Une pétition des artistes-auteurs

Coronavirus : les artistes-auteurs, au bord du gouffre, lancent une pétition pour leur survie

 Les artistes-auteurs lancent un cri d’alarme. Une pétition, créée par l’auteur français de fantasy Adrien Tomas et soutenue par diverses organisations dont la C.F.D.T. , demande l’abondement d’un fonds d’urgence en faveur de tous les artistes-auteurs, avec un guichet unique sous l’égide de l’État.

Texte de la pétition:

Que serait notre vie de confinés sans culture, c’est-à-dire sans livres, sans images, sans chants, sans musiques, sans films, sans séries, sans jeux, etc. Aujourd’hui, les ressources culturelles en ligne explosent : bibliothèques numériques, visites virtuelles d’expositions temporaires ou de musées,

Musée du Louvre Italie Salle de la Joconde

Musée du Louvre Italie Salle de la Joconde

streaming de films, spectacles ou concerts, etc.

Et pourtant, les créateurs de ces œuvres sont encore une fois laissés pour compte. L’impact de la crise sanitaire et économique sur l’exercice particulier de leur activité professionnelle est parfaitement incompris du Gouvernement. Les conditions  pour être aidé par le fonds dit «de solidarité» pour les non-salariés sont particulièrement aberrantes pour un artiste-auteur: seules nos recettes moyennes sur un an ont un sens, nullement nos recettes mensuelles, aléatoires par nature. Les droits d’auteur sont globalisés et versés en fin d’année par les éditeurs, les producteurs et les organismes de gestion collective. Nos diffuseurs et nos commanditaires honorent nos factures quand bon leur semble…

Outre ce fonds d’aide inadapté à nos conditions d’exercice, le ministre de la Culture -en guise d’aides « complémentaires et subsidiaires » à cet hypothétique principal-  a fait le choix de soutenir en « silos » des secteurs de diffusion, et non pas les artistes-auteurs eux-mêmes. Pour les créateurs, après plusieurs décennies de défaillance administrative, un nouveau parcours du combattant se dessine. Au lieu d’envisager un dispositif clair  pour les artistes-auteurs avec des critères communs et connus de tous, le plan de soutien ministériel adoube des opérateurs, publics ou privés et multiplie les guichets d’aide, sans aucun souci de cohérence ni d’équité.

Frank Riester ministre de la Culture

Frank Riester ministre de la Culture

Un secteur se définit par l’activité économique exercée : les artistes-auteurs créent des œuvres. Le secteur est constitué de l’ensemble des auteurs d’œuvres littéraires, dramatiques, graphiques, plastiques, photographiques, audiovisuelles, cinématographiques, musicales, etc. Sans créateurs, pas de livre, d’art, de graphisme, de design,  de photo, de film, de spectacle, de musique…

La crise du coronavirus met à l’épreuve le modèle obsolète de la politique culturelle: celui qui confond le secteur de la création avec les industries culturelles,  l’économie de l’artiste-auteur et l’économie de l’œuvre, l’amont et l’aval, la création et la diffusion. Soutenir la création, c’est soutenir les créateurs et créatrices et non les amalgamer avec les divers acteurs de l’aval qui, sans les artistes-auteurs, n’existeraient pas.

L’auteur et l’acte de création un rapport de Bruno Racine, rendu au ministre de la Culture le 22 janvier, a pointé la « dégradation de la situation économique et sociale des artistes-auteurs » mais aussi le caractère préjudiciable du « traitement en « silos » que le ministère leur réserve ». Comme tous les travailleurs, l’ensemble des créateurs est bien évidemment touché de plein fouet par la crise sanitaire du covid-19

La rue de Lappe près de la Place de la Bastille absolument vide

La rue de Lappe près de la Place de la Bastille absolument vide

dont les répercussions socio-économiques sont nombreuses à court et moyen terme. Or, face à cette crise, la « gestion éclatée des enjeux de la création » et des créateurs par le ministère de la Culture s’avère catastrophique, aujourd’hui plus encore qu’hier.

Condamner les artistes-auteurs à quémander aléatoirement des aides d’urgence éclatées dans une myriade de guichets inégalement dotés -ouverts à certains et non à d’autres-  selon le type d’œuvres créées, selon leur région, selon leurs diffuseurs, la direction du service ministériel ou  l’opérateur public auquel ils sont rattachés, selon leur appartenance à une société de perception de droits d’auteur ou  leur entregent, ou encore l’information à laquelle ils auront eu accès ou non: tout cela est inacceptable. En ce temps de crise inédit, l’heure est à la solidarité et à la mutualisation, non au parcours du combattant et à la rupture d’égalité entre artistes-auteurs. Depuis le début de la crise sanitaire, les syndicats d’artistes-auteurs demandent l’abondement d’un fonds d’urgence en leur faveur avec un guichet unique sous l’égide de l’État.

