Festival Cergy soit

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Festival Cergy, Soit!


Créé en 1998 à Cergy-Pontoise (Val-d’Oise), ce festival annuel des arts de la rue et du cirque dirigé par Nathalie Cixous, est implanté en plein cœur du quartier Grand-Centre. Il rassemble pendant trois jours de septembre, plus de 40.000 spectateurs et accueille quelque cinquante compagnies pour une centaine de représentations. Cergy, Soit ! est un rendez-vous populaire mais intransigeant quant à l’excellence artistique. L’entrée aux spectacles est gratuite pour favoriser la mixité du public, avec une programmation très variée:  théâtre, cirque, marionnettes, danse, musique… Un festival de dialogue entre les formes artistiques élaborées par de jeunes compagnies et par d’autres confirmées.
Etat des lieux avec six spectacles, dont L’Homme Debout sur le thème de l’exil…

Vol d’usage par la  Compagnie Quotidienne

Deux acrobates à vélo tournent en rond autour de la piste, le vélo tombe.  Ils dévisagent le public, l’un d’eux remonte sur le vélo, l’autre fait du stop… Pris par son compagnon, il monte sur le guidon, pédale avec une jambe puis éjecte le conducteur. Des sangles descendent, le vélo tombe mais il parvient à les enfiler et redescend en grand écart, tourbillonne. «Tous les matins, je prends mon vélo pour aller au boulot !» Un spectacle brillant avec une série d’équilibres périlleux, voltiges, galopades, sauts à l’envers et autres acrobaties tout à fait étonnantes…

Slash ou l’Homme D par le Slash Frichti Concept de Brendan Le Delliou

Il décide de jouer sa vie aux cartes et répond à un coup de fil : «A l’heure pile, je dois être à l’heure pile !» Il se lève, virevolte, s’assied,  danse, tombe…Il enlève sa veste, sort une pomme de son sac : «Pile, je la mange et face,  je la range ! « (…) « Je vais me reposer et faire tout et n’importe quoi ! Moi, je ne supporte plus les cadres, assis, je suis déjà assis… Je m’en vais, je glisse, je continue mon chemin, ni à droite, ni à gauche, nulle part. On va dans le mur.»

Il lance alors un gros dé, se déshabille, puis danse avec ce dé. « Partir en vacances ou à l’hôpital, je prends les armes, je veux pouvoir leur faire peur et mourir, sauver le monde en superstar ! »  Il y a ensuite  un gros dé qui s’ouvre avec de petits dés à l’intérieur. Il danse sur ce gros dé puis répond à un coup de fil, prend une pomme et la mange. Un spectacle insolite, virevoltant et plein d’humour…

Respire, une traversée funambule par  Les Filles du Renard pâle

Une funambule au-dessus de la piscine. Elle s’allonge sur le ventre avec sa perche, se pend par les bras, fait le cochon pendu, puis s’accroupit et s’allonge sur le fil. Brillante prestation mais d’autres spectacles  nous appellent!

Gromic The magic Show 

Un clown en pardessus avec chapeau et mitaines arrive sur une musique de jazz. Il sort des tissus plastiques blancs de sa bouche et de ses oreilles, les mange, puis enlève son pardessus. Sur une musique de film, il se met à boxer, fait semblant de se couper le pouce qu’il mange. Puis il choisit dans le public une enfant qui doit l’imiter mais elle ne le fait pas. Il s’en sert alors comme d’une marionnette. A la fin de ce spectacle silencieux, éclate la musique d’YMCA du groupe Village People. Puis ce clown belge propose des câlins gratuits….

Mo et le Ruban rouge  par L’Homme Debout

Fondée à Poitiers il y a huit ans par Benoît Mousserion, la compagnie construit des marionnettes géantes en osier, en collaboration avec les habitants  et travaille autour du thème  de l’exil et des migrations… Une marionnette blottie sur elle-même avec un gilet de sauvetage orange: c’est un enfant séparé des siens et qui dort… On vient lui apporter un cadeau dans une boîte au ruban rouge mais il n’arrive pas à l’ouvrir. Il se réveille, seul et lentement se lève. Commence alors une série d’épreuves et nous le suivons dans les allées du parc, jusqu’à une place centrale entourée de piquets. Des aides vont enfermer l’homme debout derrière des dizaines de rouleaux de papier collant, jusqu’à ce qu’on ne distingue plus que le sommet de son crâne.

