Plaidoyer pour une civilisation nouvelle, d’après L’Enracinement et autres textes de Simone Weil, mise en scène de Jean-Baptiste Sastre

 

Plaidoyer pour une civilisation nouvelle, d’après L’Enracinement et autres textes de Simone Weil, adaptation de Jean-Baptiste Sastre et Hiam Abbass, mise en scène de Jean-Baptiste Sastre

Simone Weil, née en 1909 à Paris dans une famille juive, est morte à trente-quatre ans; inclassable élève du philosophe Alain qui la surnommait « La martienne », elle a publié des écrits visionnaires à un point parfois redoutable. De cette écrivaine, agrégée de philosophie en 1931, militante et mystique, la pensée singulière, engagée et libre, reste d’une grande acuité…

D’un dévouement professionnel et spirituel, elle a toujours fait preuve d’une honnêteté absolue. En témoigne entre autres, cette décision quand elle travaillait dans les bureaux de la France combattante comme l’évoque Jacques Cabaud dans  L’Expérience vécue de Simone Weil : «Elle désapprouva certains aspects de l’organisation du Général de Gaulle et cela l’affectait tellement qu’elle voulut démissionner du poste qu’elle occupait et dont elle tirait cependant son seul moyen d’existence». Et elle le quitta effectivement  en 1943. En effet, ses activités professionnelles et sa démarche sont exceptionnelles :  écrits, vie et réflexion philosophique et politique forment une seule et même lutte.

Aucun paradoxe chez cette jeune femme de vingt-cinq ans, professeur et militante en faveur des plus pauvres: elle choisit être ouvrière chez Alstom en 1934, puis chez Renault en 1935, pendant un an. Et en 1941, ouvrière agricole… Juste auparavant, elle rédige au début des années trente, Réflexions sur les causes de la liberté de l’oppression sociale. «Elle entendait vivre cette expérience découvrir la vérité, avoir un contact direct avec la réalité. Elle en tire une dénonciation de l’aliénation du travail tout en affirmant une spiritualité du travail authentique » remarque Chantal Delsol, philosophe et romancière.Pacifiste résolue elle s’engagera cependant en 1936  dans les Brigades Internationales. Et après l’entrée des Allemands à Prague en 1938, elle appelle à la lutte armée contre Hitler. La même année, elle découvre le Christ: elle refuse de parler de conversion mais affirme que toute sa pensée est entrée en elle une fois pour toutes.
Aucune contradiction donc en l’esprit rigoureux et moderne de Simone Weil: elle a été  à la fois membre de la C.G.T.  et au plus près de la foi chrétienne, alors qu’elle n’est pas baptisée. Cet extrait de correspondance (1936) avec Victor Bernard, ingénieur, directeur des usines Rosières, exprime la vivacité et l’aplomb de ses prises de position, quel que soit le domaine concerné :  « Monsieur,  « (…) Vous m’avez dit – je répète vos propres termes – qu’il est très difficile d’élever les ouvriers. Le premier des principes pédagogiques, c’est que pour élever quelqu’un, enfant ou adulte, il faut d’abord l’élever à ses propres yeux. C’est cent fois plus vrai encore quand le principal obstacle au développement réside dans des conditions de vie humiliantes. Ce fait constitue pour moi le point de départ de toute tentative efficace d’action auprès des masses populaires, et surtout des ouvriers d’usine. »  Victor Bernard refusa que soit publié Appel aux ouvriers de Rosières » dans Entre Nous, le journal de son usine…

Simone Weil poursuivra son combat humaniste, empirique et spirituel,jusqu’à son dernier souffle… Malade, elle refusa tout soin et se laissa mourir de faim.  Cette personnalité et ce destin ont inspiré Jean-Baptiste Sastre, artiste engagé qui associe souvent sa création théâtrale à un projet plus collectif, social, ou/et politique. A cours de voyages,notamment en Inde, il a œuvré auprès de différentes associations humanitaires. Et cela continue à nourrir son travail et sa réflexion poétique jamais dissociés d’une réalité dont il a lui même et à sa mesure, fait l’expérience.

Comme quand il met en scène Phèdre les oiseaux de Frédéric Boyer, avec Hiam Abbass comédienne et metteuse en scène, sa collaboratrice depuis 2012. Leurs créations prennent forme surtout autour de la littérature et du théâtre et ils travaillent avec des associations. Phèdre les oiseaux les a ainsi conduit à travailler avec les compagnes et compagnons d’Emmaüs en France et à l’étranger, avec aussi des enfants des rues et des sans-abri.

