise Maignan

A ce spectacle avec Charlotte Adrien, fait écho  un autre A plein gaz… A ces  monologues,  correspond un troisième  de Serge Valetti Mary’s à minuit, à voir aussi  Avignon

Serge Valetti se réclame d’un théâtre populaire – un public  d’anonymes, de tous ceux qu’on pourrait désigner comme « non remarquables » et l’auteur veut écrire comme on parle dans la vie, sans vouloir bien dire, ou beau dire.

Il avoue préférer les chemins de traverse de l’école buissonnière, entre digressions et parenthèses, apartés chroniques qui tirent le fil d’un imaginaire éloquent qui lui est cher et l’on reste ainsi à l’écoute de ceux qu’on n’entend jamais. Des solos de théâtre pour libérer une parole qui a droit de cité, autant qu’une autre, si humble et si modeste soit-elle, sans la moindre prétention à vouloir être reconnue. Laisser les choses venir naturellement et continuer à écrire et à exister simplement.

Ainsi parle  Charlotte Adrien : «Je peux aussi, si vous voulez, trier les enveloppes… ça, je sais le faire : on regarde l’adresse et puis le numéro, et je classe par numéro… Ou alors les vitres, je nettoie les vitres, j’arrose les plantes, ou alors je reste là sans rien dire ! Qu’est-ce que je peux faire encore ? Plein, plein de choses… Pas chanter, ça non, je sais pas chanter… » Générosité et humilité face à aux spectateurs, installés dans la proximité d’une petite tente de cirque- et en même temps, auto-éloge et autodérision implicite : la jeune femme, en quête d’emploi ou simplement de reconnaissance, se dit   pouvoir faire les gestes répétitifs les plus sommaires et les moins remarquables.

Elle propose aussi de donner la preuve de son engouement pour la course à pied ou même la marche, si on prévoit auparavant « assez de stérilux pour les ampoules ». L’actrice, souriante et disponible, s’adresse au public sans détour et évolue sur sa petite scène comme un poisson dans l’eau, jouant avec la table et la chaise de jardin,  qui lui tiennent lieu de références et de piliers stables de foyer.

A l’écoute d’elle- même dans ce bilan, elle sait aussi comprendre les jugements, les points de vue divers… Un témoignage d’humanité, de tranquillité qui s’oppose à la rage et à la fureur ambiante que subit tout citoyen, tenu sans cesse de devoir prouver ses capacités: valeur concurrentielle et marchande, rivalité absurde avec soi…

Véronique Hotte


Théâtre des Halles, rue du Roi René. T.: 04 32 76 24 51, jusqu’au 28 juillet à 14h, relâche le 23 juillet.

 


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