Festival Momix : Le Complexe de Chita de Daniel Calvo Funes

tro heol-CC- Damien et les poules

Festival Momix :

Le Complexe de Chita de Daniel Calvo Funes

On ne présente plus Kingersheim, du moins à ceux qui connaissent sa fabrique artistique et culturelle, le C.R.É.A. et son festival. Sous l’impulsion de son maire, Jo Spiegel,  cette ville près de Mulhouse s’est dotée d’un outil vivant d’utopie. Selon la règle : c’est impossible donc on va le faire, elle a développé spectacles, ateliers, rencontres pour les enfants, présence dans les écoles et même pendant les vacances, avec la ferme intention que  « le développement de toutes les intelligences: sensibles, cognitives, émotionnelles, politiques, poétiques, créatives » rejaillisse sur les adultes.

 Ce qui se produit, si l’on en juge par la réussite de Momix.  Le succès, -ici évident et durable- cela se compte en nombre de spectacles : plus de quarante cette année et de spectateurs : plus de trente mille, de trois à cent trois ans (au moins), dans la ville et ses environs. La réussite, ça se voit, au bon fonctionnement du festival, à la diversité des propositions : cirque, marionnettes, danse, chanson… Mais aussi  au visage des enfants et parents, à la solidarité entre les compagnies… Et cela se goûte au restaurant-épicerie bio et solidaire et se partage, cette année, avec la Suisse voisine.

La compagnie Tro-Héol  (tournesol en breton, en hommage au Théâtre du Soleil), une fidèle de Momix, y est venue huit fois, avec, entre autres, Mix Mex, une histoire d’amitié entre un chat, une souris et un homme, dans l’ordre que vous voudrez et Je n’ai pas peur. Où l’on s’aperçoit que grandir, c’est drôlement bien mais que ça peut faire quand même un peu peur. Si vous avez vu au cinéma un Tarzan, vous comprendrez Le Complexe de Chita. Quand on est un garçon, il faut être le héros, puisqu’on ne peut pas être une fille…  Ou alors l’astucieux chimpanzé qui rend bien des services : après tout, un enfant est peut-être, face aux adultes, un animal ? Alors, autant être le plus malin !

Daniel Calvo Funes place son histoire dans le sud de l’Espagne, vers les années quatre-vingt. Un jour, le père annonce à son fils et accessoirement, à sa fille: cette année, pas de rentrée scolaire, vous travaillerez à la ferme. Joie ! La fille lit des atlas, révise les capitales mondiales et laisse le garçon s’occuper de la poule Blanchette, des chèvres et chiens et de l’ânesse. Mais, mais, mais… On lui apprend que les chiens sont faits pour être attachés, les poules, mangées et les ânesses, incapables de porter deux fois leur poids transformées en saucisson. Et que le fusil est l’instrument viril par excellence. C’est cela, être un homme ?

Le spectacle utilise toute la richesse de son artisanat et le dispositif scénique s’inspire de la roue Cyr : on est au cirque et les scènes tournent comme à la lanterne magique et la manipulation est aussi une danse des comédiens à vue. Les marionnettes changent d’échelle pour évoquer plans larges ou gros plans. Et des prothèses évoquent une tante à la poitrine monstrueuse et accueillante ou bien un dieu Pan un peu effrayant. Les objets sont fabriqués dans un même matériau de base, la toile de jute (soigneusement maltraitée) parfaite pour évoquer la paille, la terre séchée… Et le spectacle prend le temps de transformations à vue, sort du cadre… Ce qui donne des instants de suspension qui ajoutent à son charme.