Dans  la chapelle, au Théâtre des Halles d’Avignon, résonnent les textes de Simone Weil. Ce lieu sobre est d’une grâce architecturale absolue, avec un arc en ogive se dressant vers le ciel ! Et soudain on pense à Blaise Pascal, cet autre grand philosophe et homme de foi affirmant dans Les Pensées : «Apprenez que l’homme passe infiniment l’homme» ! Le public découvre, étonné, cet endroit inattendu et s’installe au son du chant et de la mélodie Les Compagnons. Un contraste musical surprenant dans cet espace mais bienvenu.

Sur le petit plateau, des panneaux rectangulaires aux reflets et dessins mystérieux, dûs à la bioluminescence de bactéries venues des abysses qui créent de façon aléatoire, un jeu de formes et de lumières d’un autre monde. Cette idée scénographique, telle une mise en mouvement à l’instar d’un bruit de fond, donne à la pièce rythme et beauté. Etrange et très poétique ! Très vite, une tension règne dans le public. Dans cette performance philosophique, la création son et musique de Michel Lacombe ne manque pas de caractère. Les noms des morceaux musicaux et des chants, évocateurs et symboliques sont souvent poétiques ou populaires: Les Compagnons, Saint-Jean, Jérusalem, La Laine, Jésus s’habille en pauvre, Pitchoune, Moutagnols, La Brouette, Les Mendiants … .

La mise en scène sobre mais recherchée favorise recueillement et concentration. Comme pour mieux faire entendre la force de conviction des paroles et pensées de l’écrivaine, neuf mois avant sa mort en 1943. Simone Weil (Hiam Abbass), seule en scène, assise sur un tabouret, tourne le dos au public. Puis, lentement, elle se redresse et prend la parole… Corps, voix et  jeu épousent les contorsions de l’âme de cette femme unique et libre  qui nous parle ici. Et cela peut surprendre ! Ou/et paraître aux yeux d’un public un peu distrait, comme un spectacle pouvant tendre vers une forme de pathos. Mais dans cette chapelle, l’inverse se manifeste avec un  travail artistique, sensible, élégant et la présence fascinante de l’actrice qui, parfois sans doute trop habitée par cette œuvre bouleversante, accroche certains mots… Mais l’émotion et l’intelligence restent intactes.

Autre qualité théâtrale: on ressent ici combien l’investissement de la philosophe au sein de la Résistance rejoint alors l’histoire politique. En effet, en mai 1942, Simone Weil est arrivée à New York et est à l’abri ! Mais elle n’a qu’une idée en tête : gagner Londres ! Le 14 décembre, en raison de sa santé fragile, elle est affectée comme rédactrice à la Direction de l’Intérieur de la France Libre. Le Conseil National de la Résistance lui demanda alors  de concevoir une Déclaration des droits de la personne dans le cadre d’une constitution intellectuelle pour «l’Europe attendue après le nazisme »…
Elle écrit d’une traite et pratiquement sans rature L’Enracinement. Tout ce texte est fondé sur la spiritualité de l’homme, à l’écart du pur matérialisme. Avec une clairvoyance politique et sociale exceptionnelles : « Je crois que la décentralisation succédera un jour à une centralisation excessive ; mais je ne crois pas que cela doive se produire bientôt,(…) et surtout je suis tout à fait convaincue que la centralisation, une fois établie quelque part, ne disparaîtra pas avant d’avoir tué (…) toutes sortes de choses précieuses et dont la conservation serait indispensable pour que le régime suivant soit un échange vivant entre milieux divers et mutuellement indépendants, plutôt qu’un triste désordre. »

L’Enracinement, Prélude à une déclaration des devoirs envers l’être humain, est le titre donné lors de sa publication en 1950,  mais n’est  pas de l’auteure qui était déjà morte.  A la sortie du spectacle, le soleil de midi accueillait le public, encore sous le choc des paroles entendues. Comme celles-ci : « La violence est souvent nécessaire ? Mais il n’y a à mes yeux de grandeur que dans la douceur. Je n’entends par ce mot rien de fade. »
Une fois n’est pas coutume dans le théâtre contemporain,  cette mise en en scène fait  à nouveau flamboyer avec autant d’esprit et d’humilité, une alliance ancestrale entre théâtre et philosophie. Jean-Baptiste Sastre et Hiam Abbass nous éclairent sur l’oeuvre et la personne de Simone Weil, si indissociables l’une de l’autre et  si complexes ! On comprend ici dans leur différence, ces notions philosophiques  et spirituelles d’obligation et de devoir, essentielles chez Simone Weil pour qui « l’enracinement est peut-être le besoin le plus important et le plus méconnu de l’âme humaine. C’est un des plus difficiles à définir. »

Elisabeth Naud

Spectacle joué du 5 au 28 juillet, au Théâtre des Halles, Avignon.

Comédie de Caen, en janvier.
Théâtre Jean Vilar à Suresnes (Hauts-de-Seine) en avril.


