Entretien avec Yngvild Aspeli

Entretien avec Yngvild Aspeli

 

Yngvild Aspeli,  directrice artistique de Plexus Polaire, développe un univers visuel qui donne vie aux sentiments les plus enfouis.  images-5Avec des marionnettes à taille humaine, est aussi présent l’acteur-marionnettiste, la musique, la lumière et la vidéo. Metteuse en scène, actrice et marionnettiste, Yngvild Aspeli, a fait ses études à l’Ecole Internationale de Théâtre Jacques Lecoq à Paris, puis à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts de la Marionnette (ESNAM) à Charleville-Mézières de 2005 à 2008.

Avec sa compagnie Plexus Polaire, elle a créé : Signaux, Opéra Opaque, Cendres et Chambre Noire. Elle travaille actuellement sur une adaptation de Moby Dick, le fameux roman d’Herman Melville qu’elle devait créer au festival d’Avignon.

-Vous êtes né dans une famille norvégienne?

- Oui, mon grand-père était marin. Il avait une femme nue tatouée sur son bras. De lui, je garde en mémoire comme une odeur de poisson, sel,  goudron et tabac. Un portrait enfumé construit à partir des histoires que ma mère me racontait à son sujet. Notre maison était remplie d’objets étranges, rapportés de ses voyages : un hippocampe séché, un éléphant sculpté en bois d’Inde, des tasses de porcelaine chinoises révélant des portraits de femmes à la lumière, un bébé crocodile empaillé… Mon grand-père venait d’une île de la côte Ouest de la Norvège, avec un petit port rempli de navires et de langues étrangères, de pêcheurs, marins et enfants attendant le retour de leur père…

 - Ce Moby Dick devait être créé cette année à la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon. Comment auriez-vous travaillé dans ce lieu avant la crise sanitaire et où en était votre spectacle quand a été décrété ce confinement ?

affiche de Moby Dik

affiche de Moby Dick

 - Finalement nous n’avons pas pu y aller. Avant cela, nous avons eu une première résidence au Mouffetard-Théâtre de la marionnette à Paris en septembre dernier. Puis nous avons travaillé sur la scénographie et la construction des marionnettes à la Nef à Pantin, à la Comédie de Caen et au Théâtre Romain Rolland de Villejuif. Quand la crise sanitaire s’est déclarée début mars, nous venions de commencer les premières grandes répétitions au Nordland Visual Theatre de Stamsund, dans les Îles Lofoten, au nord de la Norvège . Nous sommes restés dans un premier temps confinés et malgré cela, avons poursuivi les répétitions au théâtre. Mais une partie de l’équipe n’a pas réussi à nous rejoindre, comme les musiciens qui ont quand même travaillé à distance avec nous pour avancer la composition et nous avons organisé deux répétitions de chant par Skype. 

 -Comment avez-vous continué? Quelles sont les perspectives d’avenir pour ce spectacle très attendu par le public ?

 - C’est étrange  et la situation a vite évolué avec, chaque jour, de nouvelles informations. Une partie de l’équipe est repartie plus tôt que prévu pour éviter d’être bloquée sur l’île et en Norvège. Un autre partie dont moi, avons choisi de rester. Il n’y a pas de confinement à proprement parler chez nous mais les déplacements sont restreints et le télétravail encouragé. Les répétitions prévues en avril, mai et juin ont été annulées et nous essayons maintenant de tout réorganiser pour créer le spectacle cet automne. Entre temps, nous avançons sur la fabrication des marionnettes et costumes, et sur le scénario… Quant et où jouer on verra bien mais pour le moment, on ne sait rien…

Entretien avec Jean Couturier

www.plexuspolaire.com

 

 


Archive pour 8 mai, 2020

Entretien avec Wittus Witt

Entretien avec Wittus Witt

  Il a travaillé au Kom(m)ödchen de Düsseldorf, au Renitenz-Theater de Stuttgart, au Kammerspiele de Aachen et au Kabarett Die Stachelschweine de Berlin.  C’est un des meilleurs magiciens allemands. La Galerie-W/Zauber und Kunst (Magie et Art) a ouvert ses portes en 2012 à Hambourg.

