Et le festival d’Avignon ?

 

Et le festival d’Avignon ?

“Aucun élément objectif ne nous permet de prendre la décision d’annuler le Festival d’Avignon 2020” disait encore curieusement hier Olivier Py. Bizarrre, vous avez dit bizarre?
Ce matin à France-Inter, Olivier Py  se voulait rassurant et optimiste, puisque disait-il, on peut encore espérer que le festival ait bien lieu comme prévu du 3 au 23 juillet. Comme le festival d’Aix-en-Provence ou Les Nuits de Fourvière. Il doit annoncer sa programmation aujourd’hui à 14 h. Mais il a vite botté en touche et répété plusieurs fois que, si les autorités sanitaires le décident et si le confinement ne cessait pas le 15 mai, le festival serait annulé. Dans ce cas, il a aussi rappelé que toute l’économie locale en subirait le choc. D’après les chiffres en sa possession, le retour annuel en termes financiers de cette manifestation artistique est de l’ordre de cent millions.

Mais a-t-il encore martelé, comme s’il cherchait surtout à s’en convaincre lui-même, les conditions nécessaires pour que le festival ait encore lieu, sont encore possibles et il en détaillera bien le programme cet après-midi. Aucun des artistes ne lui a dit que leur spectacle n’était pas envisageable. Le 21 avril, dit-il, aura lieu le Conseil d’administration du festival avec ses membres mais par skype. Il n’a pas exclu des solutions -ce qui nous parait difficile- comme la réduction de la jauge de la Cour d’Honneur ou le report des dates… Du off, il a peu parlé mais de toute façon, on voit mal exister un off dans le in. C’est un tout depuis plus de quarante ans…Olivier Py a  dit aussi qu’il faudrait selon lui, un moratoire nécessaire concernant la gestion des artistes et techniciens intermittents mais aussi des mesures pour les compagnies qui vont être durement touchées par cette crise sans précédent..Reste que pleuvent aussi à l’étranger, les annulations de festivals comme le off d’Edimbourg, Bayreuth, etc. Même constat chez nos amis belges, Festival In Movement, Legs, Kunstenfestivaldesarts, D Festival, Brussels Dance, sont supprimés. La Ministre de la Culture, Bénédicte Linard, a préconisé un report des dates mais… la saison 2020-2021 est déjà bouclée.

Chez nous, le Ministère de la Culture dont, rappelons-le, son représentant Frank Riester a été atteint par le coronavirus et l’Elysée ne semblent guère pressés d’annoncer quoi que ce soit… Bien entendu, s’il y a annulation, tous les commerces, en particulier les hôtels, restaurants et supermarchés, grandes enseignes de bricolage d’Avignon et de la région, comme les particuliers qui louent à prix d’or appartements et salles de spectacle,  font déjà grise mine.  Bernard Faivre d’Arcier, alors directeur en 2003, avait dû prendre la seule décision possible: annuler le festival à cause de la grève des intermittents. Cela plomba les finances des compagnies mais cette grande fête internationale du théâtre, que l’on en sache, s’en est remise….

On est en avril et juillet arrive à grands pas. La sagesse serait de renoncer  aux festivals et événements de cet été. Alors que les radios ne cessent de recommander les gestes-barrière, comment imaginer en effet par les temps qui courent, des dizaines de milliers de personnes, spectateurs, artistes, techniciens, gens de théâtre comme circassiens, tous les uns sur les autres dans les rues étroites de cette ville où il est souvent difficile de passer?

Guy-Pierre Couleau, le président du syndicat national des metteurs en Scène a écrit à Franck Riester, pour lui demander de « communiquer des précisions relatives d’une part, à la question du maintien du festival d’Avignon et, le cas échéant, aux modalités techniques de prise en charge des répercussions économiques engendrées par tout aménagement de la tenue de celui-ci.”

Qui peut dire ce qu’il en sera de ce fléau dans à peine trois mois? Et comment les artistes pourront-il répéter auparavant dans les lieux comme les lycées et lieux d’enseignement dévolus aux spectacles, qui seront occupés par les élèves jusqu’au début juillet? Et que le déconfinement est prévu au minimum pas avant le 15 mai? Comment être sûr que la Cour d’Honneur pourra être aménagée à temps (il y faut au minimum trois semaines!)? Et y aura-t-il assez de temps pour les répétitions? Bref, bien peu de certitudes….

