Le Rêve d’une ombre, d’après L’0mbre d’Hans-Christian Andersen, écriture scénique de Katerini Antonakaki et Achille Sauloup

Le Rêve d’un ombre, d’après L’Ombre de Hans Christian Andersen,  adaptation d’Achille Sauloup, écriture scénique et mise en scène de Katerini Antonakaki

 © Elodie Boyenval

© Elodie Boyenval

La Main d’œuvres, spécialisée dans la manipulation d’objets et d’images insolites, présente ici une nouvelle version du conte du célèbre écrivain danois (1805-1875) : un étrange théâtre d’ombres et de lumière, construit en direct par Katerini Antonakaki. Postée à jardin, la marionnettiste, véritable femme-orchestre, projette au fil du récit, sur des châssis mobiles dressés sur le plateau, des objets découpés ou filmés. Des images qui se superposent selon une architecture labyrinthique, sur la musique envoûtante d’Ilias Sauloup. Naît alors devant nous un univers mêlant chaleurs tropicales et frimas nordiques, comme dans le conte.

Dans le conte d’origine, un savant voit son ombre rétrécir puis disparaître lors d’un séjour dans un pays chaud. Puis réapparaître et s’emparer ensuite de son maître pour réaliser ses ambitions. Ici,  un écrivain, (Achille Sauloup) se trouve aux prises avec son double maléfique, rêvant de gloire et de puissance quand il aura épousé une princesse… Pris en étau entre le pouvoir de l’écriture et celui d’un roi, il voit ses rêves s’écrouler et son monde de pacotille se défaire. Ici, grâce à un habile détricotage du décor et des personnages en fil de fer et chiffons… Malheureusement, le texte souvent bavard et pesant mêle mythologie grecque et conte nordique et brouille la réception de cette fantasmagorie… Du coup la trame confuse de l’histoire, s’effiloche et on se perd dans les méandres d’une dramaturgie brouillonne!

Mais le dispositif scénique sophistiqué et l‘imagerie onirique de Katerini Antonakaki qui évolue gracieusement et qui chantonne en grec auprès de son partenaire, sont d’une impressionnante virtuosité. Formée à l’Ecole de la danse à Athènes puis à l’École Nationale Supérieure des Arts de la marionnette à Charleville-Mézières, elle possède un véritable sens de l’espace et de la manipulation. Et elle a obtenu le Premier prix de composition de musique électro-acoustique au Conservatoire d’Amiens.

Le spectacle nous incite à lire ou relire L’Ombre. Le romancier japonais Haruki Murakami, prix Hans Christian Andersen, affirmait dans son discours de réception: «Si vous n’acceptez pas, votre ombre deviendra de plus en plus forte et, sous peu, une nuit, reviendra frapper à la porte de votre maison. Certaines histoires extraordinaires peuvent nous apprendre bien des choses. »

Mireille Davidovici

Spectacle vu en avant-première le 17 février. Il sera présenté du 21 au 30 avril au Mouffetard-Théâtre des arts de la marionnette, 73 rue Mouffetard, Paris (Vème).  T. : 01 84 79 44 44.

 

 


Archive pour 8 mars, 2020

Le Rêve d’une ombre, d’après L’0mbre d’Hans-Christian Andersen, écriture scénique de Katerini Antonakaki et Achille Sauloup

Le Rêve d’un ombre, d’après L’Ombre de Hans Christian Andersen,  adaptation d’Achille Sauloup, écriture scénique et mise en scène de Katerini Antonakaki

 © Elodie Boyenval

© Elodie Boyenval

La Main d’œuvres, spécialisée dans la manipulation d’objets et d’images insolites, présente ici une nouvelle version du conte du célèbre écrivain danois (1805-1875) : un étrange théâtre d’ombres et de lumière, construit en direct par Katerini Antonakaki. Postée à jardin, la marionnettiste, véritable femme-orchestre, projette au fil du récit, sur des châssis mobiles dressés sur le plateau, des objets découpés ou filmés. Des images qui se superposent selon une architecture labyrinthique, sur la musique envoûtante d’Ilias Sauloup. Naît alors devant nous un univers mêlant chaleurs tropicales et frimas nordiques, comme dans le conte.

Dans le conte d’origine, un savant voit son ombre rétrécir puis disparaître lors d’un séjour dans un pays chaud. Puis réapparaître et s’emparer ensuite de son maître pour réaliser ses ambitions. Ici,  un écrivain, (Achille Sauloup) se trouve aux prises avec son double maléfique, rêvant de gloire et de puissance quand il aura épousé une princesse… Pris en étau entre le pouvoir de l’écriture et celui d’un roi, il voit ses rêves s’écrouler et son monde de pacotille se défaire. Ici, grâce à un habile détricotage du décor et des personnages en fil de fer et chiffons… Malheureusement, le texte souvent bavard et pesant mêle mythologie grecque et conte nordique et brouille la réception de cette fantasmagorie… Du coup la trame confuse de l’histoire, s’effiloche et on se perd dans les méandres d’une dramaturgie brouillonne!

Mais le dispositif scénique sophistiqué et l‘imagerie onirique de Katerini Antonakaki qui évolue gracieusement et qui chantonne en grec auprès de son partenaire, sont d’une impressionnante virtuosité. Formée à l’Ecole de la danse à Athènes puis à l’École Nationale Supérieure des Arts de la marionnette à Charleville-Mézières, elle possède un véritable sens de l’espace et de la manipulation. Et elle a obtenu le Premier prix de composition de musique électro-acoustique au Conservatoire d’Amiens.

Le spectacle nous incite à lire ou relire L’Ombre. Le romancier japonais Haruki Murakami, prix Hans Christian Andersen, affirmait dans son discours de réception: «Si vous n’acceptez pas, votre ombre deviendra de plus en plus forte et, sous peu, une nuit, reviendra frapper à la porte de votre maison. Certaines histoires extraordinaires peuvent nous apprendre bien des choses. »

Mireille Davidovici

Spectacle vu en avant-première le 17 février. Il sera présenté du 21 au 30 avril au Mouffetard-Théâtre des arts de la marionnette, 73 rue Mouffetard, Paris (Vème).  T. : 01 84 79 44 44.

 

 

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