Kaoriptease # 1 de Kaori Ito

Kaoriptease # 1 de Kaori Ito

©Josefina Perez Miranda

©Josefina Perez Miranda

Cette scène parisienne, ouverte en 1873,  l’un des cafés-concerts les plus courus sera, soixante ans plus tard, transformée en un  splendide cinéma style Art déco  et,  en 1977, le premier multiplexe  porno de la capitale avec cinq écrans et huit cent fauteuils *… En ruines depuis 1999, La Scala Paris, rachetée par Mélanie et Frédéric Biessy et complètement rénovée, devient un théâtre à l’automne dernier (voir Le Théâtre du blog).

Les Minuit Shows  se veulent un clin d’œil au passé sulfureux du lieu. Dans ce cadre, la danseuse japonaise présente une série de performances érotiques : «Quand la Scala m’a parlé des Minuits Shows, j’ai tout de suite pensé à partager mon histoire sexuelle avec le public. J’ai travaillé dans un magasin de vidéos pornos quand j’étais étudiante au Japon et j’ai pu y observer beaucoup de phénomènes sexuels.» Pour installer une ambiance feutrée, Kaori Ito invite les spectateurs à s’asseoir près de la scène et part à leur rencontre, en leur posant des questions parfois indiscrètes sur leur vie intime, qu’ils soient en couple ou célibataires… Chacun se prend au jeu et les réponses sont aussi variées que cocasses… La glace est rompue et, avec une pudique impudeur, Kaori Ito nous raconte ses premières aventures amoureuses. Elle en a vu de toutes les couleurs et a pu observer les us et coutumes des différents pays où elle a séjourné. «Le sexe, c’est compliqué !» ironise-t-elle. Elle épingle en particulier ses concitoyens et leur goût étrange pour les poupées et les robots érotiques. De la mise en boîte, elle passe à la mise en gestes. Une danse d’une ingénue perversité, à la fois gracieuse et drôle, accompagnée par le saxophoniste Peter Corser et des bruitages additionnels de spectateurs, gentiment mis à contribution, au micro.

Dans ce registre, on connaissait les talents d’interprète et de chorégraphe de Kaori Ito. Ici, avec ces paroles improvisées en public, on retrouve l’humour et la délicatesse qu’on a pu apprécier dans Plexus (2014), un solo d’Aurélien Bory où elle jouait une poupée érotisée ou, la même année, dans Asobi (Jeux d’adultes) sa propre pièce, très coquine, où elle se livrait déjà à un effeuillage ludique… Au terme de cette soirée décapante, la danseuse nous invite l’année prochaine à un deuxième Kaoriptease, différent, promet-elle. Une performance légère et pimentée  qui nous met en appétit pour la reprise, à la Scala, d’Embrase-Moi, coécrit et dansé avec Théo Touvet et deuxième volet d’une trilogie autobiographique comprenant Je danse parce que je me méfie des mots (2015) et Robot, l’amour éternel, un solo créé l’an passé. Pour l’automne prochain, elle prépare Chers une pièce pour six interprètes, .

 Mireille Davidovici

Spectacle vu le 22 novembre à la Scala, 13, boulevard de Strasbourg, Paris XX ème.. T. 01 40 03 44 30.

Kaoriptease # 2 le 30 janvier à minuit et Embrase-moi à partir du 15 février.

D’autres Minuit Shows sont en cours de programmation pour 2020.

*La Folle Histoire de la Scala est publié chez Actes-Sud.

 

 


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