Archive pour 20 août, 2019

Plaidoyer pour une civilisation nouvelle, d’après L’Enracinement et autres textes de Simone Weil, mise en scène de Jean-Baptiste Sastre

 

Plaidoyer pour une civilisation nouvelle, d’après L’Enracinement et autres textes de Simone Weil, adaptation de Jean-Baptiste Sastre et Hiam Abbass, mise en scène de Jean-Baptiste Sastre

Simone Weil, née en 1909 à Paris dans une famille juive, est morte à trente-quatre ans; inclassable élève du philosophe Alain qui la surnommait « La martienne », elle a publié des écrits visionnaires à un point parfois redoutable. De cette écrivaine, agrégée de philosophie en 1931, militante et mystique, la pensée singulière, engagée et libre, reste d’une grande acuité…

D’un dévouement professionnel et spirituel, elle a toujours fait preuve d’une honnêteté absolue. En témoigne entre autres, cette décision quand elle travaillait dans les bureaux de la France combattante comme l’évoque Jacques Cabaud dans  L’Expérience vécue de Simone Weil : «Elle désapprouva certains aspects de l’organisation du Général de Gaulle et cela l’affectait tellement qu’elle voulut démissionner du poste qu’elle occupait et dont elle tirait cependant son seul moyen d’existence». Et elle le quitta effectivement  en 1943. En effet, ses activités professionnelles et sa démarche sont exceptionnelles :  écrits, vie et réflexion philosophique et politique forment une seule et même lutte.

Aucun paradoxe chez cette jeune femme de vingt-cinq ans, professeur et militante en faveur des plus pauvres: elle choisit être ouvrière chez Alstom en 1934, puis chez Renault en 1935, pendant un an. Et en 1941, ouvrière agricole… Juste auparavant, elle rédige au début des années trente, Réflexions sur les causes de la liberté de l’oppression sociale. «Elle entendait vivre cette expérience découvrir la vérité, avoir un contact direct avec la réalité. Elle en tire une dénonciation de l’aliénation du travail tout en affirmant une spiritualité du travail authentique » remarque Chantal Delsol, philosophe et romancière.Pacifiste résolue elle s’engagera cependant en 1936  dans les Brigades Internationales. Et après l’entrée des Allemands à Prague en 1938, elle appelle à la lutte armée contre Hitler. La même année, elle découvre le Christ: elle refuse de parler de conversion mais affirme que toute sa pensée est entrée en elle une fois pour toutes.
Aucune contradiction donc en l’esprit rigoureux et moderne de Simone Weil: elle a été  à la fois membre de la C.G.T.  et au plus près de la foi chrétienne, alors qu’elle n’est pas baptisée. Cet extrait de correspondance (1936) avec Victor Bernard, ingénieur, directeur des usines Rosières, exprime la vivacité et l’aplomb de ses prises de position, quel que soit le domaine concerné :  « Monsieur,  « (…) Vous m’avez dit – je répète vos propres termes – qu’il est très difficile d’élever les ouvriers. Le premier des principes pédagogiques, c’est que pour élever quelqu’un, enfant ou adulte, il faut d’abord l’élever à ses propres yeux. C’est cent fois plus vrai encore quand le principal obstacle au développement réside dans des conditions de vie humiliantes. Ce fait constitue pour moi le point de départ de toute tentative efficace d’action auprès des masses populaires, et surtout des ouvriers d’usine. »  Victor Bernard refusa que soit publié Appel aux ouvriers de Rosières » dans Entre Nous, le journal de son usine…

Simone Weil poursuivra son combat humaniste, empirique et spirituel,jusqu’à son dernier souffle… Malade, elle refusa tout soin et se laissa mourir de faim.  Cette personnalité et ce destin ont inspiré Jean-Baptiste Sastre, artiste engagé qui associe souvent sa création théâtrale à un projet plus collectif, social, ou/et politique. A cours de voyages,notamment en Inde, il a œuvré auprès de différentes associations humanitaires. Et cela continue à nourrir son travail et sa réflexion poétique jamais dissociés d’une réalité dont il a lui même et à sa mesure, fait l’expérience.

Comme quand il met en scène Phèdre les oiseaux de Frédéric Boyer, avec Hiam Abbass comédienne et metteuse en scène, sa collaboratrice depuis 2012. Leurs créations prennent forme surtout autour de la littérature et du théâtre et ils travaillent avec des associations. Phèdre les oiseaux les a ainsi conduit à travailler avec les compagnes et compagnons d’Emmaüs en France et à l’étranger, avec aussi des enfants des rues et des sans-abri.