 Première galerie allemande pour la magie et les arts visuels qui, chaque vendredi soir, se transforme en salon de magie (Zauber-Salon Hamburg). Le maître des lieux, Wittus Witt présente ses nouvelles idées autour d’amuse-gueule et de verres de Prosecco. Comme dans les salons de magiciens du XIX ème siècle. L’un des plus représentatifs en était le Viennois Johann Nepomuk Hofzinser (1806-1875) qui invitait un public bourgeois trié sur le volet…Capture2


Wittus Witt est aussi l’auteur de nombreux livres et d’articles sur la magie. De 1977 à 2009, il a  publié, tous les trois ans, le seul annuaire professionnel environ 1.300 noms du monde entier: Gelbe Zauber-Seiten (Pages Jaunes Magiques). Avec six éditions et 30 000 exemplaires écoulés, son tout premier livre Taschenspieler-Tricks (Tours de poche, 1986) est dans cette discipline, l’un des plus vendus en Allemagne


En 1987, il publie Zauberkaesten, un livre-catalogue richement illustré, sur sa collection de boîtes de magie et destiné aux grandes expositions dans les musées de Munich et de Düsseldorf.

-Comment êtes-vous entré dans le monde de la magie?

- Mon père m’a montré un tour de cartes quand j’avais cinq ans et je suis tombé amoureux de la magie. Quand j’ai pu lire, j’ai demandé à mes parents de m’acheter des livres de magie et pendant de nombreuses années, j’ai appris tout seul cette discipline. Je vivais à la campagne, loin d’une ville et je ne savais donc rien des marchands de trucs ou des clubs de magie.

Quand j’avais douze ans,  un ami d’école m’a montré un catalogue du marchand Joe Wildon. À cette époque (vers 1960), c‘était une personnalité bien connue de Bielefeld, à environ cinquante kms et alors j’ai économisé tout mon argent de poche pour acheter des tours.

-Qui vous a aidé ?
 
– Mes parents m’ont envoyé pour apprendre l’anglais quand j’avais seize ans, dans notre famille qui vivait sur l’île de Wight. Sur le chemin, j’ai dû passer par Londres où j’ai découvert des boutiques de magie et les livres de Davenports, Harry Stanley et Tony Corinda. Je suis devenu très ami avec ce dernier qui m’a invité chez lui et m’a appris sa merveilleux tours à la Slydini.

 Mais je ne voulais pas devenir professionnel et j’ai commencé à étudier les beaux-Arts à l’académie de Düsseldorf avec le célèbre Joseph Beuys. A partir de 1973, pendant mon temps libre, je faisais de la magie dans les rues de Düsseldorf: je devais être l’un des premiers allemands…

 Deux ans plus tard, Jean Pütz, un producteur de télévision, m’a repéré et m’a demandé de participer à une émission. Et depuis je me produis régulièrement  sur les chaînes allemandes. Mais après cinq ans, j’ai dû prendre une décision :  continuer à être designer ou devenir magicien professionnel à plein temps: ce que j’ai choisi. Quand j’ai commencé, j’étais un grand fan de Fredo Lexon, un magicien peu connu mais l’un des meilleurs. Nous sommes devenus très proches- et j’ai appris beaucoup avec lui- et tous les deux, des magiciens « parlants ». De 1993 à 1998, j’ai eu ma propre émission Tele-spell with Wittus Witt où je réalisais de la magie interactive en direct, tous les quinze jours. De 1996 à 1998, j’ai aussi fait des tours interactifs à la radio.

-Comment et où travaillez-vous ?

- D’abord dans tous les endroits  où nous magiciens avons tous pratiqué comme des fêtes, mariages, événements d’entreprise, salons d’industrie… Mais un jour, j’ai décidé de ne plus faire de “close-up“. Pour moi, ce n’était pas une forme d’art. Montrer des tours à des gens qui mangent et qui boivent, n’a rien d’artistique: c’est juste une façon bon marché de raconter des blagues. J’ai alors voulu travailler dans une vraie salle pour que les gens viennent  à moi et regardent mes tours. Fin des années 80, j’ai créé mon premier spectacle et j’ai demandé aux théâtres de me programmer. Mais ils n’étaient pas sensibilisés à la magie qu’ils ne considéraient pas comme un art. Après deux ans d’essais infructueux, j’ai enfin été programmé dans un vrai petit théâtre. Je suis à peu près sûr d’avoir été le premier magicien allemand à avoir ouvert les portes des théâtres1… Un peu arrogant? Oui mais c’est vrai et aujourd’hui, je joue dans ma propre salle à Hambourg, tous les vendredis à 21h.

 -Parlez-nous de votre magazine Magische Welt  (3).

 -Il a été fondé en 1952 par le célèbre marchand allemand W. Geissler-Werry. Après sa mort en 2000, sa veuve m’a proposé d’en être le nouveau directeur et j’ai sauté sur l’occasion. Dès le premier numéro, j’ai changé complètement l’apparence:  plus grande et plus colorée  elle était donc plus professionnelle. Avec une partie pour les informations générales et une autre  pour les tours uniquement.