Quelle est au juste la position du Premier ministre et celui de la Santé? Et dans le domaine de ce qu’on appelle les arts de la rue à Avignon et ailleurs, on voit mal se dessiner les choses… Comment pourraient avoir lieu entre autres,  les festivals d’Aurillac ou de Châlons avec des dizaines de milliers de spectateurs déambulant au coude à coude… Tous masqués? Philippe Le Gal, directeur du Carré Magique, Pôle National des Arts du Cirque en Bretagne, a eu le courage de dire clairement les choses: «Au regard de l’investissement que représentent les festivals d’été pour les compagnies de cirque, il me semble que la meilleure solution est leur annulation. »

Tout se passe comme si on comptait encore sur un miracle mais Emmanuel Macron est bien placé pour savoir qu’en matière politique et sanitaire, cela n’existe pas. Gouverner c’est prévoir… Attendons demain mais on voit mal comment Olivier Py pourrait annoncer  le maintien du festival d’Avignon! Et il ne peut y avoir bien entendu de report. A temps exceptionnels, il faut prendre des mesures exceptionnelles… Même confinée comme les autres, l’équipe du Théâtre du Blog vous  tiendra au courant et, au passage, merci de votre fidélité: cela fait toujours du bien par où cela passe, comme disait Monseigneur Marty…

Philippe du Vignal


Archive pour avril, 2020

Entretien avec Didier Deschamps

 Entretien avec Didier Deschamps

Didier Deschamps

« Il y a plusieurs années il me semblait, dit celui qui dirige Chaillot Théâtre National  de la danse, qu’il se préparait quelque chose de grave pour nos sociétés: marginalisation sociale, montée des nationalismes, replis sur soi de certains pays, nouvelles formes d’exclusion…  Et un désastre écologique s’annonçait. Beaucoup d’artistes sont sensibles à cela, comme Tatiana Julien ou Lia Rodrigues Mais je n’avais pas imaginé que tout se précipiterait avec l’apparition de ce virus.

«Nos choix de société n’ont pas pris en compte les besoins des soignants, l’importance des transports, les lieux de fabrications de nos produits vitaux comme les médicaments. A force de traumatiser la nature, les désastres se sont accumulés et il faut repenser pleinement nos modèles de société.

Nous avions intitulé l’éditorial de notre prochaine saison L’Instant d’avant ! Penser à ce qui se passe avant : sur le plateau, par exemple, et à l’après de cette crise. Tout doit être redéfini sur le plan politique, sociétal et artistique. Il faut le faire avec calme, sans se précipiter sur des solutions faciles d’isolationnisme comme en Hongrie aujourd’hui. Quel monde voulons nous ? Nous avons accumulé des faiblesses qui se sont décuplées à l’arrivée du virus. Nous sommes, face à cette crise, à un niveau d’impréparation phénoménal. »

Pendant le confinement actuel, Chaillot Théâtre national de la danse vous propose de découvrir, sur  son site Chaillot chez vous, des œuvres ou portraits d Ohad Naharin, Trisha Brown, Saburo Teshigawara…  »

Entretien téléphonique réalisé par Jean Couturier

https://theatre-chaillot.fr/fr/chaillotchezvous

Pièces secrètes et Pièces costumées, Pièces secrètes, Pièces costumées de Jean Anouilh,

260px-Anouilh_1940_2-1

Théâtre de Jean Anouilh: Pièces secrètes et Pièces costumées,Pièces secrètes, volume contenant Tu étais si gentil quand tu étais petit, L’Arrestation et Le Scénario. Pièces costumées,volume contenant L’Alouette, Becket ou L’honneur de Dieu et  La Foire d’Empoigne.

Cet auteur dramatique ( 1910-1987) aura été, pendant plus d’une trentaine d’années, l’écrivain le plus représentatif et le mieux accueilli d’une classe sociale, la bourgeoisie d’après-guerre, cultivée et sceptique. En anarchiste de droite, il n’a cessé de la poursuivre de ses sarcasmes, dit Michel Corvin, dans son Dictionnaire encyclopédique du théâtre. Il commença encore très jeune à lire des auteurs dramatiques aussi différents que Paul Claudel, Luigi Pirandello, George Bernard Shaw  et Jean Giraudoux avec Siegfried en 1928. Il commencera à écrire des comédies comme Le Bal des Voleurs  (1938).

