I am Europe, texte et mise en scène de Falk Richter, traduction d’Anne Monfort

Crédit photo : Jean-Louis Fernandez

Crédit photo : Jean-Louis Fernandez

I am Europe, texte et mise en scène de Falk Richter, traduction d’Anne Monfort, (en français et en plusieurs langues, surtitré en français)

 L’Europe actuelle est menacée par le retour des nationalismes et des populismes : les bourgeois amateurs de théâtre  sont ici priés d’appréhender des termes politiques usés,  du genre: l’origine, la patrie, le foyer, la langue naturelle ou acquise… Le concepteur allemand a imaginé de faire une recherche sur le plateau, à la fois dramatique, musicale et chorégraphique et a  convié des jeunes gens de pays européens à réfléchir à la question de l‘Europe et à celle de l’identité. Celle que chacun se reconnaît ou bien revendique subversivement. Sur fond, entre autres, de nouvelles constellations familiales et de sexualités différentes.Les interprètes convoquent ici leur histoire personnelle, leur vision du monde et de la société mais aussi leurs passions. Une identité «queer», un désir d’émancipation ?  Mais c’est déjà du passé…

Ce travail de recherche, a été initié en 2014 et a duré quatre ans, à Venise, Paris, Berlin, Tel-Aviv avec des performeurs, comédiens et danseurs mais le groupe s’est ensuite ouvert et a changé, au gré de nouvelles rencontres. Ici, texte et corps sont intimement liés et la parole, proférée et laissée à son libre cours, s’arrête de façon régulière, pour que les corps seuls s’expriment et racontent leur intimité. Pour dessiner encore un autoportrait collectif, en allant de l’avant, malgré tout, avec la promesse d’un avenir meilleur et le dessein d’une Europe différente et solide où on éluderait peu à peu velléités réactionnaires, tentations fascistes, simplifications populistes et menaces du fanatisme religieux, du terrorisme et du repli sur soi avec ses dérives racistes : exclusion de l’autre et négation de la différence…Sur fond de passé colonialiste français et  de mouvements nationalistes actuels…

Falk Richter nous répète à l’envie, la nécessité qu’il y a pour le bien-être de l’Europe, qu’elle ne soit pas livrée aux seules commandes de l’Allemagne et de la France. Même si les petits pays sont parfois les plus marqués par la xénophobie.. L’Europe nouvelle doit, selon l’écrivain et metteur en scène, naître de la contradiction et de la polyphonie : chacun est, en même temps et alternativement, le même. Sous le regard chorégraphique de Nir de Volff, les interprètes ont une gestuelle singulière qui se coule dans celle du collectif. Lana Baric, Charline Ben Larbi, Gabriel Da Costa, Mehdi Djaadi, Khadidja El Kharraz Alami, Douglas Grauwels, Piersten Leirom, Tatjana Pessoa cassent les codes, les conventions, la bienséance, se contorsionnent et rampent sur le sol. Avec ténacité et engagement…
I am Europe laisse une impression de déjà vu, tel un inventaire un brin démagogique de lieux communs, de critiques faciles et de visions parfois caricaturales de la société, sans l’invention d’une dramaturgie réellement convaincante.

 Véronique Hotte

Odéon-Théâtre de l’Europe/Ateliers Berthier, 1 rue André Suarès, Paris (XVII ème), jusqu’au 9 octobre. Tél : 01 44 85 40 40.

 

 

 

 


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