Wuzhen Theatre Festival 2019

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Wuzhen Theatre Festival 2019

Le plus grand festival de théâtre en Chine se déroule sur dix jours dans une cité lacustre historique qui a conservé le charme de cet ancien bourg de la fin de la dynastie Qing situé à cent quarante kms de Changhaï.  Avec des maisons  aux bords de la rivière et des berges reliées par de petits ponts en pierre où se massent des centaines de touristes qui y font des selfies. Douze théâtres, dont un en plein air au bord de l’eau, le Water Theatre, servent d’écrin à cet événement.

Cette année, vingt-quatre spectacles, pour moitié étrangers, étaient invités. Il y avait aussi un festival off avec une centaine de spectacles de rue et un concours de jeunes compagnies, et  quelque mille quatre cents artistes. La France était représentée par Why ? écrit et mis en scène par Peter Brook et Marie-Hélène Estienne, créé en juin dernier au Théâtre des Bouffes du Nord, (voir Le Théâtre du Blog). Et par Zigmund Follies de Philippe Genty pour  quatre représentations. Le metteur en scène a dirigé avec son épouse Mary Genty et le comédien Eric de Sarria, un atelier de manipulation d’objets et marionnettes pour comédiens professionnels.

Cinq stages, dix lectures et quatorze rencontres et tables rondes ont été aussi programmés. Les spectacles français ont affiché complet, comme la plupart de ceux venus de l’étranger: le public chinois demeure avide de nouvelles esthétiques. Nous avons découvert Paradise Lost in darkness (en chinois surtitré en anglais) dans le très bel Ancient Courtyard Theatre dont la salle est couverte de fines gravures en bois doré. C’est une surprenante  adaptation de Frankenstein, la nouvelle de Mary Shelley, mise en scène par Ding Yiteng. Très influencé par l’enseignement reçu chez Eugenio Barba au Danemark, ce jeune créateur  n’hésite pas à développer un travail plein de bruit et de fureur: les comédiens surjouent mais le public, surtout chinois, a beaucoup apprécié.

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Dans un registre minimaliste, un autre spectacle chinois, When my cue comes, call me and i will answer,  chorégraphié par Wang Mengfan qui, elle, a demandé à  un danseur de quatre-vingt un ans de retrouver ses mouvements du passé, mémorisés dans son corps. Touchant et parfois pathétique… La pièce japonaise Dots and Line and the cube formed. The many different worlds Inside and Light, nous emmène, grâce à la direction d’acteurs de Takahiro Fujita, dans un fait divers réel : la disparition d’une adolescente dans une forêt, en 2003. Enfin, au Water Theatre, nous avons vu un très beau spectacle polonais inspiré de The Fairy Queen, musique d’Henry Purcell, inspiré du Songe d’une nuit d’été et mis en scène par Michal Znaniecki qui a ajouté à la pièce de Shakespeare des textes d’Adam Mickiewicz et de Juliusz Słowacki. Les acteurs-chanteurs, parfois en déséquilibre sur des barques ou sous un déluge de jets d’eau, déploient une intense énergie. Les spectacles de Stan Lai et de Meng Jinghui cofondateurs et directeurs artistiques de ce festival, ont jalonné ces dix jours…

Jean Couturier

Le Wuzhen festival a eu lieu du 25 octobre au 3 novembre.

 


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