On finira par mettre le feu à cette barrière qui s’effondre. Mais le cadeau refuse de révéler  à celui qui cherchait à découvrir ce qu’il contenait et qui ne l’a toujours pas trouvé. Une étonnante recherche sur les buts de la migration que nous refusons, nous, égoïstes pays riches. Une belle émotion devant ce spectacle insolite et ludique réalisé avec l’aide de nombreux bénévoles. Malgré la gravité du thème, un travail en cours qui aura plusieurs chapitres… Donc à suivre.

Edith Rappoport

Spectacles vus à Cergy-Pontoise ( Val-d’Oise) le 22 septembre.


Archive pour 28 septembre, 2019

Projection du film : Le Soulier de satin de Paul Claudel, mise en scène d’Antoine Vitez

Ludmila Mikael et Robin Renucci durant une répétition de la pièce “Le Soulier de satin” de Claudel, mise en scène Antoine Vitez, 1987, Avignon .• Crédits : Gérard Fouet - AFP

Projection du film : Le Soulier de satin de Paul Claudel, mise en scène d’Antoine Vitez

 Antoine Vitez  recréa Le Soulier de Satin pour le festival d’Avignon 1987. Le grand Alain Crombecque -hélas disparu il y a quelques années- étant directeur. Avec une distribution exceptionelle avec entre autres, Gilles David, Valérie Dréville, Philippe Girard, Jany Gastaldi, Ludmila Mikael, Serge Maggiani, Daniel Martin, Redjep Mitrovitsa, Alexis Nitzer, Robin Renucci, Didier Sandre, Dominique Valadié, Pierre Vial, Gilbert Vilhon, Antoine et Jeanne Vitez, Jean-Marie Winling,… Dans la scénographie et les costumes  de Yannis Kokkos, la musique de Georges Aperghis et les lumières de Patrice Trottier…

  »Quand tout sera passé, disait-il en 1985, on regardera ce temps-ci, ces trente ou quarante années, comme un âge d’or du théâtre en France. Rarement, on aura vu naître tant d’expériences et s’affronter tant d’idées sur ce que doit être la scène, et sur ses pouvoirs. Illusion ou allusion, culte du sens ou détournement, relecture ou dépoussiérage des classiques, vertu révolutionnaire ou dérisoire innocuité, fiefs et baronnies de théâtre, légendes des grands hommes, publics sans théâtre, théâtre sans public, tout cela mêlé dans la confusion. »

La représentation au festival d’Avignon commençait à 21h et finissait 9 à h du matin avec quelques entractes. Il nous souvient que le jour de la première -sans doute une étudiante- avait réussi pour ne pas payer sa place, à s’introduire en lousdé dans la Cour d’Honneur (heureux temps!). Elle eut affaire à deux flics dépêchés par les ouvreurs mais refusa catégoriquement de quitter son siège; de guerre lasse, la représentation, devant absolument commencer,  les flics renoncèrent… Elle avait gagné et put rester  jusqu’au bout pour voir la mise en scène mythique de cette pièce écrite il y a déjà un siècle et publiée en 1929. Et seulement montée jusque-là par Jean-Louis Barrault à la Comédie-Française en 1943. Sur le thème de l’amour impossible comme dans ses pièces précédentes Partage de midi et L’Annonce faite à Marie.