Et plus tard, il devient l’auteur pendant l’occupation allemande, Jean Anouilh fait jouer deux de ses Pièces noires, Eurydice, en 1941 puis Antigone en 44 , au Théâtre de l’Atelier dans une mise en scène, un décor et des costumes d’André Barsacq, une pièce devenue célèbre. Mal accueillie lors de sa première, elle aura un beau succès et sera considérée comme l’un des sommets de son œuvre. Roméo et Jeannette fut aussi créé l’année suivante par ce même metteur en scène et dans ce même théâtre avec Michel Bouquet qui deviendra lune des acteurs-fétiches, Jean Vilar, Suzanne Flon et Maria Casarès!


I23671 - copieAux éditions de la Table ronde, paraissent cette année dans une nouvelle édition, ses Pièces secrètes et les Pièces costumées. Dans Tu étais si gentil quand tu étais petit, L’Arrestation et Le Scénario, les intrigues,  lieux et époques sont différentes. Chacune de ces œuvres reflète son auteur,  comme un miroir renvoie, selon les heures et les saisons, es images changeantes d’un même visage. Elles sont répertoriées comme étant secrètes.Jean Anouilh se révèle ici presque dépouillé des masques comiques ou tragiques derrière lesquels il tente de protéger sa vérité : ces Pièces secrètes doivent être déchiffrées dans le silence et la solitude. Aussi l’auteur a-t-il parlé d’elles avec un rire gentil : Mes fours…

Cet auteur sarcastique écrit des comédies bourgeoises aux figures grotesques et caricaturales. Ainsi, dans les Pièces costumées, L’Alouette (1952), créée par Suzanne Flon et Becket ou l’Honneur de Dieu (1959) où le roi Becket ne peut plus rien pour sauver son ami: deux chefs-d’œuvre avec L’Arrestation (1975) qui, elle, se trouve dans les Pièces secrètes.

I23670 - copiePour les Pièces costumées, l L’Alouette (1953) a été créée au Théâtre Montparnasse-Gaston Baty en 1953, mise en scène par l’auteur et Roland Piétri, avec les décors et costumes de Jean-Denis Malclès, une « reprise de Jeanne d’Arc » avec, entre autres, Suzanne Flon, Michel Etcheverry, Roland Piétri, Michel Bouquet… Becket ou l’Honneur de Dieu (1959) a été créée  dans ce même théâtre dans une mise en scène de Jean Anouilh et Roland Piétri, avec, entre autres, Daniel Ivernel, Bruno Crémer, Henry Darbrey, Charles Nissar.

La Foire d’Empoigne (1960) fut jouée pour la première fois  en 1962 à la Comédie des Champs-Elysées, dans la mise en scène de l’auteur et Roland Piétri, avec Paul Meurisse, Henri Virlojeux…Pour les Pièces secrètes, Tu étais si gentil quand tu étais petit (1969) a été créée au Théâtre Antoine en 1972 dans une mise en scène de Jean Anouilh et Roland Piétri. Entre autres figures de la tragédie antique, on découvre Oreste (Hervé Bellon), Electre (Danièle Lebrun), Clytemnestre (Francine Bergé), le Chœur (Maud Rayer) et le pianiste (Hubert Deschamps)…

L’Arrestation (1971), la pièce a d’abord été créée en 1974 à Bristol à Londres, sous le titre The Arrest. Puis  à Paris, au Théâtre de l’Athénée en 1975 dans une mise en scène de Jean Anouilh et Roland Piétri , avec, entre autres, Raymond Bussières et Claude Dauphin… Et Le Scénario (1974)  au Théâtre de l’Oeuvre en 1976 dans une mise en scène de Jean Anouilh et Roland Piétri avec Daniel Gélin, Jacques Fabbri, Jean Amos, Sabine Azéma Florence Blin…