Aujourd’hui, une fois de plus, ils demandent au ministre de la Culture de tenir sa promesse politique : remettre les artistes-auteurs au centre de la politique culturelle. Plus que jamais, leur survie en dépend.

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Archive pour 26 mai, 2020

Livres et revues


Livres et revues

Beaucoup de lecture, cela ne peut faire que du bien… Dans notre confi-déconfinement cantalien, nous avons quand même la possibilité de lire, prêtés par le bureau de poste qui fait aussi office de relais pour la bibliothèque du département, le pa récent mais toujours aussi savoureux Dos Crawlé d’Eric Fottorino Et 14 de Jean Echenoz mais aussi un numéro de la collection d’une année de Elle, sagement rangée dans une chambre. On ne parle pas encore des événements de mai prochain mais on apprend plein de choses… Ainsi dans la rubrique Paris chuchote: 81 % de foyers français possèdent la télévision en noir et blanc et 0,002% la couleur: soit 16.000 ménages! Et dans la rubrique Elle a tout vu entendu lu, on annonce la parution de C’est le bouquet (cinquième tome de L’Hygiène des Lettres d’Etiemble chez Gallimard: « Etiemble a la dent dure. Un savoureux portrait du Nouveau Roman et de ses figures les plus importantes” par celui qui fut un des nos meilleurs profs de la Sorbonne… Et un remarquable essayiste…

Et on annonce aussi la sortie de Week-End de Jean-Luc Godard avec Mireille Darc et Jean Yanne. “Le cinéaste  accuse  avec force une grandeur et un pessimisme impitoyables, dit René Bernard, le chargé de cette rubrique  mais reste assez sceptique quant à l’intérêt du film. Il nous invite plutôt à écouter les Sonates et interludes pour piano préparé de John Cage interprétés par Maro Ajemian, un pionnier de la musique sur bande magnétique… Bien vu!

Au programme de la semaine de télévision: Les Saintes chéries, un feuilleton hebdomadaire avec Micheline Presle et  Daniel Gélin mais aussi La grande Farandole, une émission de variétés de Roger Pierre et Jean-Marc Thibault, avec entre autres : Marie Laforêt, Adamo, Michel Delpech… une autre époque et French Cancan de Jean Renoir le dimanche soir. Mais aussi Le Misanthrope par la compagnie du Grenier de Toulouse, dans la mise en scène de Maurice Sarrazin . “La pièce est jouée dans des décors 1900, afin de rapprocher Molière de notre époque. “(???? sic) “ La maison qui lui sert de cadre est celle où Proust séjourné près de Trouville”. Et encore Lola de Jacques Demy, avec Anouk Aimée… Bon, mais pour deux chaînes seulement, on a vu pire…

Au sommaire aussi: une double page assez émouvante avec  7 Nouvelles vedettes sont nées:  Soit de jeunes actrices comme Marianne Faithfull Coronavirus Pandemic Causes Climate Of Anxietyqui joue dans le film La Motocyclette avec Alain Delon, avant de devenir la chanteuse que l’on connaît.

Et la très craquante Olga Georges-Picot en blouson et jupe courte rouge qui fait la couverture de ce numéro de Elle. Elle joua dans des films de Woody Allen, Alain Resnais et Alain Robe-Grillet et s’est suicidée à soixante-et-un ans.  Elle en aurait tout juste quatre-vingt…Et aussi bien connue des amoureux des films d’Eric Rohmer, 19209102Haydée Politoff, la merveilleuse  Collectionneuse qui a aujourd’hui soixante-treize ans…

Olga Georges-Picot

Olga Georges-Picot.


 

Corinne Le Poulain Le cocu magnifiquequi fut révélée au théâtre avec Quarante Carats de Barillet et Grédy , joua aussi Oscar avec Louis de Funès  et tourna avec de nombreux réalisateurs de cinéma dont Jean-Pierre Mocky et qui fut emportée par un cancer foudroyant il y a cinq ans..
Il y a aussi dans cette double page Albane Navizet,images-1 la vedette de La Fille d’en face, le premier film de Jean-Daniel Simon. Mais elle joua aussi Valparaiso, Valparaiso (1973), Infidélités (Le Désir) (1974) et Histoire d’O (1975) une adaptation du célèbre roman de Pauline Réage.