La compagnie a deux têtes : Daniel Calvo Funes et Martial Anton (pour ce spectacle, un « regard extérieur »et un photographe) et une famille d’artistes autour d’eux  pour fabriquer costumes, objets et histoires : à chacun sa spécialité, mais, avec plusieurs casquettes. L’équipe travaille dans une ancienne école en Bretagne  (les enfants ne sont jamais loin…) où elle peut construire décors et marionnettes. Mais aussi créer, répéter sereinement et inviter en résidence des compagnies amies. Un équilibre et une indépendance précieux,  en un temps où la diffusion des spectacles recule sur tout le territoire. Mais Momix ne leur fera pas défaut. Rendez-vous l’année prochaine pour la trentième édition…  

Christine Friedel

Centre Culturel La Paillette, Rennes (Ille-et Vilaine), les 10 et 11 février.

Festival Meliscènes, Auray  (Morbihan), les 13 et 14 mars. Espace culturel Beaumarchais, Maromme (Seine-Maritime), le 24 mars ; La Loco, Mezidon (Calvados) les 26 et 27 mars.

 


Archive pour 11 février, 2020

Massacre de Lluïsa Cunillé, traduction de Laurent Gallardo, mise en scène de Tommy Milliot

Massacre de Lluïsa Cunillé, traduction de Laurent Gallardo, mise en scène de Tommy Milliot

(C)Vincent Pontet

(C)Vincent Pontet

Le lauréat du prix Impatience 2016 avec Lotissement de Frédéric Vossier, a ensuite monté Voyage d’hiver de l’auteur norvégien Fredrik Brattberg et La Brèche de l’Américaine Naomi Wallace créée au dernier festival d’Avignon. Et cette fois, il nous fait découvrir un beau texte d’une auteure catalane de cinquante-neuf ans, bien connue en Espagne et qui a eu de nombreux prix. Elle a écrit une cinquantaine de pièces et adaptations mais n’a, bizarrement, jamais été jouée en France. Une première donc,  avec  Massacre, une pièce au titre à double sens: tuerie mais aussi tête de cerf naturalisée-trophée de chasse…

Un huis-clos absolu; le salon sans fenêtre et sans véritable porte d’un petit hôtel isolé dans la montagne et à plusieurs kilomètres d’un village où il n’y a plus guère d’habitants. D. la directrice veut fermer cet établissement dont elle a hérité: les touristes ne voient même plus la pauvre enseigne lumineuse et passent sans s’arrêter. Aucun client donc sauf, H. , une jeune femme divorcée qui a emprunté la voiture de son ex-mari pour venir jusque là. Elle a loué une chambre pour une semaine et, malgré l’insistance de la directrice qui la trouve un peu encombrante et voudrait qu’elle rejoigne un autre établissement, elle se sent bien ici et ne veut surtout pas aller ailleurs. Etrange rituel, elles se parlent chaque soir autour d’un café dans le petit salon de cet hôtel déserté, au début l’une et l’autre méfiantes et peu aptes à se livrer à des confidences, puis de plus en confiance…

Plus tard, juste désigné par A. , un homme entre deux âges arrive. Avec sa voiture, il a, dit-il, percuté un cerf qui s’est enfui couvert de sang dans la forêt proche et demande à la directrice de l’hôtel de lui prêter un fusil pour aller l’achever. Le cerf, personnage-symbole de la masculinité déjà utilisé par Shakespeare dans Peines d’amour perdues. L’arrivée d’un étranger ou d’un personne inattendue est un vieux truc pour modifier un paysage scénique et bouleverser une situation mais Lluïsa Cunillé s’en sert ici  de façon remarquable. L’homme est inquiétant et ses propos, ni très clairs ni cohérents. On sent que le climat s’alourdit de façon imperceptible et que ce huis-clos va très mal finir. Et cela fait froid dans le dos. Mais on ne vous dira pas comment…