A l’époque, nulle saison sans que ne soit montée une ou plusieurs pièces de Jean Anouilh. Mais il était aussi metteur en scène et a révélé en 1962 au  public Victor ou les enfants au pouvoir de Roger Vitrac, une pièce créée par Antonin Artaud en 1929. Et elle a été depuis constamment montée souvent par de jeunes compagnies.  Pour Michel Corvin, le ton grinçant de l’auteur, un mélange détonant de rire et d’amertume, de hargne et de fantaisie, ne le fait jamais « poser » : « Il est maître en pirouettes et roi de l’esquive. Il est aussi, en tant qu’écrivain de théâtre, l’inventeur d’un dialogue rapide, contrasté, taillé dans le marbre d’une prose forte, aux veines colorées et chatoyantes. » Héritier en cela de Pirandello, et plus lointainement de Molière et de Shakespeare, capable de bâtir des œuvres à multiples fonds, avec surimpression des temps, des espaces et des langages comme dans L’Alouette.

Avec le savoir-faire d’un professionnel qui fait mouche sur un public sensible aux prouesses d’acteur : Suzanne Flon, L. Pitoëff,  François Périer, Jean-Louis Barrault, Bernard Blier, Michel Bouquet, Jean Anouilh a réussi à écrire des pièces à lire ou à redécouvrir: un demi-siècle après, voire plus, elles nous parlent encore et toujours de notre temps. Il écrivit aussi un recueil de fables, quelques récits, plusieurs livrets d’opéra ainsi que de nombreux scénarios et adaptations cinématographiques et télévisuelles. Il créa de la revue La Nouvelle saison avec Jean-Louis Barrault et René Barjavel en 1939

 Véronique Hotte

Brève et savoureuse rencontre avec un jeune critique avec Jean Anouilh dans le hall de la Comédie des Champs-Elysées vers 1970: « -Monsieur, pourriez-vous m’accorder une interview? -Monsieur, vous êtes bien gentil mais vous saurez que j’ai trois choses en horreur: la télévision, les voyages en avion et les interviews. -Merci, monsieur, j’en prends bonne note et au revoir. »

Philippe du Vignal

Pièces secrètes et Pièces costumées de Jean Anouilh, éditions de La Table ronde, collection La Petite Vermillon.

Pièces secrètes de Jean Anouilh, nouvelle édition 2020. avec Tu étais si gentil quand tu étais petit, L’Arrestation et Le Scénario, 320 p, 8,90 €.

Pièces costumées de Jean Anouilh, nouvelle édition 2020, avec L’Alouette, Becket ou L’Honneur de Dieu et La Foire d’Empoigne, 320 p, 8,90 €.

Entretien avec Olivier Meyer

 

Entretien avec Olivier Meyer


oliviermeyer_0307(c)didierplowy

Le directeur du Théâtre de Suresnes Jean-Vilar, créateur du festival Suresnes Cités Danse, nous a livré ses  réflexions à propos de sa très courte saison « pour cause de travaux et de virus » !

 « Lundi 3 février : jour de fête, nous inaugurons la nouvelle grande scène. Un rêve de vingt ans se réalise enfin et il est maintenant possible de faire plus encore, comme accueillir la Comédie-Française avec Les Fourberies de Scapin. Quelle joie ! Quelle fierté ! Le théâtre transformé est doté de merveilleuses nouvelles possibilités. »

 «Grâce au travail et à l’engagement de la ville de Suresnes, de l’architecte- scénographe, de l’équipe du théâtre et de centaines d’ouvriers appartenant à dix corps d’entreprise, les très importants et indispensables travaux d’élargissement de la scène et de modernisation de toute la machinerie, ont été terminés dans un délai record de neuf mois! Aucun jour de retard!  Exceptionnel: le théâtre a pu enfin rouvrir. Avec des portes partout, des radars et alarmes partout, des extincteurs et tableaux d’évacuation partout, nous étions plutôt bien protégés contre les risques d’incendie… mais pas contre la contagion au Covid-19.

 « Lundi 16 mars : fermeture du théâtre après six semaines de programmation avec un public enthousiaste et des salles très complètes. Après avoir mesuré les atouts de ce merveilleux outil, nous avons été obligés d’annuler dans un premier temps toutes les représentations de la deuxième quinzaine du mois de mars, puis celles d’avril et sans doute celles de mai et juin. Tout s’était si bien passé et s’annonçait si bien !