Et encore Annie Buron

sur la croisette, à droite avec Jecques Perrin et Marie-France Pisier

 à droite avec Jacques Perrin et Marie-France Pisier

qui fut révélée par L’Ecume des jours de Charles Belmont avec Jacques Perrin, Marie-France Pisier et le grand Sami Frey.

 

Et enfin  Karen Blanguernon, aux  longs cheveux noirs, le regard un peu triste. Elle a été un temps, l’épouse de  Guy Bedos… Puis elle épousa Dirk Sanders qui lui fit tourner  entre autres  Tu sera terriblement gentille. Elle joua aussi dans les films d’Henri Verneuil, Sydney Pollack, René Clément mediumet elle  écrivit  aussi plusieurs romans :   La Vie volée, 1981, Coups bas, l’année suivante   (Denoël) et  Léa s’en va, Balland en 1989. Puis un peu plus tard Ne pas dépasser la dose prescrite.

Elle s’est suicidée à soixante-et un ans. Elle en aurait aujourd’hui quatre-vingt.

Ce numéro de Elle comporte aussi un long article très bien documenté de Stanislas Fontaine: Les 82.000 infirmières de nos hôpitaux. Le docteur P. raconte qu’il téléphone vers une heure du matin à l’Institut du Cancer de Villejuif et tombe sur Marianne, une infirmière. Il est étonné mais elle  lui répond: “Je ne suis pas de nuit mais la malade m’a demandé de rester. “Alors, lui dit-il, vous êtes de repos demain.” Non, je reprends à huit heures.”  Tout est dit en ces quelques mots!
Et à propos d’une autre infirmière: “Bien sûr les jours, les heures qu’elle fait en plus sont récupérables. »  (… ) « Seulement voilà, si, à la fin de l’année, on n’a pas récupéré les jours auxquels on a droit, ils ne sont pas reportés l’année suivante.” (…) “A vingt-deux ans, Geneviève travaille depuis deux ans dans un service. Depuis son ouverture, vingt infirmières ont passé . Quatre seulement sont restées.“ (…)  “Il faut aussi de l’argent. Sur ce point, nous n’avons pas à être très fiers de nous. Nous les Français, dépensons sensiblement moins pour nos hôpitaux que les pays d’un niveau de civilisation comparable. “  Cela vous rappelle quelque chose! A l’E.N.A., Emmanuel Macron ne lisait sans doute pas Elle.

C’était en janvier 1968 et beaucoup de nos lecteurs n’étaient pas nés…. Une autre époque?  Sans doute mais en fait pas si sûr…

 Philippe du Vignal

 Elle n° 1152 du 18 janvier 1968.

 

Zakouski, création et mise en scène d’Hervée de Lafond et Jacques Livchine

Zakouski, création et mise en scène d’Hervée de Lafond et Jacques Livchine

Cela se passe dans un jardin privé, à Montbéliard. Avec Hervée de Lafond, Jacques Livchine, Eric Prévost, Catherine Fornal, les frères Dreyfus, Seb Dec et Youssri el Yaakoubice. Les comédiens-auteurs du kapouchnik, ce cabaret mensuel du Théâtre de l’Unité,  ont décidé de ne pas rester les bras croisés jusqu’en septembre  et ont créé une petite forme d’une heure dix qui pourra être reprise dans  des jardins privés ou… mais quand?  sur des places publiques…

Jacques Livchine, le directeur avec Hervée de Lafond du Théâtre de l’Unité, ne décolère pas  dans son Journal de bord:  « Le théâtre ce n’est pas que le théâtre de salle avec sa billetterie et ses réservations, et ses sièges rouges, le théâtre, c’est aussi un art de place publique, un art  de rue libre, un art  de place de village, de parvis de cathédrale. Le théâtre aime s’épanouir librement dans les espaces publics sous le ciel  et nous fabriquerons à vue le 26 mai  sur une place de Besançon, une grandiose image autour  d’un cercueil, symbole  pour nous des errements du gouvernement et de ses médecins  qui nous empêchent d’enterrer nos morts mais qui, en même temps, autorisent l’ouverture du parc du Puy du Fou! »

Ici, huit comédiens  et un nombre de spectateurs limité à  cinquante-trois! Nous sommes tous assis à un mètre les uns des autres dans un beau jardin ensoleillé. IMG_5175Cela se passe en de courtes séquences : 1) Lavage de mains, 2) Mon confinement,  3) Course sur la musique de Haendel, 4) Les prénoms et noms de famille, 5) Les Francs- Comtois, 6) Les banalités de jardin, 7) Un chant polonais au violoncelle, 8) Macron, Edouard Philippe, Brigitte, 9) Les couturières et les masques, 10 ) Je voudrais pas crever, 11) le pangolin, 12) les chambres à coucher,  13) Dom Juan et Sganarelle  sur la médecine 14) Les messages SMS, 15) La mort de la voisine, 16) L’astéroïde, 17) La mort du beauf, 18) Mes déménagements, 19) Charles II et la peste  20) Lavage de mains, 21 Danse endiablée et salut…

