Notre petit Mahabharata par l’Ecole de Pursai et le Théâtre du Soleil

Photo Anne Lacombe

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Notre petit Mahabharata par l’Ecole de Pursai et le Théâtre du Soleil

Programmé avec les toutes dernières représentations d’Une Chambre en Inde, en alternance, le Terukkuttu est une forme traditionnelle de théâtre populaire du Tamil Nadu, un Etat du Sud de l’Inde. Elle raconte les grandes épopées comme le Mahabharata et le Ramayana, auxquelles quelques légendes locales ajoutent dieux et personnages mythiques.

Photo Anne Lacombe

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Le Terukkuttu, encore très vivace dans le monde rural, associe chants, danses et quelques parties parlées, avec une extraordinaire vivacité de tons. Cet art n’a jamais cessé de renouveler, qu’il s’exprime en vers, en chants appuyés sur des ragas ou en prose libre. Les représentations durent toute la nuit, de la tombée du jour à l’aube.

On ne passe pas la nuit à la Cartoucherie mais une belle soirée avec les quatre épisodes du Mahabharata qui relatent la guerre entre les Pandavas et les Kauravas : conquêtes de territoires, jalousies de palais, affrontements entre héros des deux clans mais surtout guerre pour la conquête des femmes au prix de toutes les violences. Grâce à un sur-titrage impeccable, nous suivons alternativement les épisodes présentés par l’Ecole de Terukkuttu de Purisai (La Partie de dés, La Mort d’Abhimanyu), le long épisode repris d’Une Chambre en Inde : Le Dérobement de Draupadi) et à la fin, La Mort de Karna réalisé par le Théâtre du Soleil et tous les artistes de l’Ecole de Purisai.

Après la rituelle salutation à Ganesh qui se met un peu en rogne :   »Pourquoi m’as-tu fait descendre? », le spectacle peut commencer. Un personnage, dit Le veilleur,  introduit les scènes, les commente et parfois les parodie. Il est l’homme du peuple devant ces combats de géants. La guerre, dont les dix-sept premiers jours nous sont contés, met en jeu les rois, les guerriers et les dieux. Il n’est pas nécessaire d’être familier de la mythologie indienne pour s’y retrouver,  tant ce spectacle est total… Emporté par la musique, les chants à répons, les danses virevoltantes et les costumes d’une grande richesse, le public part en voyage. Il s’amuse de voir un monarque perdre son royaume, ses palais, ses femmes, en quelques coups de dés, s’apitoie sur le sort de Draupadi, la femme enlevée et brutalisée  mais sauvée par un subterfuge de Krishna. Et il s’interroge sur le sort des guerriers, jusqu’à l’affrontement final avec le plus grand : Arjuna.

Loyauté, courage et fidélité sont mis à l’épreuve. Les charmes maléfiques de certaines armes magiques ne suffisent pas toujours à assurer la victoire. Comme toute épopée, celle-ci introduit le comique, le bouffon, les blagues, même dans les moments les plus tragiques. Et les dieux ne sont pas les derniers à préférer la plaisanterie. Leur mauvaise foi est totale et les changements d’alliance, la règle.

Les solos, rares mais puissants, s’appuient sur les terribles moments d’abandon de quelques personnages qui voient anéantis leur statut social, leur amour ou  la force de leur bras : ainsi la noble Draupadi, conspuée et enlevée, Arjuna, un guerrier mourant abandonné par Shiva ou le vieux précepteur brahmane que plus personne ne respecte. Les trois heures filent au rythme endiablé des percussions et hautbois tamouls (mridangam et dolak, thalam, mukhaveenai, harmonium), des danses virevoltantes et des chants emmenés par la trentaine d’artistes.

Cette forme traditionnelle d’art populaire indien est un bijou de drôlerie, d’humanisme et de poésie. Le théâtre du Soleil clôture en beauté avec ce grandiose Notre Petit Mahabbharata, l’aventure d’Une Chambre en Inde en pays tamoul. Hommage rendu à cet art traditionnel qui a irrigué la création d’Ariane Mnouchkine et a fédéré sa troupe en Inde et à La Cartoucherie.

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Marie-Agnès Sevestre

Théâtre du Soleil, La Cartoucherie, route du Champ de manœuvre, Paris 75012.

Notre Petit Mahabbharata, les 27, 28 et 29 décembre

Une Chambre en Inde, du 18 au 22 décembre et le 29 décembre.

 

 

 


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