«Un théâtre de la douleur rentrée » dit justement Tommy Milliot et quelle écriture ! Alors que les paroles n’ont rien que de très banal : «Il est possible de remplir la piscine? où trouver un journal? à quelle heure dois-je vous réveiller? Il n’y a plus de café mais du cognac » : tout se joue à la syllabe près, à la seconde près… Et dans ce huis-clos souvent utilisé par les dramaturges contemporains- ici un salon à l’architecture des plus strictes avec juste deux bancs, scénographie de Tommy Milliot- ces femmes ont des rapports ambivalents. Mais doucement, elles commencent à s’apprivoiser. La propriétaire dit qu’elle a envie de quitter à jamais cet hôtel et cette région qui, sans doute autrefois pauvre, attirait les touristes mais où les choses sont en train de changer: les hôtels ne font pas le plein, beaucoup de maisons sont inhabitées. La cliente, elle, confie qu’elle pourrait en acheter une dans le bourg. Toutes les deux se jaugent, font un pas vers l’autre et se rejoignent enfin. Peut-être même deviendront-elles un jour, amies…

Ici, tout est dans le rythme, le son des mots, la plus ou moins grande longueur des phrases prononcées et bien sûr, les respirations du texte, essentielles et qui ont une sorte vie propre. Ce qu’on appelle  le sous-texte qui devient ici l’élément pivot de cette habile dramaturgie. Pas très loin, bien sûr, des dialogues d’Anton Tchekhov et surtout d’Harold Pinter, le tout souligné d’une touche de Samuel Beckett pour le langage et d’Alfred Hitchcock pour le suspense et l »étrangeté des lieux. Des créateurs qui ont visiblement influencé la dramaturge catalane…

A Sylvia Bergé et Clotilde de Bayser, la charge pas facile de nous transmettre l’inquiétante solitude intérieure de ces jeunes femmes qui vont se rapprocher de plus en plus l’une de l’autre et à Nâzim Boudjenah  celle de cet homme atteint de troubles psychiques. Ce que, tout en nuances, ils accomplissent admirablement en un peu plus d’une heure, grâce à l’efficace et subtile direction de Tommy Milliot. N’hésitez pas à aller découvrir cette courte pièce étonnante. Une fois de plus, il se passe quelque chose d’intéressant dans ce Studio…

Philippe du Vignal

Studio  de la Comédie-Française, Galerie du Carrousel du Louvre, 99 rue de Rivoli, Paris (1 er). Jusqu’au 8 mars. T. : 01 44 58 15 15.

La pièce dans la traduction de Laurent Gallardo est parue aux éditions Les Solitaires intempestifs, 14 €.

Jason et les Argonautes, texte de Nicolas Bonneau, Pepito Maéteo, Alain Le Goff, mise en scène Nicolas Bonneau et Olivier Maurin

 

Jason et les Argonautes, texte de  Nicolas Bonneau, Pepito Maéteo et Alain Le Goff, mise en scène de Nicolas Bonneau et Olivier Maurin

18531851La Maison du Conte à Chevilly-Larue (Val-de-Marne) qui forme des conteurs, a présenté ses jeunes comédiens au Théâtre 13. Sur le plateau nu, quelques chaises et un tabouret haut… Olivier, Delphine, Sarah, Juan, Noémie ont été accompagnés pour un parcours d’une dizaine de jours, après une sélection sévère, par le metteur en scène Olivier Maurin et le conteur Nicolas Bonneau.

Nous avons tous plus ou moins des souvenirs errants de l’histoire mythique de Jason,  fils d’Eson, roi d’Iolcos en Thessalie et descendant d’Eole, roi des vents. Son père a été écarté du trône par son oncle Pélias qui voulait tuer Jason, lequel a été recueilli par le Centaure Chiron. Jason réclamera son trône à Pélias qui promit de le lui rendre s’il rapportait de Colcide, la fameuse Toison d’or. A la tête de ses fidèles sur le navire Argo, il ira rencontrer le roi Eétès,  gardien de cette Toison d’or qui le soumettra à des épreuves. Jason en triomphera grâce à Médée, la fille du roi et amoureuse de lui. Mais, quand il revient à Iolcos, Pélias a éliminé Eson. Médée devenue son épouse, va pousser les filles de Pélias à tuer leur père. Exilés à Corinthe, Médée et Jason auront deux fils mais lui va  tomber amoureux de Créuse, la fille du roi Créon. Médée tue alors sa concurrente et pour faire bon poids, tuera aussi ses fils puis s’enfuira sur un char ailé, un cadeau du Soleil. Jason reviendra alors à Iolcos et, avec l’aide des dieux jumeaux Castor et Pollux, protecteurs des marins, il réussit à remonter sur le trône.