 «Maintenant, avec l’équipe confinée à domicile, c’est devenu plus compliqué de travailler ensemble. Cette saison 2019/20 sera donc très probablement réduite à ces six semaines. J’aurais vécu pendant cette période avec notre équipe,  beaucoup d’émotions, de joies et maintenant une tristesse passagère car nous construisons déjà l’avenir avec détermination et bonheur, en préparant pour la réouverture, en septembre, comme nous l’espérons tous, la plus belle, la plus magnifique et la plus passionnante saison dans un théâtre ouvert et bien vivant.  »

 Propos recueillis par Jean Couturier

 Théâtre de Suresnes Jean Vilar, Place Stalingrad,  Suresnes (Hauts-de-Seine) T. : 01 46 97 98 10

www.theatre-suresnes.fr

Les solidarités en route ! Spectateurs, Audiens…

Les solidarités en route !

Spectateurs solidaires 

 Les organisations syndicales, comme le Syndicat national du théâtre privé, appellent, depuis le début de la fermeture des lieux culturels, à la solidarité des publics. Des hashtag circulent : #JeGarde MaPlace ou #SauveTonSpectacle, suggérant aux spectateurs de ne pas demander le remboursement de leurs billets. Mais quelles seront les implications pour la gestion de la billetterie ?

 La Lettre du Spectacle* a recueilli les observations de Pierre-Henri Deballon, directeur général de Weezevent, une plateforme de billetterie informatisée: «Le texte de loi indique qu’en cas d’annulation ou de modification substantielle d’un événement, l’organisateur est tenu de rembourser le billet, sans préciser s’il doit rembourser tout le monde. En général, à ceux qui le demandent. L’entreprise a mis en place différents modules de remboursement pour ses clients. Il accompagne, par exemple, le festival Reperkusound à Lyon dont le directeur Éric Fillion précise que “ jusqu’au 20 juin, nos spectateurs peuvent demander un remboursement intégral ou partiel de leur billet,  et faire un don du montant restant qui ne fera pas l’objet d’un reçu fiscal. Au-delà du 20 juin, les billets seront valables pour l’édition 2021. »

 Dans leurs courriels aux spectateurs, les théâtres proposent de faire don de ces sommes pour les reverser aux artistes. La Lettre du Spectacle cite en exemple Le Zef, Scène Nationale de Marseille, qui reversera le montant des billets non remboursés aux compagnies de la région, même celles qui ne jouaient pas sur son plateau cette saison. Un  geste symbolique, vu les faibles tarifs de la salle, mais qui exprime la solidarité de la directrice Francesca Poloniato-Maugein envers les artistes. Ce qui est le cas de nombreux lieux culturels. 

Audiens solidaire des intermittents

Le groupe de protection sociale du monde de la culture, met en place une aide exceptionnelle pour les artistes ou techniciens intermittents du spectacle qui rencontrent des difficultés sociales et/ou financières importantes. Est prévu un traitement prioritaire et spécifique à ces demandes, qui sont réservées aux artistes ou techniciens qui ont eu plus de cinq jours ou cachets annulés au cours d’un mois civil :  

« En complément des premières annonces faites par les pouvoirs publics, nous avons d’ores et déjà mis en place pour ces intermittents confrontés à des annulations de cachets ou de jours de travail, un formulaire de demande d’aide ponctuelle exceptionnelle, allégé et qui sera traité en priorité. Nous ne pourrons évidemment pas aider tout le monde mais ferons le maximum pour soutenir les professionnels les plus en difficulté. Cette demande peut se faire avec un formulaire à télécharger. Les demandes seront traitées par le service d’action sociale qui reviendra vers eux à partir du mois d’avril pour leur dire s’ils peuvent avoir cette aide. ».

 Aux  entreprises, Audiens propose un report de tout ou partie des cotisations dues en mars jusqu’à trois mois pour la retraite complémentaire. Il n’y aura pas de majoration.

 Mireille Davidovici

*La Lettre du spectacle : http://boncourage.lascene.com/

Audiens https://www.audiens.org/actu/crise-du-coronavirus-covid-19-audiens-se-mobilise-pour-les-intermittents.html

Quelques nouvelles du Théâtre de l’Unité: Hervée de Lafond, Jacques Livchine

8EC9428E-577E-4D9A-A476-9ACD7F820F8F

Quelques nouvelles du Théâtre de l’Unité: Hervée de Lafond et Jacques Livchine

 -Cela se passe comment chez vous, Hervée? 