Un mélange inspiré de La Vie mode d’emploi de Georges Perec, mais aussi de vraies histoires personnelles arrivées aux  acteurs et des thèmes d’actualité dans le style  kapouchnik. Et c’est plutôt réussi.IMG_5186 Quelques images attrapées au vol : chaque acteur assis se lave les mains et présente son confinement. Hervée de Lafond ravie, court sur la musique de Jules César de Handel. Deux Francs-Comtois se plaignent : « Même  l’été est annulé.  » Un sketch  joué par Catherine Fornal  et Sébastien, puis  la comédienne chante en polonais, accompagnée au violoncelle. Elle  lit ensuite  un texte d’Hanah Arrendt sur la soumission des peuples. Et il y a une belle séquence sur ces couturières bénévoles qui proposent des masques mais à qui l’Etat demande 1.110 € pour obtenir le certificat de conformité!!!

Youssri et Hervée jouent Macron et Brigitte. Puis le pangolin  se défend d’être le responsable de cette pandémie. Dom Juan et Sganarelle,  discutent médecine. On lit des SMS vraiment reçus : « Je cherche des solutions pour démissionner de ma vie ».  Et Catherine Fornal fait le récit glaçant de sa voisine  que l’on a découverte morte chez elle.  Jacques Livchine interprète en russe le chant qu’il a interprété devant le cercueil de François, son beau-frère décédé il y a peu… On raconte l’histoire de Charles II et de ses soldats qui entrent dans une  maison où huit personnes sont mortes de la peste. Il y a une bataille d’oreillers historique, puis tout le monde se lave les mains et  s’endort sur la table, avant de se mettre à danser…

Un spectacle tonique dans le désert culturel qui nous entoure. Dans la belle lumière de cette fin d’après-midi, du thé sur le samovar,  des gâteaux et du jus de gingembre… Tout le monde a du mal à se quitter.

Edith Rappoport

Spectacle vu dans le jardin de la maison de Marie-Pierre Gluntz  à Montbéliard (Doubs),  le 20 mai.

Ce mini- spectacle sera  présenté à nouveau le 6 juin à 18h dans un jardin à Montbéliard, si la météo est clémente. (Informations au Théâtre de l’Unité, 9 allée de la Filature, 25400 Audincourt. T : 03 81 34 49 20. Attention 50 places seulement réservations: estelle.chardon@theatredelunite.com

 


Cabaret sous les balcons, mise en scène de Léna Bréban

Cabaret sous les balcons, mise en scène de Léna Bréban

 -Vous aviez un projet au Vieux-Colombier: une adaptation de Sans Famille d’Hector Malot (1830-1907), le célèbre roman qui a fait pleurer des générations d’enfants…L’auteur raconte les aventures d’un enfant abandonné, Rémi, vendu par ses parents adoptifs à Vitalis, un saltimbanque, et parcourant  avec lui les routes françaises, puis anglaises…

- Pour le moment, pas de nouvelles, vu la situation. Mais cela reste un projet auquel je tiens beaucoup.Il me semble que ce roman très populaire a encore des choses à nous dire, même s’il a été écrit il y a presque un siècle et demi. L’histoire de cet enfant qui exerce plusieurs petits métiers avant de découvrir le secret de ses origines, continue à nous fasciner. Et l’œuvre a souvent été adaptée au cinéma et à la télévision. Comment par exemple, ne pas être ému par la mort de Joli Cœur, le petit singe ou par celle de Vitalis, ce saltimbanque qui est, en fait, un ancien chanteur d’opéra…  Et ce  roman parle aussi de la vie des artistes ambulants au XIX ème siècle, c’est à dire aussi un peu de nous, actuellement. Quant à Comme il vous plaira de Shakespeare que je dois mettre en scène au Théâtre de la Pépinière à Paris, il est reporté d’un an…

- Et ce cabaret ?

-J’ai appelé Nicolas Royer, le directeur de l’Espace des Arts à Chalon-sur-Saône où j’avais mis en scène Verte d’après Marie Desplechin, un spectacle pour enfants (voir Le Théâtre du Blog) et je lui ai proposé d’aller jouer dehors sur les places de la ville.  Le président de la région Sébastien Martin a dit qu’il fallait faire quelque chose pour les résidents des E.P.H.A.D. et des maisons de retraite qui se trouvent coupés de leur famille à cause des mesures de confinement. L’Espace des Arts-Scène nationale de Chalon-sur-Saône a proposé la création d’un cabaret pour eux. J’ai donc réuni quatre acteurs-chanteurs-musiciens : Antonin Maurel, Adrien Urso, Léa Lopez, Cloé Sénia et Alexandre Zambeaux (et je joue aussi) pour ce spectacle de quarante-cinq minutes que je mets en scène.

