Culture à l’arrêt : les dommages collatéraux..

 

 

Culture à l’arrêt : les dommages collatéraux…

Le doute plane sur l’avenir de ces « invisibles » travaillant dans le monde de la Culture avec divers statuts: salariés, travailleurs indépendants, gérants de petites entreprises…  « Nous sommes dans l’ombre, aidez-nous à remettre la lumière», disent les artisans du spectacle réunis en collectif. Artistes, techniciens, directeurs de production, attachés de presse, régisseurs, décorateurs, habilleurs et maquilleurs, ils sont travailleurs indépendants, auto-entrepreneurs, gérants ou salariés en  C.D.D.U.  (C.D.D. d’usage). Soit 1,3 million de personnes, selon le collectif,  mais, disent-ils, « seuls 270.000 d’entre nous ont droit au régime de l’intermittence  et 25% du chiffre d’affaires dans le secteur culturel est réalisé par de très petites entreprises.

kroum de Warlikowski

Kroum d’H. Lévin, mise sn scène de K.  Warlikowski

 Pour ce collectif, certaines annonces d’Emmanuel Macron le 6 mai, comme une « année blanche” pour les intermittents, vont dans le bon sens mais ne concernent pas toute la profession. Il faudrait : « qu’il y ait une aide pour les non-salariés,  indexée et plafonnée sur un principe similaire à l’activité partielle» et  jusqu’en août 2021, une « exonération totale des charges sociales patronales. ”
Autre requête: « une révision des conditions d’éligibilité au Fonds de soutien et une prolongation des droits jusqu’en août 2021 pour les salariés en contrat court comme les cuisiniers, chauffeurs ou agents de sécurité… »
 
Pas un mot en effet des Pouvoirs publics concernant ces travailleurs sans régime particulier! Il serait urgent que le ministère du Travail gèle le capital des jours d’indemnités qu’il leur restait au 15 mars jusqu’à leur retour au travail. Et il faudrait supprimer le deuxième volet de la réforme du chômage prévue en septembre qui, à terme, les priverait de leurs droits. Ces salariés en C.D.D.U. vivent sur leurs dernières indemnités de chômage. Après, ce sera la R.S.A. !

 Même inquiétude au Syndicat des prestataires de services de l’audiovisuel scénique et événementiel.  « Quelle que soit la taille des entreprises, elles contractent une dette importante pour investir dans du matériel, ce qui pèse sur leur chiffre d’affaires. Sur le terrain, nous constatons souvent que le prêt garanti par l’État peut être validé par la B.P.I., mais pas par la banque. Si d’autres mesures ne sont pas prises pour soutenir les entreprises, nous allons assister à de nombreux licenciements et dépôts de bilan. »

 Un Front commun des attachés de presse indépendants s’est aussi constitué. Cent-quarante attaché(e)s de presse ont adressé un courrier au Centre National de la Musique. « Nous sommes une profession méconnue, souvent négligée et pourtant essentielle à la promotion des artistes, concerts, festivals. Nous souhaitons que les dispositifs du C.N.M. nous prennent en compte, même si nous ne dépendons pas d’eux. Nous pourrions, par exemple, être  éligibles au crédit d’impôt ou être indirectement aidés au titre des relations avec la presse d’un tourneur ou d’un festival. Nous allons vite nous structurer en syndicat. » Les signataires ont estimé que leur chiffre d’affaires avait été, en moyenne, divisé par deux entre mars et juin 2020, par rapport à 2019.

De son côté, le Cercle Libre des Attachés de Presse : soit soixante personnes travaillant dans le cinéma, réclame un plan de sauvetage et demande au Centre National du Cinéma à être reconnus comme appartenant à ce secteur. Moins de la moitié de ses adhérents ont obtenu les 1.500 euros d’aide et projettent aussi de se constituer en syndicat.

 

La Dispute de Marivaux, mis en scène de R. Peduzzi

La Dispute de Marivaux, mis en scène de P. Chéreau, scénographie  de R. Peduzzi   Photo X

 

L’Union des Scénographes, elle, craint qu’il n’y ait  des conséquences pour toute la chaîne de fabrication des décors et pour les prestataires de service : «Il faut regarder ce que la situation implique pour les ateliers, les fournisseurs et transporteurs… » Les scénographes craignent aussi pour leurs revenus : intermittents du spectacle, ils relèvent de l’annexe 8 (techniciens). Les metteurs en scène et comédiens ont droit à des cachets de douze heures,  mais les leurs sont limités à huit. »

 A quand la reprise ?

 Mireille Davidovici

 

 

 

 

 


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