Dans ma Maison de papier, j’ai des poèmes sur le feu, de Philippe Dorin, mise en scène de Julien Duval

 Dans ma Maison de papier, j’ai des poèmes sur le feu de Philippe Dorin, mise en scène de Julien Duval  

© Pierre Planchenault

© Pierre Planchenault

Elle s’endort, petite fille et se réveille avec des cheveux blancs. Avant de se coucher, elle a rangé ses jolis souliers qui vont la mener loin : à son rendez-vous avec la mort… qui a plutôt bonne figure : celle d’un Promeneur discret (Carlos Martin) environné d’une légère dentelle  de musique, on dirait. Entre l’ouverture et la fin de la pièce, il s’est passé quelques secondes mais aussi la durée de la représentation. La Petite Fille et la vieille dame auront pu se raconter beaucoup de choses, s’inventer des souvenirs avec le pouvoir du : « allume ! », « éteins ! » qui décide, ou non, du monde du rêve. Elles seront entrées dans l’illusion et le plaisir du jeu : tracer un carré au sol : « c’est ma chambre », jouer avec un village de papier, que le Promeneur manipule parfois comme un magicien, au risque d’une allumette de trop et d’un délicieux frisson. La neige tombe, on balaye. Mais on ne peut pas tout effacer et il faut bien qu’à la fin, la vieille dame disparaisse…

©Pierre Planchenault

©Pierre Planchenault

De vaillantes actrices : Juliette Nogaret, dix ans (en alternance avec Camille Ruffié) et France Darry, une vie entière de plus, si l’on en croit sa longue carrière, en particulier avec Jacques Echantillon dans un duo qu’on n’a pas oublié pas sur des textes de Dario Fo et Franca Rame. Main dans la main, elles ne se font pas de cadeaux mais avancent, avec ce qu’il faut d’insolence, tendresse, vivacité mais avec aussi, parfois, de doutes. Chacune à sa façon, dans une complicité charmante, elles ouvrent le champ de l’imaginaire. « Allume !», «Eteins !», et nous les suivons. Le mystère ne se dissipera pas, sur un plateau drapé de rideaux sombres où pleuvent à peine la neige et les étoiles, et les sons ténus filés par Kat May et Madame Miniature, qui prennent leur temps, comme le spectacle lui-même.

Le public -enfants et familles- ce jour-là à La Cloche d’Or, le joli théâtre de Rochefort-sur-Mer, en oublierait presque de quitter cette histoire vraie et grave, avec ses airs de féérie et de fantaisie. Voilà une belle initiation au théâtre, avec des ateliers pour les enfants, peut-être envieux de l’aisance sur le plateau d’une petite fille de leur âge. Julien Duval joue dans la plupart des spectacles de Catherine Marnas et a mis en scène deux spectacles « tout public » : Alpenstock de Rémi et Vos et La Barbe bleue de Jean- Michel Rabeux. Et il vient de créer avec Carlos Martins, la compagnie Syndicat d’Initiative, en compagnonnage avec le Théâtre National de Bordeaux-Aquitaine. Une belle histoire de transmission, aussi, derrière la scène.

Christine Friedel

Spectacle vu le 29 janvier au Théâtre de Rochefort-sur-mer (Charente-Maritime).

Du 7 au 18 mars, Festival La Tête dans les nuages, Théâtre d’Angoulême (Charente) ; les 26 et 27 mars. Maison de la Culture de Bourges (Cher).

Le 10 avril, Théâtre municipal d’Agen (Lot-et-Garonne).

 


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