Beloved Shadows, chorégraphie et interprétation de Nach, musique de Koki Nakano

Beloved Shadows,  chorégraphie et interprétation de Nach, musique de Koki Nakano

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© Alan Algee

Le krump, danse urbaine née des émeutes à Los Angeles dans les années 2000, développe une gestuelle codifiée et très virile : frappe du pied (stomp),  balancement des bras (arm swing), mobilité de la poitrine (chest pop), cris et grimaces (gimmicks), autant d’exutoires expressifs à la violence concentrée dans le corps. Le butô, en revanche, se caractérise par des mouvements lents et ritualisés et des torsions sinueuses. C’est donc une danse retenue que propose cette krumpeuse, crâne rasé et poudrée de blanc comme les interprètes de la compagnie japonaise Sankai Juku.

La pénombre livre aux regards son torse nu à la large carrure.  Accroupie devant une structure de trois écrans triangulaires bordés de tubes fluorescents, Nach déploie les bras comme les ailes d’un puissant oiseau. Au rythme de percussions (bruits de verre brisé, craquements) émergeant d’une nappe sonore sourde et continue, elle déplie lentement son corps, se contorsionne et s’affichent des archives de scènes de rue filmées avec un téléphone mobile. Une ombre masculine, masquée de noir comme un marionnettiste du bunraku japonais, fait glisser lentement la structure en plusieurs endroits du plateau…

La danseuse, en interaction avec cette scénographie, jouant de l’obscurité et de la lumière, capture des ambiances éphémères et éprouve dans son corps ces variations de climat. Et elle dialogue avec les quelques vidéos projetées. L’énergie de cette danse urbaine et masculine, couplée avec la sérénité du butô, produit un personnage hybride, à la fois puissant et délicat…  Contraste renforcé quand la performance se poursuit quand Nach est sur des talons aiguille vertigineux ou qu’une lumière fluo rouge érotise le décor. A mi-parcours, Nach, dans un long fourreau blanc, s’ouvre à une gestuelle plus sereine et sur des musiques plus fluides: piano et cordes. Mais ses courbes féminines harmonieuses gardent la puissance de sa danse initiale: «Le butô, son énergie fulgurante dans la lenteur, m’oblige à contrôler mon krump.» 

Chez elle, butô et krump sont compatibles: «L’un comme l’autre sont nés d’une révolte: le krumper gonfle son ego mais le danseur de butô fait le vide pour incarner autre chose. Au Japon, dit-elle, j’ai trouvé quelque chose de l’ordre de la lumière. J’ai eu envie de fouiller dans mes cauchemars et d’y mettre de la lumière.» Beloved shadows, quête poétique à la recherche d’amants fantomatiques, est une étape dans l’itinéraire de l’artiste, compagnonne du Centre Chorégraphique National de La Rochelle. Son style et son esthétique affirmés augurent de belles surprises à venir.

Mireille Davidovici

Spectacle vu le 14 décembre, à l’Atelier de Paris, Cartoucherie de Vincennes Paris 12e  . Métro: Château de Vincennes.

Le  21 janvier, MPAA Auditorium Saint-Germain dans le Cadre du Festival Faits d’hiver ;

Le 24 janvier 19h30 Apéro-découverte avec Nach à la MPAA/La Canopée qui propose un atelier avec la danseuse, pour créer un Sacre du printemps : Sacre 2.020,  programmé le 23 mai à la MPAA/Saint-Germain, dans le cadre des Remontantes, scènes de mai. Et en juin à L’Atelier de Paris,  dans le cadre du festival  June Events.

 

 

 


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