Malcom X Retour d’Afrique, réalisation de Régis Hébette à partir des discours et interviews de Malcolm X

Malcom X Retour d’Afrique , réalisation de Régis Hébette à partir des discours et interviews de Malcolm X

79166176-0DEF-430D-BBAF-FC5D8DC4C594Une belle évocation avec des extraits de textes des années soixante de cet homme politique et prédicateur d’exception des « black muslims » jusqu’au début des années 60, Malcolm X (1925-1965)   les derniers mois de sa vie, adopta une positions plus politique pour internationaliser la lutte des noirs américains et la relier à celles des peuples colonisés en quête d’indépendance.

Accompagnés par des compositions de Berry Hayward pour un chœur de vingt enfants et adultes et pour de grands musiciens  professionnels dont Steve Potts, au saxophone, Jean-Yves Roucan, aux percussions et Zacharie Abraham, à la contrebasse, Lounes Benfares, Elton Duarte, Elodie Floret, Abdallah Mehanneche, Sofiane Rollier, Mamadi Soukouna, Samba Tourécinq, de jeunes amateurs de Bagnolet portent la parole de cette figure mythique de la libération des  Noirs et de la lutte universelle pour l’ égalité enter les hommes.

«Notre vrai nom a été détruit pendant l’esclavage.  Ecoutez et pensez par vous-mêmes, avant de former votre jugement. Ils travaillaient pour rien. » (…) « Toute ségrégation est criminelle. Je vous dit de tuer ce chien. « (…) « Personne ne vous donnera l’indépendance, la justice et le liberté. Il faut la prendre. » (…) « Il ne suffit pas d’être assis à table pour dîner. Ce n’est pas un rêve américain que je vois, mais un cauchemar américain !  Harlem est un Etat policier ! »

L’évocation de Malcom X est portée par un travail collectif étonnant qui a été mené pendant plusieurs mois à Bagnolet. Nous revivons les grandes heures de la lutte pour la cause des Noirs toujours à mener dans un pays où comme tant d’autres, le racisme est loin d’avoir disparu.

Edith Rappoport

Spectacle vu le 29 novembre à L’Echangeur, 59 avenue du Général de Gaulle  Bagnolet (Seine-Saint-Denis). T. : 01 43 62 06 92.


Archive pour 3 décembre, 2019

40° sous zéro / L’Homosexuel ou la Difficulté de s’exprimer et Les Quatre Jumelles de Copi, mise en scène de Louis Arène

40° sous zéro/L’Homosexuel ou la Difficulté de s’exprimer et Les Quatre Jumelles de Copi, par le Munstrum Théâtre, mise en scène de Louis Arène

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© Darek Szuster

Il fallait le culot de ses compatriotes argentins en exil comme Alfredo Arias avec son groupe TSE, pour monter, de son vivant, les pièces de Copi. Ou un Jorge Lavelli qui fit sensation avec Les Quatre Jumelles en 1973, au Palace. Depuis, d’autres se sont emparés de ce théâtre inclassable mais toujours aussi mordant. Une langue laconique, avec jurons et blagues salaces, qui requiert une grande vélocité des interprètes.

Dans L’Homosexuel ou la Difficulté de s’exprimer, un triangle amoureux… Déportées en Sibérie, Madre et sa «fille» Irina vivent dans une maison perdue dans la steppe «par quarante degrés en-dessous de zéro», entourées de loups. Madame Garbo, la professeur de piano d’Irina, tombée amoureuse de son élève, déboule et bravant l’ultra-violence de Madre, va  essayer d’emmener Irina en Chine. Mais elles ne partiront pas. Madame Garbo dit avoir  «un sexe d’homme » qu’on lui a greffé malgré elle, à Casablanca. Dans cette même ville, Madre et sa fille ont changé de sexe mais, elles, de leur propre chef. Un chien passe, dévorant tout sur son passage… Ni hommes ni femmes ou les deux à la fois, ces bannis de la normalité, à l’identité sexuelle incertaine, entretiennent des rapports brutaux, brouillés par des questions de parenté.