Dans le cadre de la Nuit Blanche le 5 octobre mais  de 9h 30 à 21h 30,   le film du Soulier de satin sera projeté le 5 octobre au Conservatoire Paul Dukas,  51 rue Jorge Semprun,  (donnant dans la rue du Charolais), Paris XII ème : ATTENTION: Réservation obligatoire :  https://www.weezevent.com/le-soulier-de-satin

Philippe du Vignal

 

V Theater à Las Vegas (suite)

V Theater à Las Vegas (suite)

The Crazy Gauchos

Anciennement Los Latin Cowboys, les Crazy Gauchos sont un duo argentin fondé en 1984 par le créateur et producteur italo-argentin Jorge Di Paola. Première apparition à Las Vegas en 1992 dans Splash au Riviera pendant huit ans!, puis au Flamingo, au Plaza, au Sands, etc. puis au Planet Hollywood.

Eduardo Lome et Hugo Latorre incarnent des gauchos, version sud-américaine des cow-boys. Ce divertissement remonte à une vieille coutume de l’époque des conquistadores espagnols: deux gauchos se livrent « une bataille », accompagnés d’un bombo, (grand tambour précolombien), et d’un boleadoras, une arme de chasse avec deux cordes et une boule de pierre ). En suivant le rythme complexe du tambour, le gaucho qui  balance cette arme en en contrôlant le rythme avec une danse à claquettes. Cette danse traditionnelle autour des feux de camp dans les voyages et les parties de de chasse, était aussi une forme de compétition entre gauchos. Un homme interprète une danse avec des poses et son adversaire essaie d’en répéter les mouvements en y ajoutant d’autres de son choix ; cela se poursuit jusqu’à ce qu’il ne puisse plus en copier la chorégraphie complète.
Oui, mais voilà cette première attraction est une catastrophe. Malgré l’indéniable maîtrise de leurs instruments, cette petite comédie, navrante et vulgaire, dure une éternité! On ne comprend vraiment pas comment ce duo a pu réussir à Las Vegas aussi longtemps avec un tel numéro qui n’a pas bougé d’un iota. Ou l’art de se reposer sur ses lauriers et se satisfaire de la médiocrité pendant plus de quinze ans !

 Yasu Yoshikawa

Iouri et Gabor 4 - copieCe gymnaste japonais, onze fois champion du monde de roue Cyr, est l’un des récents derniers dans la distribution de V Theater.  Il a commencé à faire du sport  à l’Université puis a suivi une formation, tout en étant enseignant à Nara, au Japon. Il donnait en parallèle des cours d’initiation à la gymnastique sur roue et puis gagna sa vie avec cette discipline, en montant un numéro…

Inventée en 1998, la roue Cyr est une discipline circassienne. Son inventeur, Daniel Cyr  a fondé le Cirque Éloize en 1993 et a développé tout un vocabulaire technique autour de cette roue: un grand anneau en acier ou aluminium et d’environ dix cms de plus que l’acrobate. La base : une « valse », mouvement giratoire décrit comme un tourbillon de pirouettes à répétition et semblable à celui d’une pièce de monnaie tournant sur la tranche.

Une excellente performance… Yasu Yoshikawa commence par faire du hula-hoop avec une séries de cerceaux devenant de plus en plus petits et passe au travers en se contorsionnant. Il tourne ensuite à l’intérieur puis réalise des figures avec effet de fluorescence. Enfin il se met debout sur sa roue ! Ce comédien facétieux ne se prend pas au sérieux, ce qui donne un contre-poids intéressant aux mouvements techniques d’une grande difficulté qu’il réalise.

 Jason Byrne 

Jason Byrne 1 - copieNé à Fribourg (Suisse), il part très tôt vivre aux Etats-Unis à Windsor (Ontario) et à six ans, commence à s’intéresser à la magie à Rocky River (Ohio), un jour de Noël. Sous le sapin, il y avait un cadeau de son grand-père, une boîte qui faisait disparaître un petit lapin en éponge qui réapparaissait sur ordre du magicien. Jason Byrne se passionne vite pour cette discipline merveilleuse, en regardant le cousin de sa mère faire des tours dans les réunions familiales et en fréquentant assidûment un magasin de magie près de chez lui. Ses parents encouragent cette passion et lui offrent des cours avec Johnny Ould, un magicien spécialisé en magie pour enfants. 

