Festival Eclat d’Aurillac édition 2019


Festival  International de Théâtre de rue, Aurillac 

4CB51187-2538-4D59-8449-3C66274E2F34  Cette nouvelle édition, dit Frédéric Rémy, qui succède cette année à Jean-Marie Songy, « reste fidèle à ses principes et incarnera ce formidable révélateur de fraîcheur artistique, d’imaginaire partagé, de culture populaire et d’engagement citoyen. « (…) Une invitation lancée à des artistes de tous horizons et de toutes générations, un melting-pot artistique rayonnant et chamarré, pour que cet évènement unique au monde continue d’accompagner les évolutions artistiques et sociales de notre époque. »

Donc un programme classique à une époque où les directeurs de festival -restriction financière oblige- doivent prendre des risques limités. Mais où nombre de spectacles en extérieur (sans doute plus que l’an dernier) sont gratuits… Il y aura des valeurs habituelles, comme, souvent venue à Aurillac, la compagnie 26.000 couverts avec Vero 1 ère reine d’Angleterre. Kumulus proposera, avec NonDedieu, une percée sans doute plus conventionnelle mais avec une scénographie inversée à l’entracte, la découverte par le public de qui se passe derrière le rideau, bref une énième version du théâtre dans le théâtre  souvent déclinée par cette compagnie…

Et on pourra découvrir Terra Lingua chantier de paroles, une création des Souffleurs commandos poétiques « qui tordront poétiquement et joyeusement le cou à l’idée que l’incroyable bouquet de nos langues serait la conséquence d’une punition divine de l’orgueil démesuré de l’homme ». Il y aura aussi des spectacles de salle comme celui de la 2B company suisse où Pierre Misfud ne s’arrête pas de parler jusqu’à ce qu’un minuteur ne mette fin à cette performance déclinée  en neuf conférences.  Avec le dernier jour une intégrale en huit heures.  Et une belle occasion de voir ou de revoir La Mélancolie des dragons de Philippe Quesne. Créé en 2008, ce beau spectacle a une poésie visuelle tout à fait remarquable dans la lignée de ceux de Bob Wilson…

Mais le directeur du Centre Dramatique National de Nanterre-Amandiers a rendu son tablier…  Il était aux manettes depuis cinq ans mais assez amer (et on peut le comprendre). Philippe Quesne a récemment annoncé qu’il ne ferait pas de troisième mandat et partirait fin 2020. Décision courageuse et pas si fréquente et qu’il faut saluer.  Déjà connu comme scénographe puis comme metteur  en scène, il a eu quelques difficultés avec l’équipe de ce grand théâtre de la banlieue parisienne. Mais aussi depuis le début, avec Patrick Jarry, le maire P.C.F. de Nanterre qui lui reproche en gros de se la jouer perso à la tête d’uns institution d’Etat. Vieux débat auquel sont souvent confrontés les directeurs de C.D.N. qui doivent être obligatoirement des artistes mais aussi des programmateurs et gestionnaires.

Mission impossible ?  Sans doute ! On n’est plus dans les années Malraux et à l’aube de ce que l’on appelle encore la « décentralisation » après un demi-siècle. Mais comment ne pas voir que les besoins et la population a changé… Bref, les récents ministres de la Culture dont Aurélie Filippetti, sans doute mal conseillés, n’ont pas saisi l’ampleur du problème et n’ont pas aussi compris qu’on n’était en 2019 ! Et que le public des C.D.N. n’était plus du tout le même. Mais Franck Riester se réfère encore encore dans l’édito du programme de ce festival, à la «mission principale du ministère souhaitée par  André Malraux, d’ancrer la culture dans un désir collectif »…

Gouverner, on le sait c’est aussi et surtout prévoir mais les énarques et autres huiles du ministère de la Culture comme ceux de l’Elysée n’ont en rien anticipé, ont manqué d’imagination et n’ont pas réussi à bâtir à temps un nouveau statut pour ces C.D.N. Erreur manifeste de politique à long terme. Emmanuel Macron et ses conseillers ont  d’autres chats à fouetter et la valse permanente des récents ministres de la Culture n’a pas aidé à résoudre les choses. Ce n’est pas un hasard si Marie-José Malis, à Aubervilliers, a dû affronter une grève très dure de son personnel.  Certes ces artistes et créateurs ont bien été candidats mais ils auraient sans doute dû bénéficier d’un statut à part pour  continuer leurs recherches plutôt que d’être nommés vite fait mal fait à ce genre de poste…

La question reste permanente: comment faire à la fois œuvre de création, voire de recherche qui est l’A.D.N. de ces artistes et répondre à la fois aux attentes de la population locale, et non parisienne. Une sorte de quadrature du cercle..  Mais c’est le Ministère de la Culture, qui accorde la plus grosse part des subventions aux C.D.N. et qui a les cartes financières en main et il ne semble pas pressé de revoir cette situation artistique des plus floues…

Le festival d’Aurillac lui aussi a évolué et a réussi à s’ancrer dans le paysage cantalien. C’est sans doute la seule petite cité française dont la vie pendant quatre jours est aussi modifiée : centre-ville très sécurisé, nombre de spectateurs en constante augmentation, rendez-vous insolite dit des compagnies de passage régionales ou pas… autrement dit un off très organisé avec plus de sept cent spectacles et une rémunération des artistes au chapeau… Mais il y aussi, comme dans tout festival, des rendez-vous professionnels importants: entre autres celui de la SACD qui a soutenu trois projets, des présentations de projets par Artcena, une rencontre co-organisée par la Fédération des arts de la rue, une table-ronde sur la déambulation théâtrale…

Bref, une offre assez rare courant sur quatre jours et, osons le mot: populaire et ce festival, comme celui de Chalon, est fréquenté par un public majoritairement jeune et venu de toute la France, voire de l’étranger. Et chose exceptionnelle, nombre de spectacles de rue ou en plein air sont gratuits…

Philippe du Vignal

Festival Eclat, du mercredi 21 au samedi 24 août. Information T. : 04 71 43 43 70.  Billetterie: 04 71 48 46 58.

 

 

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