Beaucoup de magiciens n’aimaient pas cette idée mais maintenant la plupart sont heureux que tous les tours soient rassemblés dans un fichier séparé: très utile quand vous recherchez quelque chose en particulier… Mon objectif était de produire un magazine de magie qui devait ressembler à un « vrai » magazine. Alors que les publications de magie ressemblent très souvent à des ouvrages scolaires!676751806

– Quels sont les magiciens qui vous ont marqué ?

 -Comme je l’ai déjà dit, il y a d’abord eu Fredo Raxon mais plus tard, je me suis aussi intéressé à d’autres artistes : j’aimais aussi beaucoup Gilbert Bécaud et sa façon de faire interagir le public pendant son récital.

 -Quels sont les styles de spectacles qui vous attirent?

 -Je préfère ceux où je peux voir une idée derrière. C’est très ennuyeux de regarder quelqu’un qui montre juste un tour après l’autre. Je veux savoir pourquoi il me montre sa magie et aussi pourquoi  il est  sur scène…

 -Quelles ont été vos influences artistiques ?

 -Joseph Beuys (1921-1986) d’abord. aaa_20120301194744_20120301194753 Auprès de lui, j’ai appris que nous, les magiciens, devons être des êtres humains et nous comporter comme tels. C’est surtout pour cela que je n’aime pas voir les animaux sur scène. Peu importe lequel. Pour moi, faire des tours avec  eux n’est pas humain.

 -Quels conseils donneriez-vous à un débutant ?

 -Apprendre à développer sa personnalité. (Les tours viennent en second). Et  se cultiver, regarder toujours les autres formes d’art pour s’en inspirer.

 -Quel regard portez-vous sur la magie actuelle ?

 -Je suis très heureux qu’il y ait de plus en plus des salles consacrées à la magie. En Allemagne, il en existe une douzaine, très intimes et les gens aiment venir voir un répertoire, peu importe que l’on soit connu ou non.

 -Et en dehors de la magie, que faites-vous ?

-J’écris et je publie des livres sur ma discipline (4), je nage et j’aime… ( 5)

 Entretien avec Sébastien Bazou, mai 2020.


En 1952, W. Geissler, alias Werry et Theodor Wolf, alias Torry, fondent un magazine indépendant: Magische Welt qui paraît trois fois la première année puis six par an à partir de 53.

La série d’exercices mentaux de Gert Graf von Haslingen, publiée sous le titre Q-E-D, est imprimée sur un papier de couleur différente avec une pagination séparée. La série commence au deuxième numéro de la seizième année: 1967 et se termine à la vingt-cinquième année: 1976.
Les premières décennies, MW est surtout une revue spécialisée dans les tours de magie dont la plupart rédigée exclusivement pour le magazine mais la partie théorique a gagné en importance à partir des années 70. Surtout  consacrées à  la parapsychologie à propose de laquelle le Dr Lutz Müller publie les premiers articles. A partir de 74, Werry commence une lutte acharnée contre les charlatans prétendant avoir des pouvoirs surnaturels.
Les contributions à l’histoire de la magie étaient rares dans le journal. Cela a changé quand  Wittus Witt l’a repris; il y avait auparavant publié des articles et une chronique. Et depuis 2000, des articles sur l’histoire de cet art sont publiés régulièrement par le Prof. Dr. Peter Rawert, Peter Schuster, Volker Huber et Richard Hatch.
À partir de 2008, le MW est  imprimé en quatre couleurs avec en moyenne, soixante pages par numéro. L’année suivante, MW évoluera encore, avec un cahier technique des tours en encart séparé au format A5.

La liste des auteurs ayant participé au MW est une sorte de Who’s who de la scène magique internationale avec Max Maven, Jeff McBride, Otto Wessely, Werner Miller, Manfred Zöllner, Markus Zink, Denis Behr, Richard Sanders, Pit Hartling, Thomas Fraps, Andreas Michel-Andino, Bernd Schäfer, Roman Ertl, Jörg Alexander, Stephan Kirschbaum, Stefan Alexander Rautenberg, Levent, Malin Nilsson, Paul Potassy, Flip…

Aujourd’hui, le MW, avec un tirage de 2. 500 exemplaires, est l’un des trois plus grands magazines de magie au monde et le deuxième plus ancien de cet art depuis soixante ans.

Zaubern und Bewaubern (Magie et Enchantement) de Wittus Witt (2008) présente la scène magique allemande actuelle.

65 Zauber-Geschichten (65 histoires magiques), une autobiographie où Wittus Witt va à la rencontre de ses collègues.

 En 2014, Wittus Witt a lancé la première encyclopédie de magie en langue allemande : Zauber-Pedia. www.zauber-pedia.de

http://www.wittuswitt.de/Die_Zauberkunst_des_Wittus_Witt.html

http://www.galerie-we.de/Willkommen.html

http://www.magischewelt.de/

 

 

 

 

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