Il rencontre ensuite l’illusionniste Scott Rawlings (Steven Scott) et le magicien Jerry Deneweth. À quatorze ans, il devint l’assistant de Rawlings qui lui apprend les bases de l’illusion et de la manipulation. Son troisième professeur, Deneweth, est propriétaire de la Calvacade of Magic Shop. Jason Byrne rencontre le magicien Brett Daniels qui l’aide à construire son futur numéro qui lui vaudra les premières places au Michigan Magic Day en 1989, au Abbott Get Magic, au Columbus Magi-Fest et au Magie Montréal. Puis il rencontre aussi le légendaire Channing Pollock en 1991: c’est le départ d’une nouvelle carrière et d’une reconnaissance internationale. A vingt-et-un ans, embauché au Magic Castle à Hollywood, il devient vite un habitué des restaurants-théâtres de la région et en 1997. Il fait la couverture du Magic Magazine et est nommé un an plus tard, Magicien de scène de l’année, par l’Academy of Magical Arts…

Jason Byrne s’est produit partout: au Japon, à Hong Kong, en Chine, à Taïwan, en Allemagne, au Canada, aux Pays-Bas, en Espagne et en France… Il s’installera définitivement à Las Vegas au milieu des années 1990 et apparaîtra dans une vingtaine -un nombre record- d’hôtels-casinos dans des revues ou spectacles de variétés...puis au Planet Hollywood. Il fait depuis 2004 dans le spectacle V, son numéro Post Modern Magic, où il renouvelle une discipline populaire de la magie classique : l’apparition d’oiseaux…

Mais il introduit de nouveaux accessoires comme des écharpes, origamis, argile et même yo-yo pour faire apparaître colombes et perroquets. Elégante, gracieuse, rythmée et techniquement parfaite, ce numéro est influencé par le maître en la matière, Channing Pollock. Mais Jason Byrne apporte une vraie plus-value grâce à une gestuelle très précise et originale de tous ses mouvements. Costume et accessoires aux belles couleurs accentuent le symbolisme des effets magiques de ce numéro parfait.

 Kellie Eastwood

Née dans une famille d’artistes. Mère: Heidi Eastwood, danseuse et acrobate, père: Wally Eastwood, jongleur de renommée mondiale et présentateur de V. (voir l’article précédent sur ce spectacle dans Le Théâtre du Blog). Dans une numéro d’imitation, elle interprète en play-back des chansons. Costumée en Prince, Justin Bieber, Michael Jackson, Bruno Mars, Britney Spears, Lady Gaga, Katy Perry et Beyonce… Pour passer d’un artiste à un autre, elle utilise le « quick-change » et elle assure la chorégraphie, accompagnée par des danseurs qui l’aident à changer de costume. Le numéro se termine avec trois changements de robe successifs derrière les grandes ailes d’un ange…

Ce numéro, créé il y a un an,  n’est pas rodé: les phases de transition entre personnages manquent de fluidité et certains changements de costume sont approximatifs ou trop longs. Bref, il y a encore du travail en perspective…

Russ Merlin 

Avant de s’installer définitivement à Las Vegas, le jongleur, magicien et comédien s’est produit un peu partout dans le monde dans des théâtres et casinos, sur des navires de croisière… Il travaille ensuite à Atlantic City, avant de rejoindre la capitale du Nevada comme attraction dans plusieurs hôtels-casinos,  avant de poser ses valises au Venetian et au Planet Hollywood avec V, dont il est un des piliers avec Wally Eastwood.