-J’habite Montbéliard et je me donne quelques obligations comme courir -doucement- le matin autour de ma maison environ une demi-heure soit sept tours; à chaque fois que j’en fais un, je mets un petit caillou; comme cela, je suis sûre qu’il y a le compte. Petit rituel quotidien où j’écoute le Jules César de Friedrich Haendel… Et puis, reste tout le boulot administratif qu’il faut bien faire, en particulier comment gérer le report de nos spectacles, voir avec les acteurs s’ils seront libres, etc. en sachant que le rentrée de septembre va être très chargée. Juillet et août me paraissent définitivement cuits et qu’on ne vienne pas me faire croire que des festivals comme Avignon, Châlons-sur Saône ou Aurillac où il y a une grande promiscuité, pourront avoir lieu.

-Et votre équipe?

-Claudine, notre administratrice est très fatiguée, Marcel Zongo un de nos acteurs, est atteint par le corona et au lit;  j’ai eu moi-même une très forte fièvre et une immense fatigue mais bon…  Inutile de dire que Les Ruches, ce stage pour les jeunes que le Théâtre de l’Unité a été annulé et qu’il ne peut y a voir de report, puisque cela se passe chaque année pendant les vacances scolaires.

-Et vous regardez des films?

-Oui, comme tout le monde, du genre cinéma populaire classique: L’Aile ou la Cuisse (1976) de  Claude Zidi avec  Louis de Funès et Coluche, la seule fois où ils ont joué ensemble ou  Inspecteur Labavure aussi de Claude Zidi (1980) avec le trio Dominique Lavanant, Gérard Depardieu et Coluche… L’As des as de Gérard Oury, avec Jean-Paul Belmondo et Marie-France Pisier. Mais aussi une interview d’Ariane Mnouchkine par Fabienne Pascaud.

-Et côté représentations de théâtre, rien?

-J’ai vu la captation d’Occupe-toi d’Amélie de Georges Feydeau, dans la mise en scène d’Isabelle Nanty…à la Comédie-Française:  très décevante. J’écoute la radio: France Inter chaque matin de 7h à 10h et le soir à 19h Jérôme Salomon, le directeur de la Santé…

-Et Montbéliard, c’est comment?

-Comme ailleurs, on ne voit personne dans les rues. Les usines Peugeot étaient fermées mais vont rouvrir  pour fabriquer des respirateurs. Bref, la vie continue et il y a des animaux partout, comme ces canards traversant la place du Capitole à Toulouse….

-Et vous, Jacques Livchine? 

-Comme vous le savez, notre compagnie est installée depuis longtemps à Audincourt, près de Montbéliard, dans une partie de l’usine Japy qui, encore au vingtième siècle fabriquait ses fameuses machines à écrire. Le bureaux, l’accueil  et le lieu de répétition du Théâtre de l’Unité sont bien entendu, complètement fermés. Mais quelqu’un vient arroser les plantes. Les représentations de 2.500 à l’heure ( voir Le Théâtre du Blog) n’auront pas lieu: ce spectacle sur l’histoire du théâtre, nous l’avons déjà joué plus de deux-cent cinquante fois! Alors, disons que cela fait une respiration…

Quant à La Nuit unique (voir Le Théâtre du Blog), nous devions la jouer à Calais, Toulouse… ces prochaines semaines, donc c’est à l’eau. Et quant au  Kapouchnik, notre cabaret mensuel, très populaire à Audincourt,  que vous connaissez bien, les séances de mai et juin sont annulées. Les acteurs et techniciens concernés- intermittents-sont indemnisés mais très peu!

-Et vous, vous faites quoi de tout ce temps imprévu.  

– J’habite une maison dans un tout petit village à quinze minutes d’Audincourt en voiture. Je communique tout le temps avec Hervée qui, elle, habite Montbéliard. Je trie et recopie mes carnets de bord que j’ai commencé à écrire quand le Théâtre de l’Unité était installé à Saint-Quentin-en-Yvelines en 1981. Bizarrement, je m’aperçois que je n’ai pas noté l’essentiel: je parle des jolies filles bronzées que l’on croise, des voyages de tournée, des hôtels… Alors que le Théâtre de l’Unité avait de sérieux ennuis d’argent… Et que je jouais au Loto pour essayer d’en gagner! En 80, j’étais très en colère contre le Ministère de la Culture qui avait refusé d’augmenter notre subvention…

- Et, au quotidien?

