La Pastorale, musique de Ludwig van Beethoven, chorégraphie de Thierry Malandain

La Pastorale, musique de Ludwig van Beethoven, chorégraphie de Thierry Malandain avec le Malandain Ballet de Biarritz

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Jean Couturier

Commande de l’Opéra de Bonn,  la ville natale de Beethoven, à l’occasion en 2020 du deux cent cinquantième anniversaire de sa naissance, cette création très réussie surprend par sa première partie intense et sombre. La Cantate op. 112 et des extraits des Ruines d’Athènes ouvrent et ferment cette Symphonie n° 6 dite Pastorale.

Le chorégraphe enferme son personnage central, dansé par Hugo Layer, dans une structure quadrillée de barres métalliques. Une scénographie qui induit une danse esthétique, avec un beau travail de lumière de François Menou. Elle pourrait symboliser la surdité du musicien qu’il cachait à ses proches et qui l’isolait dans un monde intérieur. Beethoven entend chanter en lui la musique qu’il écrit. Thierry Malandain prend plus de risques qu’auparavant et dit qu’il voit se dessiner des mouvements chorégraphiques quand, en fermant les yeux, il entend cette musique. A un moment très intense, Hugo Layer, de noir vêtu, tourne tête baissée autour de sa prison comme un autiste, alors que les autres interprètes en robe grise, luttent pour s’en échapper…

 Puis  changement radical de costumes signés Jorge Gallardo. Des robes blanches qui rappellent celles d’inspiration hellénique de la Suite en blanc de Serge Lifar créée à l’Opéra de Paris en 1943. Thierry Malandain, pour donner corps à cette célèbre symphonie, se dit influencé par des œuvres artistiques inspirées de la Grèce Antique. Une partition  selon lui «empreinte de sérénité et foncièrement idéaliste. On peut y voir les sentiers fleuris de la pastorale antique, l’innocence et la  tranquillité des premiers temps. Ou bien encore, planant comme une auréole, les poussières sacrées d’Athènes, citée vénérée, d’âge en âge, par l’imagination des poètes et des artistes pour avoir créé la Beauté. »

L’ensemble est plus léger que dans la première partie, un rêve avec une danse néoclassique. Nous retrouvons ici le savoir-faire du chorégraphe pour diriger ses vingt-deux interprètes Les mouvements de groupe, en particulier les alignements, sont d’une extrême précision comme les  fusions et éclatements des corps, tous d’une belle fluidité. Avec des références aux Jeux Olympiques de Berlin en 1936 ou aux poses lascives des élèves d’Isadora Duncan. La dernière partie, marquée par le retour de la structure métallique au-dessus d‘Hugo Layer, magnifie ce danseur fragile et puissant,  et Thierry Malandain impose ici la métamorphose finale du personnage.

Chacun peut interpréter ici ces images selon sa sensibilité mais cette chorégraphie montre une fois de plus l’extrême rigueur du travail de Thierry Malandain qui a été   récemment élu à l’Académie des Beaux-Arts, section chorégraphie aux côtés de Blanca Li et d’Angelin Prejlocaj. Avec cette création, hommage d’une heure dix à Ludwig van Beethoven, il sort du cadre néo-classique qui le caractérise. Une bonne  surprise…

Jean Couturier

Jusqu’au 19 décembre, Théâtre National de la Danse de Chaillot, 1 place du Trocadéro,  Paris (XVI ème). T. : 01 53  65 30 00.

Du 24 au 26 avril, Les Gémeaux, Sceaux (Hauts-de-Seine).
Les 2 et 3 mai, Gare du Midi, Biarritz, (Pyrénées-Atlantiques).

 

 


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