A la fin des années 1990, Russ Merlin abandonne la jonglerie et la magie pour  créer un numéro qui devient vite un succès public et commercial jusqu’à aujourd’hui. Son Random act mélange comédie, marionnettes et participation active du public. Il demande à quatre volontaires de s’asseoir sur des chaises disposées en ligne et affuble chaque spectateur d’un masque caricatural. Il leur demande de faire un geste précis à chaque fois qu’il leur tapera sur l’épaule (OK, avec les pouces, Moyen, avec la main droite, faire coucou et envoyer un baiser, jouer au chef d’orchestre)… Russ Merlin joue avec ces volontaires comme avec des marionnettes et leur donne ensuite trois ballons à gonfler dans une sorte de concours joué d’avance mais les dés sont pipés (le dernier spectateur étant le bouc émissaire de la séance). Un divertissement qui fait participer tout le public, sans ridiculiser les volontaires: une valeur sûre de Las Vegas.

Iouri et Gabor

Ils ont voyagé dans les plus grands cirques du monde, avant de rejoindre les revues à Las Vegas. Iouri vient d’une école d’acrobatie russe et fait partie du cirque de Moscou. Gabor a travaillé à Budapest et dans d’autres villes de Hongrie et a été membre du Cirque international hongrois. Ils sont allés aux États-Unis après avoir reçu le prix Ringling. Ces athlètes présentent une performance parfaite de main à main avec des équilibres défiant les lois de la pesanteur. Un numéro d’une incroyable démonstration de force, endurance et précision, avec des mouvements très difficiles et sans effort apparent, qui captivent le public. Cette discipline s’est démocratisée au début des années 2.000 et il faut être le plus original et le meilleur pour sortir du lot. Iouri et Gabor nous offrent un moment rare où l’exigence physique, la concentration et la confiance entre artistes sont indispensables. Fin du spectacle avec ce numéro parfait.

Le public est ensuite invité à rejoindre la sortie où les attendent tous les artistes de la soirée, Wally Eastwood en tête qui essaie de vendre ses DVD. Puis tous prennent place sur une étrange estrade comme des mannequins dans une vitrine que l’on a juste le droit de regarder…Comme tout spectacle avec enchaînement de différents numéros, le résultat est donc inégal.  On est obligé de juger malgré soi, que l’on ait aimé ou non ; c’est la règle du jeu et il en faut pour pour tous les goûts. A part les Crazy Gauchos dont le numéro n’a pas sa place à Las Vegas, l’ensemble est de bonne facture  et d’une grande diversité et de vrais beaux moments. Pour un prix modique, comme toutes les productions Saxe, le spectacle est au rendez-vous et le public ne s’y trompe pas en venant depuis dix-huit ans !

 Sébastien Bazou

 Spectacle vu au V Theater, Planet Hollywood  à Las Vegas.

 

V, The Ultimate variety Show de David Saxe

V The Ultimate Variety Show - copieV, The Ultimate variety Show de David Saxe

Un spectacle familial par excellence dans la tradition de la variété et des plateaux d’artistes et présenté  la première fois au Venetian en 2001. Trois ans plus tard,David  Saxe ouvre son propre théâtre pour accueillir cette création et développer d’autres productions. Il choisit le Planet Hollywood. L’Ovation Theater, qui deviendra vite le V Theater, est né…

Une douzaine de numéros composent ce spectacle avec sept numéros qui changent selon la disponibilité des artistes. Présenté depuis sa création par l’indéboulonnable jongleur et comédien Wally Eastwood, dont le charisme et la complicité avec le public font de lui une valeur sûre. David Saxe est né dans le milieu du spectacle : mère danseuse dans la revue historique des Folies Bergère et père saxophoniste dans le célèbre groupe The Rat Pack. Il a grandi dans les coulisses de Las Vegas, aidant à la production de spectacles, organisant des soirées pour les dîners d’entreprise, arrangeant des instruments de musique pour des groupes et allant même jusqu’à concevoir du matériel théâtral pour créer ses propres effets spéciaux.

Ses deux sœurs, Suzanne et Melinda sont aussi devenues artistes. À dix-sept ans, David Saxe produit le premier spectacle de Melinda, « la première dame de la magie », au Bourbon Street Hotel and Casino,  ce qui fait de lui le plus jeune producteur de l’histoire de Las Vegas. Sa carrière décolle rapidement et il ouvre son premier théâtre à San Francisco; à trente ans, il a produit vingt-cinq spectacles sur les scènes d’Atlantic City, du lac Tahoe, de Branson, de Philadelphie mais aussi au Japon.

