Body and Soul, chorégraphie de Crystal Pite

Body and Soul, chorégraphie de Crystal Pite

body-and-soulAprès l’énorme succès de The Seasons’Canon à l’Opéra de Paris en 2016, (voir Le Théâtre du blog), la chorégraphe canadienne y crée une seconde pièce où elle distribue aussi l’ensemble du corps de ballet, privilégiant ainsi le collectif sur l’individuel. Ce spectacle en trois parties est rythmé par les compositions d’Owen Belton qui a collaboré plusieurs fois avec la chorégraphe et par des musiques additionnelles de Frédéric Chopin et Teddy Geiger.

Le premier mouvement en trente minutes, reste le plus novateur avec des variations chorégraphiques autour d’un texte, dit en voix off par Marina Hands, définissant l’espace et les mouvements de Figure 1 et Figure 2  (François Alu et Aurélien Houette) remarquables dans le duo d’ouverture et qui suivent les paroles à la lettre. Puis tous les danseurs investissent le plateau et, à l’exception de Figure 1, reprennent en chœur les gestes de Figure 2. Suivent, en alternance, des duos avec l’étoile Ludmila Pagliero et la première danseuse Marion Barbeau, et des mouvements de groupes harmonieux, véritables vagues humaines. Un première partie, belle et surprenante, qui a le même pouvoir hypnotique que The Seasons’Canon.

Il y a quelques longueurs dans  la deuxième partie de vingt-sept minutes: sur le plateau nu de l’Opéra Garnier, suivent encore plusieurs duos au style néoclassique dont celui des étoiles Léonore Baulac et Hugo Marchand. Accompagné par la musique de Chopin, ces courtes séquences bénéficient d’un beau rétro-éclairage de Tom Visser qui signe la création-lumière. La troisième partie -dix-sept  minutes- en décalage par rapport aux précédentes, nous emmène dans une grotte dorée rappelant celle d’Alcandre, le magicien de L’Illusion Comique de Corneille ; en émerge un groupe d’insectes dansé par l’ensemble de la troupe et commandé par une sorte de Yéti aux longs poils (Takeru Coste).

Nancy Bryant a costumé les interprètes avec une combinaison noire recouvrant leur tête et a prolongé leurs bras avec deux prothèses. Cette tribu danse avec une esthétique sûre mais sans que l’on y trouve un véritable sens. Dans le livret-programme de Body and Soul, on découvre un texte de Jules Michelet écrit en 1858 à propos des insectes. «Vivant dans un monde de combat, l’insecte avait grand besoin de naître armé de toutes pièces.» Un combat, ici dénominateur commun de ce travail qui, selon la chorégraphe, engendre une tension vitale du corps. Très esthétique et même bien très dansé par le ballet de l‘Opéra, Body and Soul reste peu lisible à cause du manque de lien entre les trois parties… Dont nous sortons déçus car nous en attendions sans doute trop. Le public, lui, est resté fidèle à la chorégraphe et réserve chaque soir un beau succès à sa création.

Jean Couturier

Jusqu’à 23 novembre (en alternance), Opéra-Garnier, Place de l’Opéra, Paris (IX ème). T. :  08 92 89 90 90.

 

 


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