Chacun des  jeunes comédiens présente sa vision de Jason qui reste, malgré tout,  souvent un peu vague. Mais  ils vont nous conter avec solidité le périple de ce chef des Argonautes qui rencontrent les mangeuses d’hommes de l’île de Lemnos. Mais aussi le rapt de Médée, la magicienne dont la robe de noces s’enflamme, le dangereux retour de Jason et des Argonautes dans les brumes de la mer Noire et sa reconquête du trône usurpé par Pélias. Ces improvisations, rapides et efficaces, sont accompagnées à la guitare… «Heureux sont les pays où il n’existe pas de héros ! »

Ces improvisations à mains nues, très suggestives, nous font errer dans de vieux souvenirs. Un exercice sympathique et qui réussit à devenir en soixante-dix minutes très théâtral…

Edith Rappoport

Spectacle présenté le 5 février au Théâtre 13 Seine,  30 rue du Chevaleret, Paris (XIII ème).

Correspondance avec la mouette, d’après Anton Tchekhov et Lika Mizinova, traduction, adaptation et mise en scène de Nicolas Struve

Correspondance avec la mouette, d’après Anton Tchekhov et Lika Mizinova, traduction, adaptation et mise en scène de Nicolas Struve

zac5167Un moment peu connu de la vie d’Anton Tchekhov… Né en 1860, il a déjà notamment écrit à dix-huit ans, tout en faisant ses études de médecine, une pièce qui avait disparu et qui reparaîtra en 1920. Elle sera publiée trois ans plus tard et sera connue sous le titre de Platonov. Il rencontre Lika Mizinova (1870-1939) qui a dix ans de moins que lui. De cette chanteuse et actrice, il s’ inspirera pour créer le personnage de Nina dans La Mouette… Ils s’écriront pendant presque dix ans et, dit Nicolas Struve un des acteurs-fétiches de Valère Novarina et qui a aussi mis en scène des textes de Marina Tsvétaieva et de Svetlana Alexievitch: «Il existe soixante-quatre lettres du jeune écrivain et quatre-vingt dix-huit d’elle et j’ai traduit tout ce qu’il m’a été possible de trouver (…) dans diverses publications biographiques et scientifiques. »  Alors qu’il existe bien de nombreuses traductions de son théâtre, vient juste d’en paraître une de sa correspondance*.  Bizarrerie des éditions…

L’écrivain et la très belle jeune femme sont tombés visiblement amoureux l’un de l’autre à Melikhovo, la maison des Tchekhov mais semble-t-il, un peu sur l’air de: « Je t’aime, moi non plus». Ils voyagent l’un et l’autre, ce qui ne facilite pas leurs relations surtout à l’époque, mais favorise une importante correspondance. Tant mieux pour nous qui découvrons un autre aspect du continent Tchekhov… Et cela se sent bien, Anton Tchekhov éprouve une joie intense à écrire, à jongler avec le langage et elle, à lui répondre, même s’il y a dans leur écriture à tous les deux, un jeu évident. «C’est, dit-il, avec plaisir que je vous ébouillanterais. J’aimerais qu’on vous vole votre nouvelle pelisse, vos caoutchoucs, vos bottes de feutre, qu’on diminue votre salaire et que, vous ayant épousé, Trophim attrape la jaunisse, un interminable hoquet ainsi qu’une crampe, à la joue droite. ». Elle et lui essayent de se rendre jaloux et il lui invente donc des amants. Pas contente, la jeune personne lui répond de façon cinglante: «Vous vous débrouillez toujours pour vous débarrasser de moi et me jeter dans les bras d’un autre. »