  -Ce matin, je vais essayer d’écrire le vide: ce que je fais de minute en minute. Tous les jours, j’écris le vide: courir, descendre l’escalier, aller dans le jardin… Finalement, on s’aperçoit que l’on a vécu toute sa vie pour la raconter!  

- Et les projets? – Nous avons un projet dans le style bien connu du Théâtre du Peuple à Bussang ( Vosges) : faire jouer des comédiens amateurs déjà aguerris : des femmes d’une certain âge, des lycéens, etc.  avec quatre acteurs professionnels.  A suivre.

Philippe du Vignal

L’économie du spectacle face au Coronavirus et l’emploi des intermittents (suite)

 

 L’économie du spectacle face au Coronavirus et l’emploi des intermittents (suite)

 Ce vendredi 27 mars, le Ministère de la Culture publiait des informations pour les employeurs du secteur  face à cette crise : recours à l’activité partielle, droits à indemnisation, conséquences sur le contrat de travail (voir Le Théâtre du Blog). Artcena (Centre national des arts du cirque, de la rue et du théâtre), placé sous le tutelle du ministère de la Culture, se mobilise pour informer les professionnels.

Le Ministère a donné toutes les informations sur le recours à l’activité partielle dans le secteur culturel et sur les mesures prises en faveur des intermittents du spectacle (prise en compte des heures rémunérées et de l’indemnité d’activité partielle dans le calcul de l’affiliation) Et les conseillers juridiques d’Artecena ont mis à jour des fiches et se tiennent à la disposition des artistes et des employeurs.

Fiches : Intermittents du spectacle : les mesures mises en place par le gouvernement

Suspension du contrat de travail et chômage partiel

Le SYNAVI ( Syndicat national des arts vivants) essaye de faire remonter auprès des pouvoirs publics l’inquiétude des compagnies quant à leur avenir immédiat : les festivals d’été et les conséquences de la crise sur la saison prochaine.Les déclarations des ministères seront prises en compte ? Les petites compagnies ne savent pas encore sur quel pied danser…

Né de l’association des regroupements de compagnies qui existaient dans les régions depuis plusieurs années, ce syndicat regroupe près de 400 structures indépendantes fédérées par région (compagnies, collectifs artistiques et outils collectifs dévolus à la création). Le Synavi se coordonne actuellement avec les autres syndicats d’employeurs et de salariés pour parler d’une même voix. Les incertitudes sont d’autant plus grandes qu’on apprend, par la Lettre du spectacle, que le Fringe du Festival d’Edimbourg, le plus grand off du monde qui devait avoir lieu du 7 au 31 août, vient d’être annulé !

L’ European Creative Business Network apprend-on, sur le site d’Artcena, lance une enquête en ligne à l’attention de tous les intervenants du secteur culturel pour définir recommandations et soutiens nécessaires aux décideurs politiques. Cette enquête a commencé le 25 mars et s’adresse à tous les intervenants  pour mesurer l’impact de la crise sanitaire et définir des recommandations communes.

Dans ce contexte de paralysie générale, ECBN s’adresse particulièrement aux organisateurs et agences et leur demande de quelle façon la propagation du COVID-19  les affecte et quelle est l’estimation de leurs  pertes et quelles seraient les mesures les plus pertinentes à mettre en place selon eux pour pallier les effets de la crise?  À partir des réponses reçues qui seront divulguées au grand public, ECBN évaluera les conséquences potentielles de cette pandémie et  fera des recommandations…

A suivre !

Mireille Davidovici

https://www.artcena.fr/actualites/vie-professionnelle/des-precisions-sur-les-dernieres-mesures-du-gouvernement

 juridique@artcena.fr. T. 01 55 28 10 10

 Synavi T. 06 71 81 91 77 / conseil@synavi.org

 

12345

DAROU L ISLAM |
ENSEMBLE ET DROIT |
Faut-il considérer internet... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Le blogue a Voliere
| Cévennes : Chantiers 2013
| Centenaire de l'Ecole Privé...