En 2004, il ouvre le V Theatre à Las Vegas pour accueillir V – The Ultimate Variety Show, toujours à l’affiche aujourd’hui. Et il a produit plus d’une trentaine de spectacles dans cette salle et beaucoup sont magiques : The Mentalist, Marc Savard Comedy Hypnosis, Melinda – the First Lady of Magic, The Magic and Tigers of Rick Thomas, La Femme Magique, Scarlett – Princess of Magic, Showgirls of Magic.

Il inaugurera en 2010 un deuxième théâtre, Le Saxe Theater avec VEGAS! The show, puis Beatleshow et Nathan Burton, Comedy Magic. Au fil des années, David Saxe Productions est devenue la plus grande société de divertissement de Las Vegas. Avec un centre ultramoderne de 20.000 m2 comprenant salles de répétition, département marketing, équipe de graphistes, studios avec écran vert pour incrustations numériques, studios photo et entrepôt d’accessoires…

 Le spectacle commence par la projection vidéo de vieilles images de « visuels » ayant fait de Vegas, la ville de toutes les disciplines de la scène : cirque, magie, comédie, musique… Une tradition qui va revivre ici avec Wally Eastwood comprenant exercices de jonglage et scène de comédie… Wally Eastwood était le plus ancien jongleur comique de l’histoire de Las Vegas. Né en 1964 à Alexandria (Virginie)  dans une famille américano-mexicaine de trapézistes-acrobates sur six générations, Les Padilla, aussi connus au Mexique que les Ringling aux Etats-Unis).

 E9C1033A-D5CC-46C0-9D83-4E19FEAB4BE3Wally Eastwood acquière très vite les techniques de cirque et de gymnastique  et commence à se produire en public à sept ans avec sa famille. Un an plus tard, il porte un costume de gorille dans un numéro comique et de douze à quatorze ans, conduit un monocycle au cirque Carson & Barnes où il rencontre le Canadien Réjean St. Jules qui l’initie au jonglage. Ils travaillent ensemble et à la fin de la tournée, Eastwood participe à la performance de St. Jules. Mais après avoir  chuté de son monocycle, il se concentrera uniquement au jonglage. Et il créera ensuite un premier solo énergique de sept minutes où il associe vitesse et sens du spectacle… Très influencé par son idole, le jongleur allemand Francis Brunn, il unit sa discipline à la danse et donne une touche chorégraphique à son numéro avec pirouettes et sauts périlleux.

 Au milieu des années 1980, le jeune Wally Eastwood tourne dans les grands cirques d’Amérique comme Le Vargas Circus, Le Royal Hanneford Circus ou Le Shrine Circus et se présente comme « le jongleur le plus rapide du monde ». Il fait ensuite une grande tournée mondiale, traversant plus de vingt-cinq pays, avant de poser ses valises à Las Vegas dans les années 90. Le très rapide Wally Eastwood a aussi  la capacité de se connecter avec tout le public, ce qui n’est pas facile pour les jongleurs  qui se concentrent sur leur technique. Présentateur de V.,  Il introduit les différents artistes et présente lui-même trois numéros. En jonglant avec des massues de plus en plus vite. Puis avec des chapeaux, et des balles de ping-pong dans la bouche. Et enfin avec trois balles sur une structure qui crée des sons, puis ensuite avec quatre, sur un synthétiseur qui produit des mélodies différentes.

Les passages sont parfaits et l’artiste a un vrai sens de la comédie. Il ne nous épargne pas ce qui fait la spécificité de la plupart des spectacles à Vegas depuis longtemps : la séquence émotion et la « success story » du rêve américain… Il nous parle donc de sa famille circassienne, photos de famille à l’appui, et de son passé d’immigré mexicain qui a réussi dans ce magnifique pays que sont les Etats-Unis !

 A suivre..

Sébastien Bazou

Spectacle vu récemment à Las Vegas

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