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© Darek Szuster

Une «grande folle» en majesté, prélude à ce diptyque, dans un décor unique composé de parois mouvantes en tissu blanchi, évoquant un repaire gelé et ouvert à tous vents. Des demi-masques très fins déforment légèrement crânes et visages, et cette seconde peau conserve aux traits, leur plasticité. Pour appuyer le caractère louche et excentrique des personnages, les comédiens,  affublés de faux culs et faux seins, portent des tenues démesurées, avec accessoires de bric et de broc ou décalés, comme ces raquettes de tennis pour marcher dans la steppe ou ces patins à glace pour glisser sur la « blanche » des Jumelles.

Coiffes et maquillages outrés gomment encore davantage les différences entre les sexes. Les corps se démembrent, les viscères se répandent, le sang gicle et le décor se désagrège dans une surenchère d’effets grand-guignolesques. Les acteurs, avec une énergie sans limites, nous entraînent dans un univers interlope et fantasmagorique. Ils donnent un élan joyeux à l’humour noir de Copi dans ce spectacle à l’esthétique particulière: derrière la beauté et le factice des apparences, sous les costumes chatoyants, plumes et paillettes, les êtres se décomposent.

Copi n’hésitait devant rien pour déstabiliser l’ordre bourgeois et hétérosexuel et pour, entre scatologie et sado-masochisme, interroger les notions de normalité. Sous cette avalanche d’images et gags forcenés, s’ouvrent les portes d’un enfer: celui des « backrooms », des pissotières et du sida (qui emporta Copi). Louis Arène et les comédiens  du Munstrum Théâtre, en mêlant kitch, cruauté et exhibitionnisme, mènent les situations au-delà de l’absurde, rendent le sordide délirant et poétique, loin de toute vulgarité. Ils exploitent à fond, la veine comique de la pièce, et le public, nombreux et reconnaissant, applaudit à ce périlleux exercice…

Mireille Davidovici

Le Monfort Théâtre, 106 rue Brancion, Paris (XVème). T. : 01 56 08 33 88.

Du 30 janvier au 1er février, Scène Nationale de Chateauvallon (Var) ; le 28 février, Théâtre de Châtillon (Hauts-de Seine). Le Théâtre complet de Copi est publié aux éditions Christian Bourgois.

Le Jour où j’ai appris que j’étais juif, de et par Jean-François Derec, mise en scène de Georges Lavaudant

Le Jour où j’ai appris que j’étais juif,  de et par Jean-François Derec, mise en scène de Georges Lavaudant

171E9711-C0FE-4D86-BB99-F10035D02B6DReprise de ce spectacle joué un peu partout avec grand succès… Cela se passe à Grenoble où  l’auteur et interprète a dix ans. Christine, une copine d’un an plus âgée, propose de lui montrer ses seins, s’il baisse son pantalon. Timide, il refuse et elle lui dit alors: « Je sais pourquoi tu ne veux pas me le montrer. Parce que tu es juif et que tu as le zizi coupé en deux ! »

« Le ciel, dit-il, m’est tombé sur la tête. Ma mère était-elle au courant qu’elle avait mis au monde un enfant juif ? Devais-je le lui dire? Comment arrêter d’être juif et devenir un vrai Grenoblois comme tout le monde. » Jean-François Derec ne comprenait pas bien les réflexions de cette mère venue de Pologne qui en avait gardé un accent inimitable. Comment peut-on être juif, qu’est-ce que cela veut dire? Cette mère protectrice couvait son fils bien aimé sans pouvoir lui expliquer ses origines.

Un solo remarquablement interprété par l’un et mis en scène par l’autre, ancien directeur du Centre Dramatique National de Grenoble, tous deux anciens  élèves de la même école primaire  de cette ville.  Un spectacle plein d’humour et salutaire qui provoque des éclats de rire bienfaisants…

Edith Rappoport

Théâtre de l’Archipel, 17 boulevard de Strasbourg, Paris (X ème), jusqu’au 12 janvier. T. : 01 73 54 79 79.

 


 

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