 Malgré toute la tendresse et l’admiration qu’elle a pour lui, elle sent bien qu’ils ne vivront jamais ensemble. Lui est souvent caustique et infiniment séduisant mais il la tient un peu à distance. Vraiment amoureux par intermittence de cette belle jeune femme, moins peut-être qu’elle et sans doute trop occupé à écrire…  Et elle ne le rate pas: «Je voudrais organiser une fête pour l’enterrement de ma vie de jeune fille, parce que j’ai décidé de me marier par dépit, seulement pas avec ce Trophim.» Et Lika tombera effectivement amoureuse d’un écrivain connu: Ignati Popenko -un ami de son cher Anton!- qu’elle rencontre à Melikhovo. Elle aime encore l’auteur de La Mouette mais s’en va à Paris avec ce Popenko dont elle aura une fille qui mourra vite. Ce sera la fin d’une belle histoire. Elle reviendra en Russie mais Anton et Lika ne s’écriront plus. Cinq ans plus tard, après avoir enfin épousé son actrice Olga Knipper, il mourra en 1904 à Badenweiler en Allemagne. Lika, elle, sera comédienne au Théâtre Dramatique de Moscou, puis se mariera avec Alexandre Sanine, acteur et metteur en scène au Théâtre d’art de Moscou. Vingt ans plus tard, elle le quittera et mourra de tuberculose à Paris en 1939.

«Rien de patrimonial ou de révérencieux, dit le metteur en scène, mais le court « récit” d’un de ces amours qui laissent l’âme blessée et l’expérience d’une écriture qui apparaît à la fois comme trace, destruction et salut du passé. L’esprit de Tchekhov pour assurer ce qu’il faut d’humour, et celui de Lika vital, râleur, parfois bouleversant, ce qu’il faut d’étonnement…» Mais il y a de la joie chez eux, à se retrouver même par écrit,  pour de simples et douces conversations comme celles qu’ils auront ensuite. Avec aussi, un humour mêlé d’une certaine férocité amoureuse (ce n’est pas incompatible), ce spectacle donne aussi « un éclairage sur La Mouette comme sur son auteur sous laquelle la pièce-sans rien perdre de sa complexité ni de son mystère gagne quelque chose d’infiniment concret ». Avec quelques répliques-rappels de La Mouette.

Tout cela est perceptible sur cette petite scène où il y a juste quelques chaises, des feuilles écrites ou imprimées entassées dans le fond. Pas de lumières sophistiquées, pas de micro H.F., pas non plus de criailleries, juste quelques images vidéo. Du côté des bémols, juste un côté statique par instants, à cause de l’étroitesse du plateau, mais rien de gênant. Stéphanie Schwartzbrod et David Gouhier savent gérer cette contrainte et, bien dirigés par Nicolas Struve, sont tout à fait impeccables et attachants. Elle, surtout, a une merveilleuse présence et on comprend, même si elle ne lui  ressemble pas du tout, que Tchekhov soit tombé amoureux de Lika. En une heure et quelque, loin des fatras des grandes productions, ce petit bijou de poésie, fait avec amour et intelligence, à partir d’un gros travail de traduction puis d’adaptation de lettres est, par les temps qui courent, est assez rare. Allez-y, que vous connaissiez déjà ou non, des pièces de Tchekhov et en particulier La Mouette. Vraiment, vous ne le regretterez pas…

 Philippe du Vignal

Théâtre des Déchargeurs, 3 rue des Déchargeurs, Paris ( Ier)  jusqu’au 29 février. T. : 01 42 36 00 50.

Vivre de mes rêves, Correspondance d’Anton Tchekhov, traduction de Nadine Dubourvieux, éditions Robert Laffont. 1120 pages. 32 €

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