Terra Lingua, chantier de paroles, texte d’Olivier Comte, mise en scène d’Olivier Comte et Julia Lopez

Terra Lingua, chantier de paroles, texte d’Olivier Comte, mise en scène d’Olivier Comte et Julia Lopez

904E80E4-EBE2-4CD5-AF1A-6967A9C13686Une création issue d’une résidence de la compagnie des Souffleurs poétiques au Parapluie, la grande et belle salle située en dehors d’Aurillac. « C’est, nous dit la note d’intention, le voyage du silence de l’Homme vers sa parole, qu’il ne lâchera plus. À travers une parole qui cherche son nom, Babel se dresse puis s’évanouit, célébrant ainsi le génie de l’être humain à réinventer sans cesse le monde dans chacun de ses mots. Une langue ne sert pas seulement à parler, elle sert à penser le monde. (…) « Le chemin de l’être humain, du silence à la parole, puis de la parole à l’écriture, la voilà, le véritable monument, la tour du silence. »

Cela se passe sur la très grande place Michel Crespin devant la façade d’une ancienne caserne rénovée aux quelque soixante fenêtres. Un carré fermé par des tôles grises d’où émerge une longue perche dotée d’un micro placé au-dessus de l’espace scénique. Les comédiens se font face, vêtus d’épais manteaux en fourrure synthétique, ce qui, par la chaleur actuelle, représente une performance… Manteaux qu’ils enlèveront rapidement  pour se retrouver en collant noir et T. shirt rouge. Pas de paroles et très vite Nicolas Bilder, Christophe Bonzom, Olivier Comte, Virginie Deville, Thomas Laroppe, Irène Le Goué, Julia Loyez, Axel Petersen, Kevin Rouxel et Vincent Comte vont monter soigneusement et avec un évident savoir-faire, une tour-échafaudage en tubes de métal d’environ huit mètres de hauteur et se placeront aux différents niveaux.

Et tout en haut, plusieurs d’entre eux diront alors un texte sur une musique de basses très rythmée. Mais mauvaise balance: on les entend mal. “ Je n’ai pas de nom, personne n’a pris soin de me nommer. Est-ce que j’existe si je n’ai pas de nom.” Suivent un texte interminable sur le thème du nom qui continue à être noyé sous les basses. A la fin, il y a un clown blanc au petit chapeau conique et un acteur avec une longue coiffe d’Indien… Comprenne qui pourra!
Puis on entend la fameuse chanson Les Feuilles mortes autrefois interprétée  par Yves Montand. Enfin un vrai petit moment de poésie dans ce tunnel d’ennui, même si on en en voit mal la relation avec le spectacle : « Oh, je voudrais tant que tu te souviennes/ Des jours heureux où nous étions amis/ En ce temps-là la vie était plus belle/Et le soleil plus brûlant qu’aujourd’hui. /Les feuilles mortes se ramassent à la pelle/ Tu vois, je n’ai pas oublié/ Les feuilles mortes se ramassent à la pelle/Les souvenirs et les regrets aussi. »

 « Les Souffleurs s’inscrivent dans l’évidence du clignotement général du monde, ( sic!!!!) usent de la nécessité vitale du droit d’irruption poétique. Dans ces temps de grandes incertitudes et de repli identitaire, ils nous rappellent que les incroyables vitalité et diversité des pensées du monde à travers nos langues sont une chance inouïe pour tous. »

 On veut bien mais ce sabir et ces lapalissades sur les langues font long feu et le texte n’a rien de très convaincant! Bref, on voit mal où ces Souffleurs poétiques, entre acrobaties et  essai philosophico-littéraire, veulent nous emmener… Ces soixante-cinq minutes nous ont paru une éternité et les quelque trois cent spectateurs de ce spectacle -dit en accès libre: c’est à dire gratuit- n’a guère applaudi et est très vite parti ou avait déjà déserté… Encore un travail assez prétentieux qui n’avait pas sa place dans ce festival ! Et on comprend mal qu’il ait pu être choisi… Et le pauvre Michel Crespin, l’ancien directeur du festival, aujourd’hui dans le ciel des artistes, doit en être tout étonné…

Philippe du Vignal

Spectacle joué du  21 au 23 août,  Place Michel Crespin, Aurillac.

 

 

 

 


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