Electre des bas-fonds, mise en scène de Simon Abkarian

Electre des bas-fonds, texte et mise en scène de Simon Abkarian

©photo Antoine Agoudjian

©photo Antoine Agoudjian

Un spectacle du Théâtre du Soleil pour la première fois signé par un autre metteur en scène qu’Ariane Mnouchkine, la directrice et dont Simon Abkarian a été longtemps le collaborateur.  « Il revient, le bienvenu, dit-elle, dans nos murs qui ont vu, en lui, l’acteur s’épanouir. Avec une histoire épouvantable de vengeance têtue qui aurait pu finir autrement, s’il n’y avait pas ce terrible mauvais choix qui préside à toute tragédie. grecque ou pas. Antique ou moderne. Leurs mauvais choix, ou pire, le nôtre. Venez, venez le voir, lui et ses amis. Et puis, ne dit-on pas qu’assister à une tragédie au théâtre, enseigne à éviter de la subir dans la vie ? »

C’est une pièce avec une importante distribution dans la lignée des spectacles du Soleil: quatorze comédiennes et six acteurs-danseurs. Cela se passe dans le quartier le plus pauvre d’Argos en Grèce, le premier jour du printemps, celui où on célèbre la fête des morts. « Prostituées, serveuses, esclaves, tous se préparent pour le grand soir, dit Simon Abkarian. Les meilleurs musiciens sont là. Mais la fête va se refermer comme un piège sur Clytemnestre et son amant Egisthe. Électre des bas-fonds est conté comme une fable, mais à l’envers et le chœur donne sa puissance aux histoires individuelles. Rock’n’roll et blues sont les poumons du récit. La danse, elle, continue là où s’arrêtent les mots. »

 Oreste est un jeune homme déguisé en fille avec de longues tresses. Il revient en Argos pour venger son père Agamemnon,  assassiné par Egisthe l’amant de sa mère Clytemnestre qui voulait se venger que le roi ait sacrifié aux dieux  sa fille Iphigénie, pour déchaîner des vents favorables afin que les Grecs puissent aller en bateau  raser  la ville de Troie. Oreste, suivi de son fidèle Pylade, n’est pas reconnu par sa sœur Electre: elle fait partie d’un chœur de prostituées et d’esclaves qui dansent  somptueusement sur une  musique écrite et jouée par le trio des Howlin’cJaws…

Oreste se lamente « J’en ai assez de me fuir moi-même. Apollon me présente une dette que je n’ai pas contractée.  » (…) « Nous nous embrasserons sur les cadavres de nos enfants. Les puissants ne tiennent jamais parole.» Malgré tout, Oreste parviendra au bout d’un long parcours, à réaliser sa vengeance.
Un beau spectacle.

Edith Rappoport

Jusqu’au 3 novembre, Théâtre du Soleil, Cartoucherie de Vincennes, route du Champ de Manœuvre, Vincennes (Val-de-Marne). T. : Individuels : 33 (0)1 43 74 24 08 (tous les jours de 11h à 18h)
Collectivités : 33 (0)1 43 74 88 50 (du mardi au vendredi de 11h à 18h)

Le texte de la pièce est publié par Actes-Sud Papiers.

 


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