-Comment se sont passées ces répétitions en ces temps de confinement?

-Nicolas Royer nous a abonné à Zoom et dans un premier temps, nous avons donc travaillé plusieurs heures par jour. Petit (mais en fait gros problème) : un accompagnement au piano en décalage d’une seconde et quand on chante, il faut s’adapter! Et de plus, règles de sécurité sanitaire obligent, impossible de jouer sur l’instrument d’un autre… Et nous avons donc commencé les répétitions en visioconférence ! Mais ce n’est pas simple de chanter ensemble quand les ordinateurs ont donc chacun une seconde de décalage ! Pour cette forme de quarante-cinq minutes, notre équipe est accompagnée par un médecin-conseil pour que tout se déroule dans le respect des gestes sanitaires. Les résidents de l’E.P.H.A.D. eux, assistent au spectacle depuis le balcon de leur chambre: on est donc loin d’eux et difficile de savoir ce qu’ils ressentent! Il y a aussi quelque quarante spectateurs en bas donc au même niveau que les acteurs-chanteurs-danseurs. Mais tous à 1,50 m les uns des autres. Pour certaines chansons, nous sommes masqués et quant au couple d’amoureux sur la scène : Cléo Sénia  et Alexandre Zambeaux, il le sont aussi un dans la vie donc pas de difficulté…  Et le spectacle est sonorisé.

-Et côté nerf de la guerre, comment cela se passe ?

-Très simplement :  ce cabaret est financé par la Région et par l’E.P.H.A.D. « Au-delà des conséquences terribles du Covid 19, disent Sébastien Martin, le président du Grand Chalon et Nicolas Royer, l’isolement est un facteur aggravant pour de nombreux résidents âgés et donc isolés qui ont dû, pendant de longues semaines, être privés des liens familiaux et amicaux. Pour leur apporter un réconfort, les équipes de l’Espace des Arts ont proposé la création d’un spectacle pour les résidents des E.H.P.A.D et maisons de retraite de notre territoire. Mesures sanitaires obligent, cette création est destinée à être jouée à l’extérieur. C’est un cabaret où l’on chante et où l’on fait chanter, où les artistes  essayent de dire que la vie peut être en rose. Et que l’on peut encore danser au petit bal perdu, que l’on ait vingt ans ou que l’on en ait cent. Parce qu’accueillir le public, c’est aussi aller au-devant du public. Partout où la parole peut poser un tréteau – hier ceux de Copeau à   ceux de Vitez… – il peut y avoir théâtre. »

Antonin Maurel, Léa Lopez, Léna Bréban, Alexandre zambeaux et Cloé Cénia

-Comment voyez-vous l’avenir du théâtre en France et en Europe ?

-Noir sans aucun doute, du moins cette année. Le théâtre, c’est avant tout respirer le même air, être présent ensemble au même moment, public et acteurs. Et même cela complique évidemment le travail de mise en scène mais c’est assez passionnant d’avoir à subir la contrainte de ces fameux gestes-barrières : il faut trouver des solutions… Et ces retrouvailles avec un plateau nous ont redonné, en ces temps de confinement, aux acteurs comme à moi, une pêche certaine… Et nous espérons, aussi et surtout, donner  l’espoir  et la vie aux résidents des E.H.P.A.D. même par ces temps de Coronavirus dont on se moque pour l’exorciser (photo). Nous voulons vous dire qu’on pense à ceux qui ont connu d’autres temps, d’autres guerres. A ceux qui ont été des jeunes hommes fougueux et des femmes amoureuses, des mamans et des grands-pères. A ceux qui portent l’histoire de notre pays et leur histoire intime. Nous voulons continuer à les faire rêver,  rire et s’émouvoir. Avec des numéros burlesques et de clown, voire même avec un peu de Shakespeare. Et avec des chansons d’Edith Piaf, de Michel Fugain et Bourvil que les résidents peuvent chantonner avec nous. Si on n’a pas encore le droit de s’approcher à nouveau les uns des autres, nos voix peuvent encore se mêler…

Philippe du Vignal

Espace des Arts,  5 B avenue Nicéphore Niépce, 71100 Chalon-sur-Saône. T: 03 85 42 52 12.

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