Dans  la chapelle, au Théâtre des Halles d’Avignon, résonnent les textes de Simone Weil. Ce lieu sobre est d’une grâce architecturale absolue, avec un arc en ogive se dressant vers le ciel ! Et soudain on pense à Blaise Pascal, cet autre grand philosophe et homme de foi affirmant dans Les Pensées : «Apprenez que l’homme passe infiniment l’homme» ! Le public découvre, étonné, cet endroit inattendu et s’installe au son du chant et de la mélodie Les Compagnons. Un contraste musical surprenant dans cet espace mais bienvenu.

Sur le petit plateau, des panneaux rectangulaires aux reflets et dessins mystérieux, dûs à la bioluminescence de bactéries venues des abysses qui créent de façon aléatoire, un jeu de formes et de lumières d’un autre monde. Cette idée scénographique, telle une mise en mouvement à l’instar d’un bruit de fond, donne à la pièce rythme et beauté. Etrange et très poétique ! Très vite, une tension règne dans le public. Dans cette performance philosophique, la création son et musique de Michel Lacombe ne manque pas de caractère. Les noms des morceaux musicaux et des chants, évocateurs et symboliques sont souvent poétiques ou populaires: Les Compagnons, Saint-Jean, Jérusalem, La Laine, Jésus s’habille en pauvre, Pitchoune, Moutagnols, La Brouette, Les Mendiants … .

La mise en scène sobre mais recherchée favorise recueillement et concentration. Comme pour mieux faire entendre la force de conviction des paroles et pensées de l’écrivaine, neuf mois avant sa mort en 1943. Simone Weil (Hiam Abbass), seule en scène, assise sur un tabouret, tourne le dos au public. Puis, lentement, elle se redresse et prend la parole… Corps, voix et  jeu épousent les contorsions de l’âme de cette femme unique et libre  qui nous parle ici. Et cela peut surprendre ! Ou/et paraître aux yeux d’un public un peu distrait, comme un spectacle pouvant tendre vers une forme de pathos. Mais dans cette chapelle, l’inverse se manifeste avec un  travail artistique, sensible, élégant et la présence fascinante de l’actrice qui, parfois sans doute trop habitée par cette œuvre bouleversante, accroche certains mots… Mais l’émotion et l’intelligence restent intactes.

Autre qualité théâtrale: on ressent ici combien l’investissement de la philosophe au sein de la Résistance rejoint alors l’histoire politique. En effet, en mai 1942, Simone Weil est arrivée à New York et est à l’abri ! Mais elle n’a qu’une idée en tête : gagner Londres ! Le 14 décembre, en raison de sa santé fragile, elle est affectée comme rédactrice à la Direction de l’Intérieur de la France Libre. Le Conseil National de la Résistance lui demanda alors  de concevoir une Déclaration des droits de la personne dans le cadre d’une constitution intellectuelle pour «l’Europe attendue après le nazisme »…
Elle écrit d’une traite et pratiquement sans rature L’Enracinement. Tout ce texte est fondé sur la spiritualité de l’homme, à l’écart du pur matérialisme. Avec une clairvoyance politique et sociale exceptionnelles : « Je crois que la décentralisation succédera un jour à une centralisation excessive ; mais je ne crois pas que cela doive se produire bientôt,(…) et surtout je suis tout à fait convaincue que la centralisation, une fois établie quelque part, ne disparaîtra pas avant d’avoir tué (…) toutes sortes de choses précieuses et dont la conservation serait indispensable pour que le régime suivant soit un échange vivant entre milieux divers et mutuellement indépendants, plutôt qu’un triste désordre. »

L’Enracinement, Prélude à une déclaration des devoirs envers l’être humain, est le titre donné lors de sa publication en 1950,  mais n’est  pas de l’auteure qui était déjà morte.  A la sortie du spectacle, le soleil de midi accueillait le public, encore sous le choc des paroles entendues. Comme celles-ci : « La violence est souvent nécessaire ? Mais il n’y a à mes yeux de grandeur que dans la douceur. Je n’entends par ce mot rien de fade. »
Une fois n’est pas coutume dans le théâtre contemporain,  cette mise en en scène fait  à nouveau flamboyer avec autant d’esprit et d’humilité, une alliance ancestrale entre théâtre et philosophie. Jean-Baptiste Sastre et Hiam Abbass nous éclairent sur l’oeuvre et la personne de Simone Weil, si indissociables l’une de l’autre et  si complexes ! On comprend ici dans leur différence, ces notions philosophiques  et spirituelles d’obligation et de devoir, essentielles chez Simone Weil pour qui « l’enracinement est peut-être le besoin le plus important et le plus méconnu de l’âme humaine. C’est un des plus difficiles à définir. »

Elisabeth Naud

Spectacle joué du 5 au 28 juillet, au Théâtre des Halles, Avignon.

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