La Dame blanche, livret d’Eugène Scribe, musique de François-Adrien Boieldieu, mise en scène de Pauline Bureau

Christophe Raynaud de Lage

Christophe Raynaud de Lage

 

La Dame blanche, livret d’Eugène Scribe, musique de François-Adrien Boieldieu, mise en scène de Pauline Bureau

Jolie surprise que cet opéra comique en trois actes créé en 1825 au Théâtre Feydeau qui menaçait de s’écrouler et qui sera détruit en 1830. L’actuelle salle Favart qui avait subi un incendie en 1887 est reconstruite par  l’architecte Louis Bernier sur cette place actuelle Boieldieu et inaugurée en 1898. Eugène Scribe s’était inspiré des romans de Walter Scott, Le Monastère et Guy Mannering et sa pièce -elle a été jouée plus de mille fois !- nous transporte en 1759, dans un village montagneux d’Ecosse où on raconte que le château d’Avenel dominant la vallée, est hanté par le fantôme de la Dame blanche, protectrice des lieux. A la  mort de Julien, dernier représentant de la famille Avenel, le château est mis en vente et Gaveston, son ancien intendant, se porte acquéreur.

Au premier acte, un jeune officier, Georges Brown, est amoureux d’Anna, une inconnue qui l’a soigné dans le passé et qui avait été recueillie par la dernière comtesse d’Avenel. Au deuxième acte, cette Anna, déguisée en Dame blanche, pousse le jeune homme à se porter acquéreur du château, lors de la vente aux enchères. Aidée par Marguerite, ancienne domestique de la famille, elle retrouve le trésor de la famille Avenel, ce qui permettra à Georges d’acheter le château. Mais au troisième acte, on découvre que Georges n’est autre que Julien Avenel… Gaveston ne pourra pas acheter le château, Anna épousera Julien et  la noble lignée des Avenel  se perpétuera selon l’ordre naturel d’avant 1789.

Pauline Bureau après Bohème, notre jeunesse il y a deux ans (voir Le Théâtre du blog), réalise ici une belle mise en scène classique. Les costumes d’Alice Touvet et la scénographie d’Emmanuelle Roy évoquent des tableaux romantiques. Les projections vidéo de Nathalie Cabrol remplacent les toiles peintes et les effets de magie, signés Benoît Dattez, renforcent l’esthétique de la pièce. La metteuse en scène a une vision très actuelle du personnage d’Anna : «L’œuvre raconte le parcours d’une femme qui se dégage de la place qu’on lui a assignée. Le fait que La Dame blanche soit une comédie romantique ne m’embarrasse pas le moins du monde. J’aime qu’on sache, dès le début, que tout va se terminer par l’union des amoureux : c’est si reposant !»

La soprano Elsa Benoit incarne Anna avec fougue et son timbre clair rayonne jusqu’au paradis de la salle. Philippe Talbot (ténor) joue avec une réelle naïveté et chante avec douceur le rôle de George Brown. La mezzo-soprano Aude Extremo (Marguerite) a une voix puissante et un jeu très théâtral. Et le baryton Jérôme Boutillier est un convaincant Gaveston. Le chœur des Éléments, accompagne parfaitement l’habile musique de Boieldieu, proche de celle de Rossini, que dirige avec conviction Julien Leroy, à la tête de l’orchestre national d’Île-de-France. 

« La Dame blanche est capable de transporter une assemblée et de faire évanouir un rossiniste», lisait-on dans Le Journal du Commerce du 12 décembre 1825.  On admire en effet les faux canons virtuoses qui reviennent dans le livret : plusieurs personnages chantent ensemble des phrases différentes comme  Je n’y puis rien comprendre  ou:  A la douce espérance mais dans la même tonalité… Cette œuvre aujourd’hui un peu oubliée (pourtant dans Le Crabe aux pinces d’or, Tintin, un peu enivré, en chante un extrait! ) mérite amplement d’être redécouverte.

Jean Couturier

Les 20, 22, 24, 26, 28 février et le 1er mars, Opéra-Comique, place Boieldieu, Paris (II ème). T. : 01 70 23 01 31.

 

 

 


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