Casino de Namur I, texte, mise en scène et interprétation de Philippe Caubère

Casino de Namur I, deuxième volet d’Adieu Ferdinand ! Suite et fin, texte, mise en scène et interprétation de Philippe Caubère

©Michèle Laurent

©Michèle Laurent

C’est énorme : des années d’écriture, depuis 1981 pour La Danse du diable qui a ravi des générations de spectateurs, Le Roman d’un acteur, avec onze spectacles de trois heures chacun, L’Homme qui danse: huit spectacles et maintenant Adieu, Ferdinand ! Une œuvre qui a sans doute occupé presque toute la carrière du comédien.
« Entre,dit-il Tintin et A la Recherche du temps perdu. » Car il fait tout lui-même, à la main, sur scène. Il a ses alliés, ses complices : Jean-Pierre Tailhade au début, puis Clémence Massart, Véronique Coquet et son frère Pascal Caubère mais il porte tout sur ses épaules et décide. « L’une des règles immuables du Roman d’un acteur, c’est peut-être d’abord celle-là : ne jamais obéir quand on me demande de couper ! On me l’a toujours demandé et j’ai toujours refusé. On ne se coupe pas un doigt,  parce qu’on a de grosses mains. C’est à moi, par le jeu, par le travail du jeu à faire, qu’au bout d’un moment, les longueurs n’en soient plus. » Nous voilà dans le vif du sujet et précisément dans Le Casino de Namur I : le jeu ne fonctionne plus et la morne plaine s’étire. Ferdinand n’a pas grand-chose à dire de lui-même dans la situation où il se trouve, sinon son embarras et son envie d’être ailleurs que chez ces céréaliers belges qui persécutent sauvagement leur fils apprenti-comédien…

 Ça fait une situation, une seule. L’humour tari, reste le sarcasme, lui aussi limité par la situation inchangée et la caricature répétée de ces brutes. Quelle ressource trouver ? Le malentendu, avec Bruno, le célèbre alter ego ? Le comique de répétition ? Dernier recours : le pipi-caca, plus régressif que transgressif. Qui fait rire un peu et puis de moins en moins. Une blague qu’il faut expliquer n’est plus une blague, ou alors il fallait improviser, activer le génie du ratage. Quand le danseur ne danse plus, sans inventer la gestuelle inédite de sa fatigue, cela devient pesant. Philippe Caubère reste un mime de qualité et vaillant mais cela suffit-il pour une longue soirée au théâtre ? Le tout récolte à la fin, les applaudissements modérés d’un public a priori bienveillant, mais déçu et plus que perplexe.
Voilà : non, une œuvre n’est pas un corps ; oui, il faut parfois couper. Ou passer à autre chose : reprendre le cycle Sud, André Benedetto, André Suarès, des poètes.

Christine Friedel

Théâtre du Rond-Point, 1 avenue Franklin-Roosevelt, Paris (VIII ème), jusqu’au 5 janvier. T. 01 44 95 98 21.

 

DAROU L ISLAM |
ENSEMBLE ET DROIT |
Faut-il considérer internet... |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Le blogue a Voliere
| Cévennes : Chantiers 2013
| Centenaire de l'Ecole Privé...